décembre 2, 2020

Freaks

De : Tod Browning

Avec Wallace Ford, Leila Hyams, Olga Baclanova, Roscoe Ates

Année : 1932

Pays : Etats-Unis

Genre : Drame, Horreur

Résumé :

Des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s’exhiber en tant que phénomènes de foire. Le lilliputien Hans, fiancé à l’écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l’acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d’une belle somme, celle-ci décide de l’épouser pour l’empoisonner ensuite avec la complicité de son amant Hercule. Mais le complot est découvert, et les amis de Hans et Frieda vont se venger…

Avis :

Réalisateur culte et incontournable, Tod Browning fait partie de ces réalisateurs qui ont laissé une empreinte à jamais. Réalisateur d’une soixantaine de films, Tod Browning a su marquer l’imaginaire collectif avec notamment « Freaks » qui reste l’un de ses plus connus et plus cultes, mais pas que, puisque l’on doit aussi au réalisateur le premier film parlant sur Dracula, avec son « Dracula« . Un « Dracula » qui voit pour la première fois enfiler la cape du célèbre comte à l’immense Bela Lugosi.

« Freaks, la monstrueuse parade » est un film fascinant de bout en bout. C’est un film d’une beauté aussi morbide qu’onirique. Ce qui est étrange et génial en même temps, c’est que c’est avec ce film que Tod Browning a brisé sa carrière. Film dérangeant encore aujourd’hui, on ne peut qu’imaginer l’onde de choc à l’époque. Une onde si violente que le public et critique s’étaient levés contre le film. « Freaks » fut injustement un échec cuisant. Un échec que le temps a très vite rétabli, puisqu’il reste à ce jour l’œuvre la plus connue de Browning. Une œuvre d’une dureté et d’une justesse fascinante. Une œuvre d’une cruauté sans nom qui démontre que le cinéma peut et va servir à faire passer des messages, et changer des mentalités, car au final, les vrais monstres ne sont pas ceux que l’on croit.

Le lilliputien Hans est fiancé à la naine Frieda. Tous deux travaillent dans un cirque ambulant. Un cirque peuplé de gens difformes et étranges qui font une partie des attractions du cirque. Parmi les artistes qui travaillent dans ce cirque, il y a la belle Cléopatre, une trapéziste aussi magnifique que fascinante. Hans est d’ailleurs totalement sous le charme de la belle blonde. Mais ce que Hans n’a pas compris, c’est que Cléopatre est sournoise et elle n’hésite pas à se servir de sa beauté et de la naïveté amoureuse du petit homme.

« Freaks, la monstrueuse parade » ou le film qui dénonce l’intolérance et la peur face à la différence. Très dur et sans concession, Tod Browning nous entraîne dans son ambiance morbide avec beaucoup de réflexions. On est fasciné autant qu’on est dérangé pour toutes les personnes que Tod Browning a réunies pour son film. Mais alors que le dérangeant se fait sentir, Tod Browning ne tombe pas dans la provocation gratuite. Ici, tout a un sens, tout sert son film et surtout sa morale finale. Une morale magnifique, universelle, plus de quatre-vingts après, cette morale résonne toujours d’actualité et finalement, le temps a transformé ce film et cette histoire en une véritable fable.

Ce qui est génial avec ce très grand film, c’est que son réalisateur a réussi à tout exprimer en un tout petit peu plus d’une heure. De l’amour, de la haine, de la compassion, de l’entraide, de l’humanité, de la tristesse, de la curiosité, du rejet, le regard des autres… « Freaks, la monstrueuse parade » prend le temps de tout aborder avec intelligence, réflexion, divertissement et le seul regret qu’on ait à la sortie de ce film, c’est qu’il n’ait pas été plus long et qu’il n’ait pas développé d’autres personnages, car il y avait vraiment de quoi développer et présenter encore et encore ses personnages.

« Freaks … « , c’est aussi un film qui sera autant étonnant, que saisissant avec des acteurs plus vrais que nature. Pour des soucis de vérité, Tod Browning est parti chercher des comédiens amateurs aux physiques difformes. Des comédiens qu’il a par ailleurs trouvés dans un cirque, où ils étaient exposés comme des bêtes de foire de par leur « monstruosité » et en toute sincérité, le cinéaste a très bien fait, car en plus d’apporter énormément de sens à son film, il y a aussi apporté une vérité qui se mélange à ce côté dérangeant dont je ne cesse de vous rabâcher les oreilles. Tous naturels, ces comédiens n’ont rien à envier aux grands et arrivent à nous toucher même quand ils ne disent rien. Je reste toujours saisi pour ces sœurs apeurées du monde extérieur.

Avec ce film, qui lui a coûté sa carrière, (Browning ne fera plus que quatre autres films après celui-là), Tod Browning nous livre un film incroyable qui aborde de manière somptueuse et morbide la différence. Les vrais « Freaks » ne sont pas ceux que l’on pense et ce film démontre son propos à la perfection.

« Freaks, la monstrueuse parade » est donc un film inoubliable, indémodable, percutant, prenant et très touchant. Bref, « Freaks … » fait partie des plus beaux chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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