The Curse T.01 – The Curse – Marie Rutkoski

Auteur : Marie Rutkoski

Editeur : Lumen

Genre : Fantasy

Résumé :

Fille du plus célèbre général d’un empire conquérant, Kestrel n’a que deux choix devant elle : s’enrôler dans l’armée ou se marier. Mais à dix-sept ans à peine, elle n’est pas prête à se fermer ainsi tous les horizons. Un jour, au marché, elle cède à une impulsion et acquiert pour une petite fortune un esclave rebelle à qui elle espère éviter la mort. Bientôt, toute la ville ne parle plus que de son coup de folie. Kestrel vient de succomber à la  » malédiction du vainqueur  » : celui qui remporte une enchère achète forcément pour un prix trop élevé l’objet de sa convoitise.

Elle ignore encore qu’elle est loin, bien loin, d’avoir fini de payer son geste. Joueuse hors pair, stratège confirmée, elle a la réputation de toujours savoir quand on lui ment. Elle croit donc deviner une partie du passé tourmenté de l’esclave, Arin, et comprend qu’il n’est pas qui il paraît… Mais ce qu’elle soupçonne n’est qu’une infime partie de la vérité, une vérité qui pourrait bien lui coûter la vie, à elle et à tout son entourage.

Gagner sera-t-il pour elle la pire des malédictions ? Jeux de pouvoir, coups de bluff et pièges insidieux : dans un monde nouveau, né de l’imagination d’une auteure unanimement saluée pour son talent, deux jeunes gens que tout oppose se livrent à une partie de poker menteur qui pourrait bien décider de la destinée de tout un peuple.

Avis :

The Curse est le premier tome d’une trilogie déjà sortie intégralement dans les pays anglophones. La France n’a pas eu cette chance et il faut espérer que les tomes 2 et 3 vont vite sortir, tant la fin de ce tome est insoutenable. Les éditions Lumen ont fait ici un choix judicieux : ce livre est devenu un vrai coup de cœur pour de nombreux lecteurs !

La couverture fait penser à des livres de Kiera Cass (dont la critique de son dernier livre La Sirène est disponible sur ce site) ou Anna Godbersen (dont la critique de sa dernière trilogie Tout ce qui brille est disponible sur ce site) et cette comparaison lui va bien. En effet, même si le public visé est typiquement féminin, ce livre, loin de parler de sujets insignifiants, met en avant des problèmes politiques, d’esclavage, des relations fortes et réalistes ainsi que des situations aux rebondissements étonnants. La couverture attire et l’histoire en vaut la peine. Laissez-vous tenter, lecteur ou lectrice ! Même si l’héroïne est une femme, le personnage secondaire masculin est tout aussi puissant et s’impose vite comme un meneur né.

Le monde décrit rappelle clairement l’Antiquité et l’époque gréco-romaine après la conquête de la Grèce par Rome. On est rapidement plongés dans cet univers imaginaire plutôt sombre : les Valoriens ont envahi Herran, le royaume des Herranis qui ont été réduits en esclavage. Petit à petit, on apprend les contextes de la guerre, les différents points de vue des deux camps et les cultures des Herranis et des Valoriens, opposées sur certains points mais complémentaires dans d’autres. Chacun se fera son idée et son avis sur cette guerre. Le point de vue du vainqueur n’est pas spécialement plus mis en avant que celui du perdant, et c’est ce qui est agréable dans ce roman. Même si l’on commence à découvrir ce monde à travers les yeux de Kestrel, la fille du général Valorien, Trajan (nom qui rappelle bien sur un célèbre empereur romain), le point de vue opposé est toujours présent.

En début de roman, Kestrel et son amie Jess, se baladent tranquillement à l’affut de nouveaux vêtements, de nouvelles pierreries pour un bal prochain ou un après-midi mondain. Kestrel marque vite sa différence avec Jess, préférant jouer à des jeux de hasard que de perdre son temps en achats inutiles. Le caractère franc, provocateur et intéressant de la jeune femme entre très vite en jeu et comble d’entrée. Sa vie ne lui plaît pas vraiment, comme toutes les règles qui la régissent. Etre la fille d’un dirigeant demande des efforts et des concessions. Dès ses 20 ans, Kestrel devra choisir entre servir dans l’armée ou se marier et aucun de ces deux choix ne semble lui convenir. Plutôt mauvaise dans le maniement des armes et ne voulant pas prendre de vie, la jeune femme préfère passer son temps derrière son piano, à rêver et multiplier les mélodies, s’abîmant les doigts des heures durant, ignorant les foudres de ses pairs qui ne cessent de lui rappeler que la musique est réservée aux esclaves.

La balade au marché aura d’ailleurs tourné différemment que d’habitude. Ne comprenant pas très bien ce qui lui est arrivé, la jeune femme a fini par acheter un esclave Herrani, du nom de Arin, qui semble la détester au plus haut point et qui est vite placé à la forge de son père. Même si l’on sent la romance venir entre ces deux opposés, elle ne vient pas du tout comme on aurait pu s’y attendre. Kestrel et Arin ne se voient quasiment pas, leur statut ne leur permettant pas. De temps en temps, ils jouent à Crocs et Venins, un jeu de stratégie qui ressemble au poker et en profitent pour mieux se connaître. Leur relation évolue lentement mais nous happe totalement tant les deux personnages sont prenants, tous deux à leur manière. Chacun est fasciné, effrayé et intrigué par l’autre. Kestrel essaie de déchiffrer Arin et ses réactions, alors que lui essaie de comprendre ses choix tout en mettant en place un plan qui n’échappera pas au lecteur très longtemps. Arin finit par suivre Kestrel dans presque tous ses déplacements, une jeune femme ne pouvant se déplacer sans chaperon, et ce couple étrange finit par faire parler de lui tout en mettant à mal la réputation de la jeune femme.

La relation amoureuse qui se met petit à petit en place est loin de toutes les niaiseries possibles et envisageables. Même si le livre tourne autour des pensées de Kestrel, certains chapitres se concentrent sur un Arin énigmatique qui ne dévoile pas ses secrets et qui reste ainsi un personnage mystérieux jusqu’à la toute fin du roman où révélations, actions, bouleversements et rebondissements en tous genres se multiplient à une vitesse folle. Le roman est ainsi divisé en deux parties : une partie de découverte des personnages et du monde, et une autre plus rapide, pleine de péripéties et de suspens.

Kestrel apparaît comme une femme intelligente, pleine d’esprit et qui sait faire les choix qui sauveront ceux qu’elle aime, au détriment de ses propres passions et sentiments. Arin se dévoile comme l’homme malin qu’il a toujours été et son patriotisme, même fondé, ne fera pas que du bien, tant au lecteur qu’à la jeune femme qui se sentira profondément trahie.

The Curse est un livre étonnant à cause de ses personnages, de son univers, de ses messages et de sa fin étonnante. La lecture est rapide et est un vrai plaisir, l’écrivaine ne se préoccupant pas de détails superflus et allant au fait pour faire avancer l’intrigue et délivrer son message d’humanité. Un vrai coup de cœur !

Note : 19/20

Par Lildrille

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