mars 7, 2021

Les Simpson – Le Film

Titre Original : The Simpsons Movie

De: David Silverman

Avec les Voix de Dan Castellaneta, Julie Kavner, Nancy Cartwright, Yeardley Smith

Année : 2007

Pays : Etats-Unis

Genre : Animation

Résumé :

Lorsqu’Homer pollue gravement le lac de Springfield, une agence de protection de l’environnement décide de mettre la ville en quarantaine en l’isolant sous un énorme dôme. Les Springfieldiens, fous de rage, sont bien décidés à lyncher le coupable. Devant cette vague d’animosité, les Simpson n’ont d’autre choix que de fuir et de s’exiler en Alaska.

Avis :

Il y a des séries qui semblent immuables et qui ne bougeront jamais, gardant toujours des sujets d’actualité et restant gravées dans les mémoires. Bien évidemment, on ne parle pas des Feux de l’Amour ou encore de Santa Barbara, mais bel et bien des Simpson, série animée culte et qui n’a pas connu de pause depuis 1989. Tout comme South Park, la série de Matt Groening est bien plus qu’un simple dessin animé, puisqu’à travers ses personnages bigarrés, le créateur critique ouvertement son pays, la politique et toute l’idiocratie américaine, voire humaine, depuis maintenant 23 saisons. Série la plus rentable pour la Fox, il était donc logique de voir débouler un film et cela fait maintenant dix ans que le métrage est sorti et a connu un joli succès. Mais est-il toujours d’actualité aujourd’hui ?

On peut aisément dire que oui, puisque dans sa globalité, le film critique des choses qui resteront dans le domaine de l’inchangeable. C’est-à-dire que l’écologie, qui est le premier message du film, sera toujours un problème majeur et il semblerait que l’humanité ne soit toujours pas prête à entendre les coups de semonce que les spécialistes donnent. Du coup, Matt Groening épouse très rapidement ce premier thème afin de montrer toute l’imbécilité d’un peuple qui croit que chaque action n’a pas de conséquences. A travers la pollution d’un lac et surtout cette volonté incroyable de toujours choisir la solution de facilité, le scénariste démontre un laxisme exubérant et surtout un égoïsme exacerbé. A ce titre, réalisateur et scénariste ne vont pas y aller de main morte sur la démonstration de la crétinerie américaine. Le summum étant atteint lorsque Homer, voulant des donuts avariés gratuits, va faire fi des ordres et jeter des déchets dans le lac interdit, créant ainsi des espèces hybrides. C’est là que l’on voit la force du message, montrant un personnage ne pensant qu’à sa propre personne et refusant de voir un quelconque danger pour soi et les autres.

Mais ce n’est pas tout. Les Simpson est aussi l’occasion de voir une moquerie acide sur la politique et les pouvoirs que l’on donne à certaines personnes. Ainsi, le président n’est autre qu’Arnold Schwarzenegger qui prend des décisions au hasard, les responsabilités étant bien trop grandes pour lui. Et quand bien même, lorsque ce dernier décide de mettre la main à la patte, il se fait manipuler par des escrocs sans scrupules, voulant la gloire. Une caricature de la politique mais qui n’est finalement pas si loin de la vérité, surtout quand on regarde ce qu’il se passe aujourd’hui avec l’élection de Donald Trump ou encore les histoires sordides dans la politique française. Matt Groening est certainement un visionnaire, un peu comme l’est Michael Moore, sauf qu’il a choisi la moquerie et la caricature pour parler de tous ces problèmes fondamentaux. En sus de la politique, les scénaristes n’oublient pas la Némésis des hommes en cravate, à savoir les médias. Si ce thème-là est assez peu exploité, certaines courtes séquences demeurent drôles et très cyniques par rapport à l’information. Notamment lorsque le présentateur décide de mettre une information légère sur les hirondelles alors que la ville de Springfield est sous un dôme en verre. On peut aussi y voir la société du paraître lorsque le présentateur parle de botox et se pince la peau pour paraître plus jeune. Des thématiques générales donc, qui posent souci dans notre société actuelle et qui trouvent un écho inquiétant à travers ce dessin animé qui se veut caricatural, mais qui ne l’est pas tant que ça.

Enfin, la dernière thématique explorée est plus personnelle et même si elle reste transversale, tiendra plus de la famille et non pas de la société. En effet, le film s’attaque alors à la paternité et au rôle de père. On nous présente Homer comme un grand enfant qui ne sait pas s’occuper de ses enfants et qui fuit ses responsabilités, et tout au long du film, le personnage va subir les foudres de sa femme ou encore de ses enfants, et notamment de Bart. Certaines séquences seront relativement cruelles, notamment lorsque Flanders prend le rôle du père de Bart et il y a un profond message d’amour là-dedans, montrant qu’un père doit trouver le juste milieu entre jeu et autorité, sanction et récompense. Bien entendu, tout se termine bien à la fin, mais cette prise de conscience ne se fera pas sans mal et c’est là tout le seul de ce film qui se concentre énormément sur Homer.

Et c’est peut-être l’un des principaux reproches que l’on peut faire au film, c’est qu’il laisse beaucoup de personnages sur le carreau. Burns et son usine nucléaire n’est pas mis en avant, l’école de Bart n’est même pas évoquée, et toute une pléthore de personnages restent absents du métrage, n’offrant parfois qu’une apparition ou un happening de quelques secondes. Alors certes, les psychologies sont respectées, mais il manque vraiment un appui de seconds rôles. Ensuite, le film est moins acide qu’il n’y parait. Si les différents messages sont bien présents, on est loin du politiquement incorrect de South Park et parfois, cela manque de sel et de piquant. Non pas que l’ensemble demeure trop soft, puisque certains passages sont relativement crus, mais il manque une pointe d’incorrect dans ce film.

Au final, Les Simpson – Le Film est une belle réussite malgré les deux derniers points soulevés. Après plus de dix ans d’existence, le film n’a pas pris une ride au niveau de l’animation, mais surtout, c’est au niveau des messages qu’il faut se tourner pour voir l’impact d’une telle œuvre. Résolument visionnaire, le métrage reste encore et toujours d’actualité malgré les alertes et on ne peut qu’être scotché par tant de clairvoyance de la part des scénaristes. Bref, un film drôle et intelligent, ce qui devient rare de nos jours.

Note : 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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