janvier 19, 2021

Steel Panther – Lower the Bar

Avis :

A la fin des années 70 et au début des années 80, un nouveau sous-genre du métal allait voir le jour : le Glam Métal. Perdu entre le Heavy, le Hard et La Glam Rock, ce sous-genre avait pour intérêt de parler principalement de sexe, de fêtes, d’alcool et de nanas, attirant ainsi en masse un public masculin, mais aussi féminin grâce à des ballades efficaces. Des groupes comme Poison ou Mötley Crue en sont des exemples parmi d’autres. Cependant, au début des années 90, le phénomène s’estompe et disparait presque à cause du Grunge qui connait une ascension fulgurante avec la présence de Nirvana. Aujourd’hui, le Glam Métal est en berne et peu de groupes s’aventurent dans ce sous-genre qui semble désuet et surfait. Sauf Steel Panther. Nommé Metal Shop à ses débuts, le groupe sort un premier album au début des années 2000 avant de changer de nom et de sortir pas moins de quatre albums entre 2009 et 2017. Dernier représentant d’un genre sur le déclin et même en voie d’extinction, Steel Panther se démarque du reste grâce à des productions festives, des paroles crues et drôles et un show scénique unique et dynamique. Sauf que parfois, la différence entre prestation scénique et album studio est immense et Lower the Bar, cinquième album de la formation (en comptant le premier sous un nom différent), prouve que parfois, la scène, c’est encore ce qui se fait de mieux.

Nous avions laissé le groupe en 2014 avec le très bon All You Can Eat et ses clips complètement fous et le voilà de retour trois ans plus tard pour Lower the Bar, un album qui respire la déception sans pour autant être mauvais. En effet, le skeud démarre avec Goin’ in the Backdoor, une ode à la sodomie, dont la poésie est d’une finesse rare. Mais si les paroles sont plutôt crues, c’est surtout sur la mélodie et l’énergie que le groupe se rattrape. En effet, le morceau est plein d’entrain, les guitares résonnent et envoient du lourd lors de jolis petits solos. Ainsi donc, Steel Panther semble avoir trouvé un juste équilibre entre moments catchy et solos techniques assez impressionnants. Cela se confirme d’ailleurs par la suite avec Anything Goes, qui demeure un titre sympathique, dans la même veine que le précédent. Le groupe reste dans sa zone de confort, fournit des textes très sexués et n’hésite pas à balancer du lourd niveau technique. On retrouvera cela dans plusieurs pistes comme l’excellent Poontang Boomerang ou encore I Got What You Want, un titre hilarant et parfaitement produit.

Malheureusement, on notera aussi des scories qui n’étaient pas forcément présentes dans le skeud précédent. En effet, le groupe va plusieurs fois sortir de sa zone de confort pour fournir des morceaux qui ne sont pas vraiment des ballades, mais qui manquent aussi de rythmique pour pleinement emporter l’auditeur. En fait, dans cet album, il y a un véritable ventre mou de trois chansons successives qui parviennent à créer l’ennui. Ainsi, That’s When you Came in demeure assez classique dans son démarrage avec une guitare sèche, et ce n’est pas le break plus nerveux qui va arranger les choses. C’est un peu la même chose avec Wrong Side of the Tracks (Out in Beverly Hills), qui promet un moment punchy avant de s’écraser lamentablement avec un couplet ringard et un refrain absolument pas fun ni jouissif, des termes qui normalement collent parfaitement à l’ambiance voulue par le groupe. Enfin, on peut citer Now the Fun Starts, qui est tout sauf fun, puisque c’est le morceau le moins agréable du skeud, continuellement en mid-tempo et n’offrant rien de bien croustillant à se mettre sous la dent. L’autre truc plus ennuyant avec cet album, c’est qu’il manque de titres marquants. Hormis I Got What You Want, le reste est assez anecdotique et si certains sons accrochent plus que d’autres, on notera qu’il n’y a rien de bien mémorable là-dedans, contrairement aux précédents albums.

Au final, Lower the Bar est une petite déception, même si dans son ensemble, l’album s’écoute sans trop de problème. Le principal défaut de ce skeud est qu’il semble plus sérieux que les précédents, moins foufou, un peu plus contrôlé et du coup, cela se ressent fortement dans la spontanéité de la formation. Il n’en demeure pas moins que techniquement, c’est irréprochable et que Steel Panther reste le digne héritier de groupe de Hari Metal comme Poison par exemple.

  1. Goin’ in the Backdoor
  2. Anything Goes
  3. Poontang Boomerang
  4. That’s When You Came In
  5. Wrong Side of the Tracks (Out in Beverly Hills)
  6. Now the Fun Starts
  7. Pussy Ain’t Free
  8. Wasted Too Much Time
  9. I Got What You Want
  10. Walk of Shame
  11. She’s Tight

Note: 13/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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