avril 15, 2021

Batman – Le Fils Prodigue

Auteurs : Doug Moench, Alan Grant, Chuck Dixon

Editeur : Urban Comics

Genre : Super-Héros

Résumé :

Affaibli par les nombreux combats qu’il mena successivement contre Bane puis Jean-Paul Valley, Bruce Wayne demande à Dick Grayson, premier des Robin et actuel Nightwing, de revêtir le masque et la cape de Batman. Après les ravages causés par Jean-Paul, Dick aura fort à faire pour convaincre la police de Gotham de sa légitimité en tant que protecteur de la ville, à commencer par le commissaire Gordon lui-même.

Avis :

Batman, au-delà du personnage, est devenu une institution, un symbole et un produit dérivé remarquable. Que ce soit à la télé, dans les comics, au cinéma, en figurine ou encore en jeu vidéo, le Dark Knight est présent partout et pourrait bien être le personnage préféré des petits enfants. Mais pourquoi ? Car il faut bien l’avouer, peu d’enfants ont lu les histoires du justicier, souvent sombres et glauques, et pourtant, il reste une valeur sûre des super-héros et l’un de ceux qui fait le plus vendre. Alors bien évidemment, il faut mettre en avant son côté badass, mais il n’y a pas que ça. En fait, Batman est nanti d’un background très riche et d’une évolution hors-norme qui font que finalement, il est toujours présent et a toujours su s’adapter à son public. Ainsi, grands comme petits y trouvent leur compte.

Quand on est un adulte, on a plus facilement accès aux comics et notamment aux grosses sagas, parfois indigestes, comme Knightfall, qui sont des incontournables du genre. Ayant en partie inspirée Christopher Nolan pour son Dark Knight Rises, Knightfall était lourd et long mais n’avait pas vraiment de conclusion. Un final que l’on retrouve dans Le Fils Prodigue, une série qui parle de Batman sans Bruce Wayne. En effet, fatigué par ses combats, ce dernier se barre et laisse son costume et la ville à Dick Grayson, le premier Robin et l’actuel Nightwing. Devant réparer les bêtises de Jean-Paul Valley (aka Azrael) quand il endossait le costume du justicier, le jeune homme va devoir prouver sa légitimité dans le costume et trouver sa place dans un monde de plus en plus dur et cruel.

Véritable fin de Knightfall tout en autant un stand alone intéressant, Le Fils Prodigue est une histoire qui place un personnage secondaire sur le devant de la scène. Trouver sa légitimité, trouver sa place dans un monde auquel il n’appartient plus vraiment, voilà le cocktail de ce tome qui se veut relativement réfléchi et presque calme. En effet, si l’action est bien présente, elle reste relative par rapport à toutes les questions que se pose Dick Grayson mais aussi Tim Drake, le troisième Robin, qui fera équipe avec ce qui pourrait s’apparenter à un grand frère. Une relation pertinente qui montre les éléments de progression de chacun et les actes à faire pour se refaire un nom au sein de Gotham. Mais ce one shot est aussi l’occasion d’affronter ses démons personnels, comme le duel avec Double-Face, qui a déjà massacré un Dick Grayson, ayant fait un mauvais choix un jour où Batman avait besoin de lui. A l’aide de flashbacks, on revient sur certaines scènes traumatisantes et on peut voir toute la difficulté de prendre en main un rôle pour lequel on ne sent jamais vraiment prêt.

Cependant, on peut reprocher plusieurs choses à cet album. Tout d’abord, l’absence d’un vrai Batman bien dark se fait ressentir. Si les méchants sont relativement violents comme Killer Croc qui bouffe de l’humain à tout va ou encore Aile de Cuir qui ne fait aucune concession, l’ambiance est un peu trop proprette pour pleinement convaincre. Entre les atermoiements de Batman et Robin et l’histoire d’amour de Tim Drake, on frôle parfois le mélo un peu discutable. Certes, cela montre la difficulté d’être un ado normal le jour et un justicier la nuit, mais cette thématique est tellement usitée que finalement, la surprise n’est pas présente. Ensuite, il manque une thématique sociétale. Non pas que cela soit obligatoire, mais il est toujours intéressant d’avoir un point de vue qui s’ancre dans une certaine réalité, et il manque clairement cela dans cet album. Enfin, Gotham, la ville tortueuse et dangereuse, manque de vie. On pourrait presque dire qu’elle est absente du tome tant elle est peu exploitée, les auteurs misant surtout sur Double-Face et sa folie, dont certaines planches resteront gravées dans la mémoire, notamment lorsqu’il arbore une tronçonneuse, faisant immédiatement penser à Leatherface du film de Tobe Hooper.

Petite cerise sur le gâteau, ce one shot de chez Urban Comics se termine par une suite qui se nomme Batman Troïka. On peut y voir Bruce Wayne aux prises avec des mafieux soviétiques et tous les poncifs du genre y passent, allant du communiste malade équipé d’une arme nucléaire à KGBeast, un golgoth à l’armement spécialisé qui fait du mal à Robin et Bullock. Un dernier acte plaisant car très dynamique, mais qui reste très classique dans son déroulement, malgré des passages couillus, comme lorsque un inspecteur connu est entre la vie et la mort.

Au final, Le Fils Prodigue est un comics très intéressant par sa vision des choses et notamment pour sa recherche de personnalité et d’importance dans un monde en perpétuel mouvement. Si on regrette l’absence de moments vraiment forts, ce tome a le mérite d’offrir une vraie conclusion à Knightfall et de mettre en vedette les Robin, ces sidekicks trop souvent boudés. Un tome sympathique et généreux de la part d’Urban Comics, qui pare l’ensemble d’une petite histoire final plaisante, remettant Batman sur le devant de la scène.

Note : 15/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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