octobre 26, 2020

Salé Sucré

Titre Original : Yin Shi Nan Nu

De : Ang Lee

Avec Sihung Lung, Kuei-Mei Yang, Chien-Lien Wu, Yu-Wen Wang

Année : 1994

Pays : Taïwan, Etats-Unis

Genre : Romance

Résumé :

  1. Chu est le plus grand chef cuisinier de Taipei. Veuf depuis seize ans, il élève seul ses trois filles : Jen, professeur de chimie à la religiosité exacerbée, Kien, séduisante businesswoman qui rêve de prendre son indépendance, et Ning, jeune étudiante qui travaille dans un fast-food. La vie de la famille Chu est réglée par ces rituels immuables que sont les repas, préparés avec une minutie extrême par le père. Renfermé et peu loquace, la cuisine est pour lui la seule façon de communiquer…

Avis :

Ang Lee est presque une institution à lui seul. Réalisateur touche à tout qui est capable d’offrir aussi bien du grand spectacle que du film intimiste, en vingt-cinq ans, le réalisateur taïwanais a su s’imposer dans le monde et chacun de ses films est attendu par la sphère cinéphile avec une belle curiosité.

À l’heure où son dernier film sorti en salle « Un jour dans la vie de Billy Lynn » est extrêmement mal distribué, et encore le terme est faible, tant le film est quasi-inexistant, remontons sur les premiers pas d’Ang Lee.

« Salé sucré » se place entre le premier gros succès du réalisateur, « Garçon d’honneur« , et son premier sur les terres anglaises, « Raison et sentiments« . « Salé sucré« , avec un titre pareil, on a tendance à s’attendre à trouver une comédie culinaire, mais le film sera assez loin de cela et c’est dommage. Même s’il sera parcouru par les plats que le père de famille cuisine, le troisième film d’Ang Lee se pose plus comme un drame familial qu’on a déjà vu, et même si c’est loin d’être mauvais, il est vrai que « Salé sucré » aura eu plus tendance à trouver son charme quand on aborde le monde de la cuisine.

Monsieur Chu est le plus grand cuisinier de Taipei. Veuf depuis maintenant seize ans, il vit avec ses trois filles. La vie de la famille Chu est rythmée au gré des aventures sentimentales des trois jeunes femmes. Chacune d’entre elles essaie de trouver une communication avec ce père renfermé sur lui-même, qui n’a pour seul moyen de communiquer vraiment que les repas qu’il cuisine pour ses filles et tout l’amour qu’il y met dedans.

Avis mitigé sur ce joli cru d’Ang Lee. « Salé sucré« , c’est deux films en un. En premier, le réalisateur nous dresse le portrait d’une famille et nous invite à suivre leur vie, leur quotidien, leurs drames, leurs doutes, leurs disputes… Les personnages sont sympathiques, et même attachants pour certains d’entre eux. Ang Lee oscille entre la comédie et le drame avec intelligence, nous offrant parfois des situations drôles qui prêtent à sourire et d’autres qui auront tendance à nous garder plus alerte. Mais si ce portrait est sympathique et intéressant, on ne peut pas dire qu’il soit passionnant non plus. Les thèmes que le réalisateur aborde sont intéressants, tout comme cette culture qu’on découvre.

Mais voilà, malgré les bons éléments que le film peut détenir, il manque un petit quelque chose à « Salé sucré » pour que la sauce prenne vraiment et touche. Quand on découvre le film, peu de surprises sont à prévoir et bien souvent, c’est l’effet de déjà vu qui prime et c’est bien dommage, car le tout reste joli, mais ne sort jamais de ce à quoi on est habitué dans ce genre de petit drame-comédie familiale. Bon, il y aura bien quelques péripéties qui arrivent aux sœurs qui nous feront sourire, mais ça reste trop peu.

Et finalement, si « Salé sucré » nous fait passer un meilleur moment, c’est grâce et avant tout à ce deuxième film qu’on trouve à l’intérieur du premier. Ayant pris comme contexte la cuisine, c’est sur ce côté que le film est absolument génial. Ang Lee filme cet amour de la cuisine avec énormément de minutie. Sensuel, dramatique ou drôle, profond, « Salé sucré » trouve une belle saveur avec cet amour qui est malheureusement mis en sous-texte.

Si le film, dans sa mise en scène, reste assez banal quand il aborde le portrait familial, il devient incroyablement salé et sucré quand le réalisateur filme cette façon de faire, quand le réalisateur filme ces dégustations, quand il filme ces discussions sur la cuisine et la nourriture ou encore quand il filme toute l’animation d’une cuisine en plein moment de création et de passion. Et c’est bien dommage que tout cet aspect, tout cet amour et cette passion, soit finalement relayé au second plan ici.

D’ailleurs, ce sentiment se ressent aussi autour des personnages, car si les trois filles sont sympathiques, c’est bien leur père qui passionne et vole la vedette à toutes et tous dans ce film. Tenu par Sihung Lung, l’acteur offre une prestation fascinante à plus d’un point et une fois le film fini, on regrette qu’Ang Lee ne se soit pas plus concentré et consacré à ce personnage.

« Salé sucré » n’est pas un grand cru d’Ang Lee, mais il reste un film sympathique, voire très sympathique dans certain de ses aspects. Et même si l’on ne sera pas étonné par les portraits que le réalisateur nous dresse, « Salé sucré » ne laisse aucun temps mort et offre toujours quelque chose d’intéressant à voir. Ce cru 1994 signé Ang Lee, mérite donc qu’on y fasse une petite dégustation.

Note : 11/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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