septembre 28, 2020

Les Chroniques de Nicci T. 01 – La Maîtresse de la Mort – Terry Goodkind

Auteur : Terry Goodkind

Editeur : Bragelonne

Genre : Fantasy

Résumé :

Nommé ambassadeur itinérant par Richard, Nathan Rahl, son lointain ancêtre, entend porter haut les couleurs de D’Hara. Le connaissant bien – et depuis près de deux siècles –, Nicci craint surtout que le flamboyant sorcier n’aille à la rencontre de bien des ennuis. Consciente de ne plus avoir vraiment sa place auprès du Sourcier, elle décide d’accompagner le vieil homme.

Nathan commence fort : une visite à Rouge, la voyante, qui s’empresse de le charger d’une mystérieuse mission aux confins de l’Ancien Monde.

L’aventure recommence, mélange d’exaltation héroïque et de griserie du danger. Face à l’ampleur du défi à relever, fallait-il s’étonner que la Maîtresse de la Mort décide de reprendre du service ?

Avis :

On n’y croyait pas tellement et pourtant, il l’a fait ! L’auteur se serait-il lassé de Richard Rahl et de Kahlan Amnel, le couple phare de la saga de quinze tomes (et deux préquelles) L’épée de vérité ? Oui, un peu, mais pas de l’univers qui les a fait naître ni de tous les personnages secondaires qu’il n’a pas pu développer comme il le souhaitait.

Terry Goodkind continue de nous étonner avec cette nouvelle série centrée autour d’une femme bien particulière : Nicci, l’ancienne amante de Jagang, le Marcheur de rêve, la Maîtresse de la mort, une sorcière de l’obscurité tumultueuse, une magicienne et une femme accomplie, qui a su faire évoluer ses croyances au profit du bien et de Richard, pour qui elle donnerait sa vie. Ce premier tome met également en scène un autre personnage que les fans de L’épée de vérité connaissent tout aussi bien : Nathan, un ancêtre Rahl, sorcier et prophète déchu, jeune en apparence mais âgé de plus d’un millénaire grâce au sort d’antivieillissement du Palais des Prophètes, qui adore l’élégance et dont le caractère peut vite devenir insupportable.

Nicci et Nathan étaient déjà importants dans L’épée de vérité et soutenaient Richard et Kahlan contre vents et marrées. On les découvre ici sous un nouveau jour, dans un nouveau rôle, celui d’émissaires de d’Hara au service de Richard Rahl. Leurs missions sont simples : prévenir le Nouveau et l’Ancien Monde que la paix règne à présent et que chacun est libre de vivre comme il l’entend et glaner le maximum d’informations sur tous ces territoires inconnus. Cependant, la fin des prophéties a changé le monde et des régions encore inexplorées attendent nos voyageurs. Que découvriront-ils ?

Comme souvent, dans les romans d’heroic-fantasy, un but caché est donné à l’histoire globale. Ici, la mission est certes celle citée plus haut mais une autre vient s’y ajouter rapidement. Nos héros doivent effectivement se rendre dans une mystérieuse cité du nom de Kol Adair et … sauver le monde ! Rien que ça. Nicci aura du mal à y croire mais finira par se remettre en question : le message donné par la voyante a peut-être de l’importance, qui sait ?

Le livre décrit ainsi les péripéties de nos deux héros lors de leur voyage jusqu’à cette cité. Leur chemin sera semé d’embuches, toutes plus incroyables les unes que les autres. Créatures étranges, mystiques et oubliées, cataclysmes naturels, lieux magiques et secrets, forces incontrôlables et simulacres d’inquisitrice*, Nicci et Nathan auront beaucoup à faire et seront aidés notamment par une autre personne à laquelle le lecteur s’attachera plutôt rapidement. Bannon, un jeune homme pas si naïf qu’il en a l’air, rejoint la magicienne et le sorcier et leur sera très utile.

On ne retrouve pas la vivacité d’esprit et les réflexions poussées des tomes de L’épée de vérité. Ce livre donne l’impression d’être une liste d’aventures qui se résolvent souvent plutôt avec facilité même si certains drames ponctuent chacune d’entre elles. La force et la difficulté des péripéties va crescendo pour se terminer en apothéose, contre un ennemi coriace et que l’on n’avait pas vu venir. Pour le coup, c’est une vraie bonne surprise. Par ailleurs, on fait la rencontre d’énormément de gens tout au long des aventures, dont certains qui paraissent finalement inutiles au récit. Il aurait été intéressant de développer plus avant ces individus et de leur donner une meilleure place, au lieu de passer à l’épisode armé de manière trop rapide. Certaines scènes, tout simplement magiques, passent beaucoup trop vites, et manquent cruellement de matière, alors que les scènes de combat, très présentes dans ce livre, se font foison et avec les mêmes termes et le même rythme. Ces épanchements finissent par lasser quelque peu, surtout qu’ils ne laissent absolument aucun suspens quant à leur dénouement. On sait très bien qui finira par l’emporter.

Ces aventures ont des effets différents sur les protagonistes mais leurs émotions ne sont pas, encore une fois, assez mises en avant. On appréciera tout de même les questionnements et l’humour sarcastique de Nathan et les émotions contradictoires de Nicci, dont le mental et la force associée font partie des joyaux de L’épée de vérité. La fin du livre, quoique pas très surprenante, donne tout de même envie de connaître la suite.

Ce premier tome, bien plus basé sur l’action que les personnages en tant que tel, ne laisse pas beaucoup de répit au lecteur. On y découvre tout de même des nouveautés sur l’univers, ses créatures et ses mystères. Il est en plus faisable de lire ce livre sans avoir touché aux autres tomes de l’auteur, même si de nombreuses références sont évoquées. Cette nouvelle équipe d’aventuriers possède une grande force en réserve et touchera certainement encore de nombreux lecteurs. Les idéaux de Bannon, qui rappellent ceux d’un jeune forestier**, sa jeunesse et son ardeur, apportent du renouveau, ce qui n’est pas pour déplaire. Les chroniques de Nicci s’annoncent comme une longue saga à succès.

* : Une inquisitrice est une femme dotée d’un pouvoir puissant capable de faire avouer quiconque la touche. Toujours accompagné de son sorcier, l’inquisitrice est dévouée à la justice mais ses victimes perdent leur âme et lui sont dévouées à jamais.

** : Avant de devenir le seigneur Rahl, Richard Cypher était un jeune forestier vivant paisiblement en Terres d’Ouest avec son grand-père Zeddicus Zul’Zorander, surnommé Zedd.

Note : 15/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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