octobre 29, 2020

Deep Purple – Infinite

Avis :

Il y a des groupes qui forcent le respect, qu’on les aime ou pas. Et, sans que cela soit étrange, ce sont souvent les groupes de rock ou de métal qui perdurent dans le monde de la musique, tout simplement grâce à leur force de création et à des élans d’inventivité toujours présents. Deep Purple se forme en 1968 et est aujourd’hui considéré comme l’un des fondateurs du hard rock avec Led Zeppelin. Après un hiatus entre 1976 et 1984, le groupe n’a cessé de jouer et de prouver à chaque album que leur présence est plus que légitime, mettant à mal pas mal de petits groupes voulant rivaliser avec eux. Après plus de quarante ans de carrière, le groupe n’a plus rien à prouver hormis prendre du plaisir à jouer et faire plaisir aux fans par la même occasion. Cependant, on peut aussi craindre un revers de médaille, à savoir jouer pour l’argent. Sauf que le groupe n’en a plus du tout besoin et c’est à travers Infinite que l’on ressent cela. Vingtième album studio (soit un skeud tous les deux ans), le groupe lâche une petite bombe dans le monde musical et démonte les uns après les autres tous les groupes voulant les voir disparaître pour prendre leur place. Car qu’on se le dise, Infinite est une grosse réussite.

Retrouvant une formation qui est stable depuis 2002 (soit sur les quatre derniers albums), le groupe donne le ton dès le premier morceau. Time to Bedlam est une première réussite qui montre l’envie du groupe de ne rien laisser au hasard. Une voix électronique résonne, puis le groupe lâche les guitares et une rythmique très hard pour montrer son énergie et son envie de faire de la musique entrainante. Entre solos entre chaque phrase d’un couplet, le groupe montre encore son étendue technique et même le clavier, parfois un poil trop présent, est savamment orchestré pour donner plus d’entrain à l’ensemble. Bref, c’est puissant, et c’est relativement étonnant de voir des papys faire un son pareil. Une claque auditive qui va se poursuivre par la suite sur certains titres résolument hard rock, à l’image de One Night in Vegas, même si elle contient des atours bluesy, ou encore On the Top of the World, qui profite de riffs assez agressifs, appuyés par un clavier, encore une fois, parfaitement utilisé. Mais le plus fort dans cet album, c’est que l’on sent que le groupe remâche ses références et qu’il en ressort des morceaux hybrides, entre rock, blues et hard, donnant au final un meltin pot totalement réussi et qui enchantera les fans comme les néophytes voulant découvrir Deep Purple.

On pourrait mettre une option sur Birds of Prey, l’avant-dernier morceau de l’album, qui est peut-être un poil longuet et qui propose beaucoup de clavier, ce qui a tendance à occulter les guitares, tout comme la voix transformée du chanteur, qui se révèle anecdotique. Cependant, le morceau est techniquement irréprochable et reste une œuvre forte. Quand on dit que l’album est varié, c’est qu’il propose aussi des morceaux à la fois rétrogrades mais nécessaire dans un monde musical qui a du mal à évoluer. A titre d’exemple, on peut citer Hip Boots, un titre résolument rock, mais qui semble provenir des années 60, et qu’un Chuck Berry ne rejetterait pas. Cette volonté de faire du blues, ou du rock, ou un mélange des deux, est salvateur et le groupe arrive à trouver une symbiose parfaite entre les genres, offrant des titres exceptionnels comme Johnny’s Band ou encore All I’ve Got is You. L’autre force de cet album réside dans les compositions même des morceaux. C’est-à-dire que Deep Purple, c’est Child in Time, un long titre de neuf minutes, et même si le morceau est parfait, il reste aujourd’hui encore difficile d’accès, de par sa longueur, mais aussi et surtout de par sa composition si particulière. Avec Infinite, le groupe propose des morceaux plus courts, plus directs, plus faciles d’accès, sans pour autant oublier les titres plus complexes comme Birds of Prey ou The Surprising (morceau très ancré Rock prog) par exemple, ce qui en fait un album riche et fort plaisant. Enfin, difficile de passer à côté de Roadhouse Blues qui clôture l’album. Une reprise de The Doors qui est ici magnifié par Deep Purple. Quand un géant reprend un géant, cela donne quelque chose de gargantuesque.

Au final, Infinite, le dernier album de Deep Purple, est une franche réussite. Généreux dans sa production, le groupe fournit pas moins de neuf titres tous plus puissants les uns que les autres et termine son album avec une reprise blues absolument sublime. Il y a vraiment quelque chose de magique dans cet album, qui gagne en profondeur et en richesse à chaque écoute. Bref, Deep Purple vient de fournir l’un des albums de l’année et prouve qu’il est toujours sur le devant de la scène, pas prêt de laisser sa place aux petits nouveaux.

  1. Time for Bedlam
  2. Hip Boots
  3. All I’ve Got is You
  4. One Night in Vegas
  5. Get me Outta Here
  6. The Surprising
  7. Johnny’s Band
  8. On the Top of the World
  9. Birds of Prey
  10. Roadhouse Blues

Note: 18/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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