Nanarland – Le Livre des Mauvais Films Sympathiques 2: Electric Boogaloo

Auteurs : François Cau et l’équipe de Nanarland

Editeur : Label 619

Genre : Guide Cinématographique

Résumé :

Un melting pot de nanars, de mauvais films sympathiques, pour bien se marrer entre copains, passés au crible par une équipe d’experts en la matière dont la santé mentale laisse à désirer.

Avis :

Quand on tient un blog ou un site internet portant sur un médium culturel, on a qu’une seule envie, c’est qu’il marche et attire le plus de monde possible grâce à son sujet, sa ligne éditoriale. Nanarland s’est rapidement fait une belle réputation grâce à ses choix de sujets, portant sur des films improbables, complètement ratés, mais qui ont cette aura indémodable d’expérience surprenante pour l’âme humaine. Ne nous y trompons pas, on parle ici de Nanar, le mauvais film sympathique qui finalement ne se prend pas trop au sérieux, et non pas de navet, qui est un mauvais film pas fun et qui pour le coup se prend trop au sérieux. Premier sur cette ligne éditoriale, le site devient un phénomène, allant jusqu’à des émissions très drôles sur Allociné. L’idée de faire un livre apporte une autre pierre à l’édifice de Nanarland, imposer un style, une marque, et devenir une référence en la matière, même au péril de la santé mentale des chroniqueurs. La sortie du premier tome fut un évènement, avec rupture de stocks et tout ce qui s’en suit, et tout cela fut amplement mérité tant la qualité de l’objet était indéniable, aussi bien dans sa forme que dans son fond potache mais toujours honnête et intègre. Qu’en est-il de ce deuxième volet ?

Le premier constat que l’on peut faire, c’est que la forme reste toujours la même. Amoureux des VHS aux bandes usées, le livre revêt une forme parfaite et nostalgique qui rempliront de joie les yeux déjà embués des vieux briscards des vidéoclubs. Reprenant point par point la forme du précédent volume, le lecteur averti ne sera pas décontenancé, même dans la présentation des articles. On aura donc droit à plusieurs chapitres, représentant chacun un genre et dans chaque partie, nous aurons droit à plusieurs nanars avec le résumé, la critique et enfin quelque anecdotes dessus. Dis comme ça, on pourrait presque croire que c’est un livre sérieux, et à quelque part, c’est presque ça. Outre la source d’informations importantes sur un réseau bis du cinéma et une mise en avant de la débrouillardise pour faire un film, le livre met en lumière des carrières brisées, des films loupés pour pas grand-chose et bien évidemment des pays qui ont un système cinématographique très spécifique. Encore une fois, malgré l’aspect potache de la chose, l’œuvre apporte son lot d’informations.

Occultant plus ou moins volontairement les films d’horreur qui ont fait les beaux jours de l’édition précédente, ce Nanarland 2 se concentre sur six genres bien précis que sont la comédie musicale, le film post-apocalyptique, les films pour les enfants, le cinéma « militant », les films d’action et les comédies grivoises. Si les thématiques choisies ne sont pas dû au hasard (c’est certainement là-dedans que l’on trouve les pires choses), elles sont tout de même moins porteuses que le cinéma horrifique qui comprend son lot de films de bidouilles. Alors certes, on découvrira certains films complètement oubliés comme Mac et Moi et son extra-terrestre qui survit grâce au Coca ou encore Xanadu et ses muses gréco-romaines qui dansent sur du disco, refilant de l’asthme à ce bon vieux Gene Kelly, mais dans son ensemble, ce deuxième volume semble remplit de trous d’air, avec notamment des films terriblement mauvais, comme ce Terrain Miné avec Steven Seagal (le premier qui fait krikrikrikri avec un verre de pastis à la main est irrémédiablement révoqué de cette chronique).

En fait, on ne retrouve plus cette fougue qui avait fait le bonheur du premier volume, où l’on sentait une véritable incision dans la plume et une volonté de faire rire le lecteur tout en y apportant des petites touches sentimentales. L’exemple le plus flagrant demeure dans les comédies paillardes où l’on accouche même d’une phrase équivoque qui était du style, ce n’était pas le plus mauvais, mais c’est celui qui a plongé l’artiste dans les tréfonds de la comédie. Très clairement, on ne chronique plus le film parce qu’il est mauvais à s’en tordre de rire, on le chronique car en plus d’être mauvais, il est symptomatique d’une carrière allant vers le glauque. C’est un peu dommage et on sent réellement une pointe de cynisme dans ce tome, chose complètement absente du tome précédent. Bien entendu, on ne dit pas que c’est mauvais, loin de là, et des livres de cet acabit, c’est un petit bonheur de l’avoir sous la main, mais force est de reconnaître que ce second tome fait un peu opportuniste.

Au final, Nanarland – Le Livre des Mauvais Films Sympathiques 2 : Electric Boogaloo est moins porteur que son prédécesseur. Si certaines chroniques prêtent à sourire et que l’ensemble est toujours aussi bien écrit, on remarquera que parfois, l’ironie prend trop de place et que certains papiers se prennent trop sérieux par rapport à l’œuvre visionnée. Du coup, il est difficile de se positionner sur ce second livre, qui demeure divertissant et drôle mais qui parfois laisse un petit goût amer de gratuité et c’est bien dommage. Tout du moins, c’est encore une fois l’aspect positif qui ressort en premier, avec notamment des informations plein la tête et de nouveaux films étranges à trouver dans les bacs d’occasion.

Note : 15/20

Par AqME

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