octobre 28, 2020

Eric Bibb – Deeper in the Well

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Avis :

Eric Bibb, sous ses airs innocents et son flegme naturel, est une pure bête de scène et un travailleur acharné. Pour l’avoir vu en concert, c’est le genre de mec qui rentre sur scène avec sa guitare acoustique, son chapeau et qui te fait danser toute une salle en moins de trente secondes et en mettant une ambiance de pure folie. Et en plus le type est très accessible et d’une gentillesse incroyable. Bref, c’est un grand nom du blues et il fait de la musique depuis 1977. Il connaîtra un succès dans les années 90 avec un blues classique, mais allant chercher ses racines en Louisiane et dans la musique folk et jazz du bayou. Deeper in the Well est son vingt-et-unième album et il a décidé de l’enregistrer en Louisiane, pour se rapprocher de ses racines et de la musique qu’il aime. Alors cet album vaut-il le coup ?

On connait la musique black américaine, oscillant entre le gospel, le blues et le jazz et Eric Bibb le sait. En se rapprochant de cette région musicale qu’est la Louisiane, il va proposer un album pas totalement décevant, mais assez redondant et parfois un poil trop mou. Cea ne veut pas dire pour autant que le skeud est mauvais, loin de là, mais je l’ai trouvé en dessous des autres albums du monsieur. Voulant mélanger les genres, il se perd un peu dans un style rétro assez agréable et très surprenant en 2012, mais l’absence de solo de guitare et de blues pur est assez dommageable. On va plus entre de l’harmonica, du banjo ou encore une batterie effacée avec des balais. Ceci dit, quand on écoute cet album, on a l’impression de voyager, d’être dans le bayou, adossé à un arbre près d’un marais avec une tige entre les dents. Et en ce sens, je me demande si ce n’est pas le but de l’album, de faire partager l’amour pour cette région, de fermer les yeux, de s’y voir et de sourire agréablement. Le problème, c’est que certains morceaux sont longs comme No Further par exemple qui est trop linéaire ou encore Sinner Man. A côté de ça, on va voir des morceaux qui donnent la pêche tout en étant calme car à la fois beau et joyeux, tel que Bayou Belle ou encore Boll Weevil. L’album n’est pas exempt de ballade comme Every Wind in the river ou encore Sittin’ In a Hotel Room mais l’ensemble semble trop mou du genou et Bibb ne prend pas assez de risques, ce qui est dommage. Je conseille néanmoins Could be you, could be me, se rapprochant beaucoup plus d’un blues pur.

Au niveau de la voix, Eric Bibb se démarque des autres chanteurs de blues par une certaine douceur et une certaine suavité dans le ton. N’allant pas dans les trémolos ou les hurlements de chanteuses afro-américaines, il se contente de poser sa voix, en rythme et d’y mettre toute la douceur qu’il peut. C’est beau, juste et rajoute presque quelque chose de sexuel là-dedans. Sur certaines chansons, comme Dig a Little in the Well, des chœurs masculins sont rajoutés et cela donne plus de puissance à la chanson. Ce qui est sûr, c’est que sa voix colle parfaitement à sa musique et aux paroles énoncées. La plupart parle bien entendu d’amour perdu, mais aussi d’argent ou de la musique elle-même. Il s’autorise même une reprise de Bob Dylan the Times They are Changin’ et elle est plutôt sympathique.

Au final, le dernier album d’Eric Bibb n’est pas forcément une réussite, mais il demeure fort sympathique. Loin d’égaler ses précédentes compositions, le mélange opère dans le sens où l’on voyage avec cet album. L’entente de différents instruments assez inhabituels dans les différentes pistes est agréable, mais le tout reste trop redondant et manque de morceaux plus pêchus avec un bon vieux blues dont Bibb a le secret.

  1. Bayou Belle
  2. Dig a Little in the Well
  3. No Further
  4. Sinner Man
  5. Boll Weevil
  6. In My Time
  7. Every Wind in the River
  8. Sittin’ in a Hotel Room
  9. Could be You, Could be Me
  10. Money in your Pocket
  11. Music
  12. The Times They are Changin’
  13. Movin’ Up

Note: 13/20

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AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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