Halloween 6

Titre Original : Halloween : The Curse of Michael Myers

De: Joe Chappelle

Avec Donald Pleasence, Paul Rudd, Marianne Hagan, Kim Darby

Année: 1995

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Dix ans après avoir terrorisé la petite ville d’Haddonfield et avoir disparu avec sa nièce Jamie, le psychopathe Michael Myers, protégé par une bande de sorciers maléfiques, revient sur les lieux de ses sanglants méfaits. Jamie, elle, donne naissance au fils de Michael Myers et appelle une nouvelle fois le docteur Loomis à l’aide.

Avis:

Il y a des choses qui sont immuables dans le cinéma horrifique, c’est que plus une licence est juteuse, plus elle s’enfonce dans les méandres de la médiocrité et pourtant, à chaque saison on a droit à l’épisode de trop. C’est ce qui s’est fait avec la licence Saw, mais en remontant dans les archives du cinéma d’horreur, on peut aussi citer Freddy, La Malédiction, Amityville, Vendredi 13 et toute une palanquée de sagas plus ou moins moisies à cause d’épisodes plus que dispensables suite au succès souvent mérité d’un premier film. Michael Myers et la licence Halloween n’est pas en reste avec pas moins de sept films entre les années 70 et 90, puis deux remakes signés Rob Zombie. Ce que l’on sait moins, c’est qu’à la base, John Carpenter ne voulait pas faire une saga uniquement centrée sur le boogeyman légendaire que l’on connait actuellement. L’épisode trois, qui se nomme Le Sang du Sorcier, démontre une volonté de faire une anthologie de l’horreur avec des histoires et des personnages différents à chaque fois. Mais l’échec cuisant de ce film au box-office va forcer les producteurs à remettre Michael Myers dans les films pour renouer avec le succès. Malheureusement au profit de la qualité.

Si l’épisode précédent n’était déjà pas bien folichon, il faut reconnaître que la saga va de mal en pis et ce sixième opus ne dérogera pas à la règle, se focalisant uniquement sur un public adolescent, remplissant bêtement un cahier des charges déjà usé dans les années 90. Et c’est là tout le problème de ce métrage qui use et abuse des facilités pour remettre Michael Myers sur le devant de la scène et qui n’offre finalement rien de plus qu’une traque presque injustifiée dans Haddonfield. Dans les grandes lignes, la nièce de Myers accouche autour d’une secte de pseudo cultistes vénérant le boogeyman. Réussissant à s’enfuir, la jeune fille arrive à cacher son bébé et à prévenir le Dr. Loomis du retour du Myers. Un fanboy traumatisé par le tueur quand il était petit retrouve le bébé et va essayer d’aider la famille qui habite maintenant la maison des Myers. Jusque-là, il n’y a rien de bien mirobolant, mais le script va rajouter l’intervention de cette secte qui pense pouvoir contrôler l’incarnation du mal absolu. Essayant vainement de rajouter du fond à son propos, le film se noie dans une complexité inutile et dans la stupidité profonde d’un culte pour un tueur en série. Si cela aurait pu marcher avec un peu plus d’intelligence, ici, tout est bas du front et rien n’est fait pour rajouter de l’épaisseur ou du mystère autour du tueur. Tout n’est qu’un prétexte à plusieurs meurtres finalement peu inspirés.

Et c’est là que c’est dommage car le film se veut généreux en fulgurances gores. Si les mises à mort sont très stéréotypées avec des coups de couteau, des embrochements ou encore des têtes qui craquent, la violence graphique est assez présente, avec de gros plan sur des cous qui se brisent par exemple. Une violence qui reste tout de même aseptisée afin de rentrer dans les codes du cahier des charges du teen movie horrifique. En effet, le film ne dépasse jamais son statut de film à public ciblé et reste dans les clous. La peur est donc totalement absente, malgré les efforts de Joe Chappelle (sorti de nulle part à l’époque) pour faire de Myers une entité fantomatique, omniprésente, et souvent présente en second plan lorsqu’un éclair illumine une pièce sombre. Cependant, cette mise en scène n’a rien de novateur, puisque les deux films précédents montraient déjà un Michael Myers éthéré et présent derrière chaque protagoniste. D’autant plus qu’ici, la mise en scène est très tape à l’œil, à un tel point que certaines séquences qui se veulent iconiques deviennent irréelles à cause de leur surcharge. En fait, à force de trop vouloir en rajouter, le cinéaste a oublié l’essentiel, faire crédible. Non pas que les apparitions soudaines de Myers soient à chaque fois à prendre au pied de la lettre, on connait les codes depuis le premier, mais il y a trop de choses qui rende le film médiocre. Comme cette image où la nièce sort du complexe, il fait nuit, il pleut à torrent, les éclairages sont faiblards et en plus de cela, on te calque un filtre bleu histoire de faire plus angoissant. Le seul truc qui en résulte, c’est que tout ça fait faux et donc ne peut pas faire peur.

Tout comme les personnages présentés pour lesquels on ne ressentira aucune empathie. On nous présente une jeune maman qui veut reprendre ses études et qui vit chez ses parents, dont le père est un gros connard et la mère une femme assouvie. On sait d’emblée que ces gens vont mourir et on prendra un plaisir sadique à les voir crever. La jeune mère, quant à elle, demeure assez lisse et son histoire n’est pas assez forte, ou tout du moins, pas assez travaillée. Et il ne suffit de la montrer en petite tenue une fois pour que l’on ressente quoi que ce soit. Et pire que tout, Donald Pleasence cabotine pour ce qui sera sa dernière apparition en Dr. Loomis, et Paul Rudd, alors inconnu à l’époque et très loin de son costume d’Ant-Man, essaye de faire le beau gosse ambigu mais ne réussira qu’à nous tirer des sourires à cause de sa lamentable prestation tout en surjeu. Impossible donc de créer un lien avec le spectateur, qui restera sur son siège devant un spectacle convenu et des personnages à la carte.

Au final, Halloween 6 prouve une fois de plus la dégringolade de la licence au fur et à mesure des épisodes. Doté d’un scénario qui se veut alambiqué et ésotérique, il en résulte un gloubiboulga indigeste qui n’est qu’un prétexte pour remettre Michael Myers sur le devant de la scène. Un boogeyman en petite forme d’ailleurs, qui ne sera pas servi côté ennemi avec des personnages lisses et surtout un montage clipesque, bourré de séquences cut imbuvables. Bref, un navet qui se sauve de justesse grâce à des fulgurances gores souvent drôles.

Note : 06/20

Image de prévisualisation YouTube

Par AqME

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net