octobre 29, 2020

Le Tombeau du Diable – Eric Bony

Auteur : Eric Bony

Editeur : City Editions

Genre : Thriller

Résumé :

Journaliste au magazine Enigm, Thomas Cazan a réussi à décrocher un rendez-vous avec le propriétaire du fameux médaillon de Mandrin, un bijou « maudit » depuis le XVIIIe siècle. La rencontre tourne court lorsque le propriétaire du pendentif est sauvagement assassiné.

Accusé de meurtre et de vol, Thomas n’a d’autre choix que de mener sa propre enquête pour prouver son innocence. Face à de redoutables ennemis qui semblent toujours avoir une longueur d’avance, une course contre la montre s’engage, le menant à travers la France, de Provins, la fameuse cité médiévale d’Ile de France à Glozel, un étrange site archéologique près de Vichy, dans l’Allier. Arrivera-t-il à temps pour percer le secret du médaillon qui révélerait l’emplacement du « Tombeau du diable » et de son mythique trésor ?

Avis :

Si le paysage littéraire est déjà bien fourni en thriller ésotérique de qualité, on dénote néanmoins une récurrence de certains sujets tels que les templiers, la vie du Christ ou encore les prophéties apocalyptiques. Il est vrai que ces thématiques peuvent avoir de multiples interprétations tant le secret qui les entoure est grand. D’ailleurs, certains auteurs n’hésitent pas à sortir des sentiers battus, surtout pour un premier livre. Sur fond de satanisme, Éric Bony se penche sur l’affaire de Glozel et le non moins mystérieux Louis Mandrin, un contrebandier du XVIIIe siècle. La préface d’Éric Giacometti est-elle annonciatrice d’un excellent roman ?

Il est vrai que la thématique principale est peu usitée, voire inédite, dans le domaine de la fiction. L’affaire de Glozel reste une énigme qui partage la communauté scientifique entre imposture ou révélation. Dans un certain sens, elle n’aurait rien à envier à la découverte de Lascaux. Toujours est-il que la polémique est régulièrement alimentée par la sortie d’ouvrages archéologique pour infirmer ou révoquer l’une de ces thèses. On a donc là un excellent matériau de base pour fournir une intrigue tendue et originale dans l’hexagone. Car, en dehors des cathares, des templiers (oui, encore eux) ou de sites comme Rennes-le-Château, il faut bien reconnaître que la France officie davantage comme point de départ pour ce type d’histoires.

Ici, l’intégralité du récit se passe sur le sol français. Cela peut paraître anodin, mais l’auteur parvient à nous faire voyager et découvrir des régions isolées en dehors de Paris et son ambiance urbaine suffocante. En ce sens, le cadre contribue grandement à développer l’atmosphère qui se trouve à mi-chemin entre le merveilleux (propre aux chasses au trésor ou à la résolution d’énigmes) et l’oppressant (le statut de fugitif traqué et la présence du diable en filigrane des principaux enjeux). Autrement dit, la structure même du récit se construit progressivement via une habile variation des tons pour mieux surprendre le lecteur, et ce, en dépit de quelques ficelles narratives inhérentes au genre.

Malgré quelques retournements de situations attendus, la fluidité de l’écriture et la succession nerveuse des événements font qu’on s’immerge dès les premières pages. En multipliant les enjeux et les antagonistes, on a droit à un véritable florilège de péripéties en tout genre. Quelques énigmes bien fichues viennent agrémenter un parcours émaillé de mystères et d’investigations policières secondaires et néanmoins primordiales pour le bon déroulement de la trame. On notera également la présence d’une secte satanique pour offrir une aura occulte et quelques effets horrifiques des plus explicites.

Pour son premier roman, Éric Bony surprend par l’originalité et la rigueur dont il fait preuve afin de fournir une histoire diablement efficace. À la fois dynamique et entraînante, elle bénéficie d’une structure dénuée de toute fioriture afin de capter au plus vite l’attention du lecteur pour ne plus le lâcher. On retrouve tous les ingrédients d’un excellent thriller ésotérique pour la forme associée à une intrigue étonnante et maîtrisée. Les hypothèses évoquées sont appuyées par une documentation évidente et suffisamment discrète pour ne pas prendre le pas sur d’autres aspects du livre. Elles se révèlent donc aussi vraisemblables qu’intéressantes dans ce qu’elles impliquent. Bref, un roman intelligent à la fois distrayant et instructif.

Note : 16/20

Par Dante

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

Voir tous les articles de AqME →

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.