La Belle et la Bête – Quand Disney Manque de Magie

Titre Original : Beauty and the Beast

De: Bill Condon

Avec Emma Watson, Dan Stevens, Luke Evans, Kevin Kline

Année: 2017

Pays: Etats-Unis

Genre: Fantastique

Résumé:

Fin du XVIIIè siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête, qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction.

Avis:

Il y a une chose qui semble complètement immuable aux blockbusters et plus particulièrement à Disney, c’est l’appât du gain et cette volonté toujours plus sournoise de faire un max d’argent sur des licences juteuses ou sur des souvenirs de jeunesse. Il faut dire qu’entre les remakes, les reboots, les pseudos adaptations de comics avec le rachat de Marvel et maintenant les version Live, Disney est omniprésent dans le septième art et s’assure à chaque fois des entrées de folie dans les salles obscures. Après Cendrillon et Maléfique ou encore Le Livre de la Jungle, La Belle et la Bête est la nouvelle version adaptation live d’un classique du dessin animé et survient avant une vague impressionnante composée de Dumbo, Mulan ou encore Aladdin et, cerise sur le gâteau, la volonté de faire un Avengers-like avec toutes les princesses Disney. La folie ne semble plus avoir de limite, mais il se pose toujours la même question: A quoi ça sert?

La question semble légitime puisque de toute façon, l’histoire est connue des parents et des enfants qui ont déjà vu le dessin animé de 1991. Du coup, on peut se poser la question sur la nécessité de faire cette version live, qui ne s’adresse finalement qu’aux trentenaires voulant retrouver la magie d’une histoire d’amour, mais qui se fait complètement bouffer par les enjeux qui deviennent inexistants, puisque l’on connait de suite l’issue du film. Et c’est bien là tout le problème de ce métrage, qui reprend point par point les péripéties du conte et du dessin animé et qui ne réinvente rien, hormis jouer sur les effets spéciaux qui ont fait des progrès considérables. Mais la raison semble bien faible et on ne peut qu’y voir la volonté à peine dissimulée de la part de Disney de faire un max de pognon sur une licence qui va forcément attirer les foules et notamment les petites filles. Et concrètement, est-ce que cela vaut le coup, surtout quand on sait qui est aux commandes, Bill Condon, le responsable des deux derniers épisodes de Twilight, mais aussi de Mr. Holmes, un film intéressant mais qui n’a pas gagné l’adhésion de tout le monde?

Et bien pas vraiment. Non pas que le film en lui-même soit mauvais, il reste même agréable et les fans du dessin animé seront complètement comblés, mais il manque beaucoup de chose pour que la magie prenne le pas sur l’objet mercantile. En premier lieu, il faut savoir que le film chante énormément et que les chansons sont les mêmes que pour le dessin animé. Sauf que dans une version live, et en version française, ça le fait beaucoup moins. Il y a même des faux raccords, puisqu’à certains moments, la voix française d’Emma Watson chante alors que les lèvres de l’actrice ne bougent pas. Et il faut supporter les chansons Disney, qui collent beaucoup moins à une version live, car elles entrecoupent l’action et semblent beaucoup moins marquantes que pour le dessin animé. D’autant plus que Bill Condon ne sait pas comment les mettre à valeur, filmant l’ensemble du film sans génie et sans prise de risque. C’est d’ailleurs un gros point faible pour ce métrage, comme le fut le Cendrillon de Kenneth Branagh, qui ne possède pas de mise en scène personnelle.

Ensuite, le film est très long. Il dépasse les deux heures et il possède un ventre mou en son milieu qui fait que l’on s’ennuie un peu, n’arrivant pas à créer une émotion pourtant essentielle dans une romance. En effet, le film ne touche pas et la relation entre Belle et la Bête est presque trop rapide, jouant sur les ellipses temporelles, mais octroyant trop de temps aux incessants allers-retours entre Gaston, le père de Belle ou encore d’autres personnages secondaires qui ne servent pas vraiment. D’ailleurs, la polémique avec le personnage gay de Le Fou est une esbroufe car il ne sert à rien et n’apporte qu’une légère dose d’humour dans un film qui n’en a pas vraiment besoin. Mais le principal problème avec ce métrage, c’est clairement les effets spéciaux. Et ça fait mal de voir que l’une des principales raisons de cette version live est mal fichue. Les personnages objets sont assez mal faits et même s’il sent moins le fond vert que le film de Christophe Gans, il n’en demeure pas moins que la version de Bill Condon fait trop superficielle, aussi bien dans les relations que dans les décors et les animations des personnages. Et il faut le dire, mais les effets spéciaux numériques gâchent le romantisme, enlevant un charme certain et nécessaire à ce genre de métrage. Il suffit de regarder le film de Jean Cocteau pour s’en apercevoir.

Cependant, le film n’est pas mauvais pour autant. Il y a certaines séquences qui fonctionnent vraiment, notamment lorsque Belle retourne dans son passé avec la Bête. On retrouve quelques jolies fulgurances assez dark et cela donne vraiment de l’épaisseur au personnage et à sa relation qui l’unit à son père. C’est d’ailleurs le seul moment où l’on ressent vraiment de l’émotion dans le métrage. Ensuite, la prestation d’Emma Watson est relativement convaincante. On aurait pu avoir peur de la voir en princesse Disney, mais finalement, elle tient bien son rôle, et demeure assez juste et touchante, surtout dans ses rapports amoureux entre la Bête et son père. Quant à la Bête, Dan Stevens est bien meilleur que Vincent Cassel, et même si encore une fois les effets numériques gâchent un peu l’ensemble, on reste agréablement surpris par sa prestation et sa justesse. Seul Luke Evans surjoue en Gaston, forçant les traits du méchant pour paraître encore plus méchant. Enfin, dernier point fort du métrage, la séquence du ballet final est belle, contrastant avec le reste du métrage qui s’avère anecdotique.

Au final, La Belle et la Bête est un film qui laisse un sentiment assez frustrant car il possède de bons moments, mais on retient surtout l’aspect mercantile de la chose. Copier/coller du dessin animé de 1991, le film n’apporte rien de nouveau et n’enchante guère à cause d’effets spéciaux souvent douteux et d’une imagerie trop proprette pour pleinement convaincre. Reste à savoir quel public cela vise, car si les petites filles seront certainement attirées par ce genre de métrage, ce sont surtout les mamans trentenaires qui auront envie de revivre cette romance presque gothique, mais il semblerait qu’un dessin animé, même s’il a plus de 25 ans, reste toujours mieux qu’une version live édulcoré et qui ne réinvente rien. Mais quoi qu’on en pense, Disney a trouvé la nouvelle poule aux œufs d’or et ne semble pas prêt de lâcher cette manne inépuisable, quitte à produire des blockbusters vides de toute créativité.

Note: 12/20

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Par AqME

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