octobre 21, 2020

The Red Road Saison 1

D’Après une Idée de : Aaron Guzikowski

Avec Martin Henderson, Jason Momoa, Julianne Nicholson, Tom Sizemore

Pays: Etats-Unis

Nombre d’Episodes: 6

Genre: Drame

Résumé:

La vie d’un shérif tentant de conjuguer sa vie familiale et son métier difficile. Il doit d’ailleurs très souvent calmer les tensions entre deux communautés : les habitants de la petite ville dans laquelle il a grandi et les Indiens habitant à Ramapo Mountain. Après une tragédie et un incident avec sa femme, il va s’associer avec un membre dangereux de la tribu. Malheureusement, cette alliance reviendra inévitablement les hanter à tous…

Avis :

Aaron Guzikowski a surpris tout le monde avec un scénario en particulier. Après un premier script pour Baltasar Kormákur (« Contrebande« ), c’est avec son deuxième écrit qu’il va se faire grandement remarquer, puisque c’est à lui que l’on doit le « Prisoners » de Denis Villeneuve. Autant dire que le monsieur signe là un très grand scénario et qu’après ce coup d’éclat, les portes lui sont grandes ouvertes.

Alors qu’il aurait pu œuvrer pour le grand écran, Aaron Guzikowski a décidé de se lancer dans une série en tant que showrunner. Cette série, c’est « The Red Road« , une série qui va osciller entre le cop show et le drame familial et sociétal. Une série qui présente une première saison de six épisodes de quarante minutes, dont le pilote est réalisé par un certain James Gray. « The Red Road » a donc tendance à mettre beaucoup d’arguments bout à bout, et on peut dire que la curiosité grandit autour de cette première saison, qui en bonus, nous présente un casting de choix.

Mais voilà, si les premiers épisodes sont excellents, nous présentant un cop show qui a du caractère et développe de bons thèmes, une sous-intrigue va peu à peu s’imposer et casser le rythme pour finalement aller vers un drame dont on n’avait pas forcément envie.

Harold Jensen est agent de police dans une petite ville aux États-Unis. Ayant une vie à peu près rangée, il va alors voir son quotidien bousculé quand sa femme, un soir de beuverie, renverse un jeune garçon et fait un délit de fuite. Obligé de s’associer avec Phillip Kopus, un malfrat du coin, Harold va voir son passé refaire surface.

« The Red Road » ou la série dont on ressort de cette première saison assez mitigé. Mitigé car « The Red Road » détient de sacrés arguments pour être génial. D’ailleurs, dans sa première partie, on ne pourra rien lui reprocher, tant elle arrive à nous attraper très vite.

L’ambiance est là, le dépaysement est excellent. La réalisation est soignée, le rythme est bon, les cadres, les séquences et les plans sont beaux. Les idées de mise en scène sont belles et tenues.

Les acteurs sont très bons, particulièrement Jason Momoa dans un rôle assez trouble, aussi menaçant qu’il inspire une certaine confiance ou encore la trop rare Lisa Bonet qui trouve ici un petit rôle, dont les passages illuminent ses scènes.

« The Red Road » détient une belle trame au départ et l’on sent que la série va nous emporter dans une enquête à tiroirs et dangereuse. De plus, Aaron Guzikowski a décidé d’aborder des sujets dont le cinéma et les séries parlent assez peu, puisqu’il est question ici, dans les sous-intrigues, de parler du rapport entre les communautés et les tensions toujours existantes entres « les blancs » et les Indiens. « The Red Road » est captivante quand elle aborde ces sujets-là et pose de bonnes réflexions sur le racisme, la famille et l’amour. Elle est aussi captivante dans son cop show et tout ce qui touche aux enquêtes et autres choix que doit faire Harold Jensen (très bien incarné par Martin Henderson).

Mais malheureusement, malgré ses trames qui continuent sur toute cette première saison, « The Red Road » se voit plombée par les problèmes familiaux de son personnage principal et principalement par le personnage de la mère de famille (très bien campé pourtant par Julianne Nicholson). Avec ce personnage, ses névroses, ses problèmes et son passé, Aaron Guzikowski distille quelques longueurs et surtout attenue les autres sujets et trames développés dans la série. Et malheureusement encore, plus la série avance, et plus les problèmes de famille vont s’imposer, si bien que parfois, on n’a pas la sensation de suivre une série policière.

C’est donc vraiment dommage, car hormis ce gros détail, « The Red Road » a tout pour être une excellente série, profonde, riche et avec du sens, un joli suspens, tout comme un bel intérêt. D’ailleurs, pour nous accrocher et nous donner l’envie d’attendre la saison deux, sur les dernières minutes, le showrunner oubliera les problèmes familiaux et reviendra sur le fond de la série, nous laissant avec beaucoup de curiosité.

« The Red Road » mériterait pour sa deuxième saison, d’oublier ou d’atténuer les problèmes de famille de son héros et sa femme, pour partir exploser le rapport entre les communautés, les gangs, entre criminels. On espère aussi qu’elle étoffera la relation ambiguë qu’elle offre entre Martin Henderson et Jason Momoa.

Bref, cette première saison n’est pas mauvaise, mais elle n’est pas captivante non plus. « The Red Road » est une série sympathique devant laquelle on passe un petit moment de cinéma. Un moment de cinéma à découvrir toutefois et qui laisse espérer une saison deux meilleure.

Note : 12/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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