octobre 26, 2020

Priscilla, Folle du Désert

Titre Original : The Adventures of Priscilla, Queen of the Desert

De: Stephan Elliott

Avec Terence Stamp, Hugo Weaving, Guy Pearce, Bill Hunter

Année: 1993

Pays: Etats-Unis, Australie

Genre: Comédie

Résumé:

Felicia, Mitzi et Bernadette, deux travestis et un transsexuel décident de se rendre dans la ville d’Alice Springs afin d’y jouer leur numéro. Supportant un trajet difficile et les remarques homophobes de la ville australienne, les trois amies arrivent à destination où Mitzi leur avoue être père d’un enfant d’une dizaine d’années et qu’il ne travaille que pour subvenir aux besoin du petit garçon.

Avis:

Réalisateur australien, Stephan Elliott n’est pas vraiment connu du grand public. Il faut dire que depuis 1993, date de son premier film, l’homme n’a fait que six films et sur ses six films, tous ou presque sont passés inaperçus. Qui se souvient de films tels que « Bienvenue à Woop Woop » ou bien du « Voyeur » avec Ewan McGregor ? Ou encore de son dernier en date, « My Best Men » ? Pas grand monde et c’est à tort, puisque pour la plupart, ce sont de bons petits films.

Et finalement, Stephan Elliott « est plus connu » pour un seul et unique film, qui est entré d’emblée comme un film culte. Ce film, c’est  » Priscilla, folle du désert« .

Second film pour Stephan Elliott, « Priscilla, folle du désert » est de ces films qui mettent de bonne humeur devant leur folie, leur délire et aussi leur combat. Avec ce film, où l’on suit les déboires de trois travelos perdus dans le désert australien, road Movie, comédie burlesque, avec une touche de drame, Stephan Elliott offre une ode à la différence. On rit, on s’amuse, on est touché et l’on quitte « Priscilla, folle du désert » avec des scènes et des tubes plein la tête. Bref, c’est un film aussi attendu qu’il est surprenant !

Felicia, Mitzi et Bernadette, deux travestis et un transsexuel, viennent d’être embauchés pour faire leur numéro dans la ville d’Alice Spring, qui se trouve à l’autre bout du pays. Pour s’y rendre, elles ont acheté un bus et se prépare à traverser tranquillement l’Australie. Un voyage qui va être rythmé aux sons d’Abba, aux répétitions improbables en plein désert, aux rencontres amusantes ou tristes et surtout aux pannes de ce vieux bus. Bref, un voyage qui ne sera pas de tout repos pour les trois amies.

Délirant et sérieux à la fois, « Priscilla, folle du désert » est un sacré programme que Stephan Elliott nous réserve pour ce deuxième film, qui le fait entrer directement au panthéon des films cultes des années 90.

Clichés, dérision et amusement sont au programme de cette comédie loufoque, qui s’avère bien plus intelligente et sérieuse que toutes ces plumes, ces perruques improbables et autres tonnes de maquillage ne laissaient suggérer.

Bien tenu et solide, le scénario nous offre deux films en un. Le premier film, c’est bien sûr cette folle traversée du désert en compagnie de trois personnages aussi délirants que très attachants. Le film nous offre des scènes assez épiques dans leur genre et nous entraîne dans une comédie qui n’arrête pas une seconde. Ce qui est cool avec « Priscilla, folle du désert« , c’est que c’est un film généreux en aventures, en gags et en rencontres. Quand on regarde le film de Stephan Elliott, il est impossible de s’ennuyer tant le show est assuré. D’ailleurs, le show nous assurera même un sacré dépaysement, de par ce désert excessivement bien mis en valeur, mais aussi par ce contraste fou entre le désert et les costumes tous plus fous les uns que les autres. Les scènes où ils chantent sur le toit du bus sont de petites perles uniques à elles seules.

Mais là où « Priscilla, folle du désert » devient bien plus intéressant encore, c’est dans ce second film que l’on trouve. Un film qui prône la différence et la tolérance, qui met en scène des gens rejetés par la société. Caricaturant les travestis au possible, Stephan Elliott réussit à faire de ce film, un film bienveillant. Un film touchant, qui va bien plus loin que la cause des travestis, puisqu’il ira même jusqu’à aborder les indigènes. Intolérance, racisme, homophobie et rejet sont au cœur de ce film, qui finalement parle d’amour et de courage. L’amour de la vie, de ses proches, et le courage de s’assumer tel que l’on est, face à un monde qui pour beaucoup est renfermé et ne tolère pas grand-chose, surtout quand il ne le comprend pas ou qu’il en a peur. Derrière la comédie, qui reste prédominante, « Priscilla, folle du désert » est aussi un film assez dur, qui détient son lot de scènes violentes et peuplées de paroles horribles.

Stephan Elliott nous livre aussi un film où trois amies qui pensaient se connaître vont apprendre à se redécouvrir à travers ce voyage. Le point fort du film, c’est aussi ces dialogues écris avec justesse, humour et subtilité.

« Priscilla, folle du désert« , c’est bien entendu ce casting fou et étonnant qui est à contre-emploi pour ses acteurs. Si les deux jeunes Hugo Weaving et Guy Pearce n’étaient pas connus à l’époque, ils démontrent déjà un talent fou et c’est un régal de les découvrir dans ces rôles qu’ils se sont totalement appropriés. Chacun d’eux amène le petit truc en plus qui le rend à lui seul extraordinaire, attachant et hilarant par moment.

Mais la plus belle des surprises dans ce film, c’est Terence Stamp. L’acteur qu’on connaît dans des rôles virils, trouve-là l’un de ses rôles les plus attachants. Charismatique au possible, puissant, voire bouleversant, le tout avec un classe incroyable, Terence Stamp se réinvente et traverse le film loin des caricatures qu’on adore chez ses petits copains.

Ce road trip, en compagnie de ces trois « folles », sur le papier, pouvait laisser craindre un film bourré de clichés lourds et de mauvais goût, mais finalement, c’est tout l’inverse qui se produit ici. Avec ce film, Stephan Elliott arrive même à transformer les clichés les plus pointus en nécessité bienveillante et utile pour son film comme ses personnages.

Extraordinaire, on rit, on s’amuse, on est touché, voire bouleversé, et l’on quitte « Priscilla, folle du désert » avec le sourire aux lèvres, l’esprit plein d’aventure, de chansons, de scènes et d’émotions. Bref, le meilleur film, et de loin, de Stephan Elliott et un film qui mérite amplement son statut de culte.

Note : 16/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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