décembre 2, 2020

Sphere

De : Barry Levinson

Avec Dustin Hoffman, Sharon Stone, Samuel L. Jackson, Peter Coyote

Année: 1998

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur, Science-Fiction

Résumé :

Une équipe composée du psychologue Norman Goodman, de son ancienne compagne, la biochimiste Beth Halperin, du mathématicien Harry Adams et de l’astrophysicien Ted Fielding est dépêchée en grand secret sur un bâtiment de guerre. Cette équipe pluridisciplinaire est préparée pour communiquer avec d’éventuels extraterrestres. La marine vient en effet de repérer, gisant par trois mille mètres de fond, un immense vaisseau spatial d’où émanent de mystérieux signaux.

Avis :

Le cinéma de Barry Levinson est un cinéma qui a bercé la jeunesse cinéphilique de quelques trentenaires. Entre « Good Morning Viêtnam« , « Rain Man« , « Sleepers » ou encore « Harcèlement« , et plus tard « Bandits« , il y a quelque chose dans le cinéma de Barry Levinson et malgré le fait que le réalisateur ne soit plus trop visible ces dernières années et que les films qu’ils proposent sont bien souvent des déceptions, on continue de lui rester fidèle, ne serait-ce que pour toutes les émotions passées.

Mais au milieu de tous ces films géniaux, parmi lesquels se trouvent des chefs-d’œuvre, il y en a un que l’on aime tout particulièrement. Ce film, c’est « Sphere« , un thriller sous-marin et bijou de science-fiction, voire même d’horreur. Un film mésestimé, qui fut un bel échec au moment de sa sortie, mais que le temps a l’air de rétablir un tant soit peu.

Film totalement porté par ses acteurs et son ambiance, sa réflexion ou encore sa musique, Barry Levinson livre-là un film prenant par son mystère, par ce qu’il laisse sous-entendre, par sa terreur ou l’imagination qu’il laisse au spectateur. « Sphere » s’impose comme un cauchemar éveillé dans lequel il diffuse peu à peu une terreur psychologique qui ne fait que croître pour ses personnages. Parfaitement tenu, Barry Levinson nous tient jusqu’au bout avec un final magique et libre, qui pourrait cependant en laisser plus d’un dubitatif.

Norman Goodman est psychologue. Un matin, il est appelé pour un crash d’avion en mer, enfin du moins le croit-il, car une fois arrivé en plein milieu de l’océan, il va apprendre que des scientifiques ont découvert l’épave encore intacte d’un vaisseau spatial d’origine inconnue immergé par trois mètres de fond. Les scientifiques et militaires croient qu’il peut y avoir une forme de vie à l’intérieur, ils ont donc réuni Norman et trois autres collègues afin d’étudier toutes les possibilités.

Adapté d’un roman de Michael Crichton, « Sphere » est un film assez unique en son genre, même s’il est vrai qu’on pense presque immédiatement au « Abyss » de James Cameron.

Original, intriguant et inquiétant, oscillant dans plusieurs genres, avec ce film, Barry Levinson nous invite à plonger dans une intrigue intelligente, tendue, pleine de tension et libre d’interprétation une fois le générique arrivé.

C’est entre le thriller, le huis-clos, la science-fiction, le fantastique et le film de réflexion que Barry Levinson a placé sa caméra. Ce que j’aime tout particulièrement avec « Sphere« , c’est qu’il joue énormément avec l’imaginaire de son public. Tenant une ambiance particulière, Barry Levinson fait monter peu à peu la pression en suggérant énormément de choses. Prenant le parti pris de suggérer plus que de montrer, le réalisateur nous met à la même place que ses personnages piégés par trois mètres de fond. L’environnement est hostile, la découverte inquiétante et Barry Levinson sait exactement où aller et comment arriver à son final. Alors c’est vrai qu’on peut se sentir un peu largué parfois devant le film, mais malgré cela, à aucun moment, le cinéaste nous ennuie. C’est même le contraire qui se produit, puisqu’on a envie de savoir ce qui se passe. On suit l’enquête et les indices avec attention. On a envie de voir les pièces de ce puzzle étrange et flippant se rassembler pour savoir de quoi il retourne.

Le scénario, en plus de tenir son ambiance, s’avère être aussi une belle réflexion sur l’envie de pouvoir de l’homme. Ici, à travers les découvertes que l’intrigue nous offre, on découvre une source de pouvoir incroyable, dont l’homme l’utilisera mal, malgré lui. Avec ce film, Barry Levinson questionne la folie et la raison, il aborde les phobies, il questionne l’inconscient, le désir, la réalité, ou encore les conséquences de certaines décisions.

« Sphere » est un film qui peut dérouter plus d’un spectateur, car il ne se donne pas facilement et s’inscrit dans la durée. Plus on le découvre, et plus il se laisse dévoiler, tout ne fonctionnant pas de la même manière sur chaque spectateur. Réflexions et symboliques ne sont pas les mêmes pour tous et finalement, « Sphere » se redécouvre un peu différemment à chaque fois.

« Sphere« , c’est aussi une mise en scène envoutante, qui détient son lot d’angoisses bien vues. Barry Levinson maîtrise son film (mention spéciale pour les décors et les prises de vue sous-marines) et l’on adorera le fait que le réalisateur tienne son suspens en montrant peu de chose finalement. La mise en scène s’adapte à la réflexion et l’imaginaire des personnages pour mieux oppresser les spectateurs.

Une oppression que l’on ressent presque instantanément, avec les sublimes notes de la BO composée par Elliot Goldenthal (« Entretien avec un vampire » « Heat« ).

Puis enfin, « Sphere » c’est aussi un casting prestigieux. Un casting qui réunit ni plus ni moins que Dustin Hoffman, Sharon Stone, Samuel L. Jackson, Peter Coyotte, Liev Schreiber, et même Queen Latifah et inutile de vous dire qu’ils sont très bons et font front commun. Chacun d’eux trouve un personnage pertinent qui apporte un plus à l’intrigue du film.

Surprenant, original, tendu, maîtrisé, « Sphere » est un petit bijou de science-fiction et d’angoisse. Avec ce film, Barry Levinson s’offre son dernier grand film. Un film injustement assassiné par la critique et qui mérite bien son rétablissement.

Bref, ce film est un véritable plaisir que je ne cesse de redécouvrir à chaque fois, et je vous incite à faire de même.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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