septembre 22, 2020

Cent Mille Dollars au Soleil

De : Henri Verneuil

Avec Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Bernard Blier, Andrea Parisy

Année : 1964

Pays : France, Italie

Genre : Aventure

Résumé :

Aux portes du désert, Castigliano dirige une entreprise de transports routiers. Hans doit conduire un chargement clandestin de cent mille dollars au cœur de l’Afrique. L’apprenant, Rocco élimine le chauffeur, vole son véhicule et part avec sa complice. Castigliano promet alors une forte récompense à Marec s’il récupère le camion. Commence une folle poursuite…

Avis :

Henri Verneuil est l’un de nos plus grands réalisateurs. C’est peut-être même le plus grand avec Henri-George Cluzot, Jean-Pierre Melville et Julien Duvivien. Officiant à partir de la fin des années 40, Henri Verneuil, c’est plus de cinquante ans de cinéma et tout autant de films, parmi lesquels on retrouve « L’ennemi public n°1« , « La vache et le prisonnier« , « Le président« , « Le clan des Siciliens« , « Peur sur la ville« , ou encore les indémodables « Un singe en hiver » et « Mélodie en sous-sol » … Bref, l’homme détient une filmographie à tomber par terre, dont on pourrait encore tirer énormément de films.

Deux après sa première collaboration avec Jean-Paul Belmondo, Henri Verneuil retrouve celui qu’on n’appelle pas encore Bébel pour une course-poursuite aussi frémissante que cool. Emporté par un duo de choc qui fonctionne à merveille, emporté par les dialogues toujours aussi incroyables de Michel Audiard, Henri Verneuil livre un film indémodable qui n’a pas pris une seule ride. Un film devant lequel on se marre, autant qu’on est pris par ce suspens qui va nous tenir jusqu’à ce final mémorable. Bref, du grand cinéma français !

Rocco et Marec, dit Le Plouc, travaillent tous deux dans une entreprise de transport routier dirigé par Monsieur Castigliano. Ce dernier vient d’acheter un nouveau camion, qui sera conduit par Hans, une nouvelle recrue. Son chargement est clandestin, et Rocco, aidé d’une complice, le dérobe et part vers la frontière, afin de se faire tranquillement cent mille dollars. Quand Castigliano se rend compte du vol, il ne fait pas appel à la police. Il promet alors une forte somme d’argent au Plouc, afin que celui-ci rattrape Rocco et le ramène, ainsi que le camion et le précieux chargement. Une course-poursuite à travers le désert s’engage.

« Cent mille dollars au soleil« , c’est l’exemple typique du film qui offre un scénario dans ses grandes lignes assez simple, puisque le film ne s’avère être qu’une course-poursuite dans le désert entre deux hommes. Mais malgré cette simplicité, Henri Verneuil, aidé de Michel Audiard, livre un film en tout point génial et parfait.

« Cent mille dollars au soleil« , c’est donc une intrigue qui fonctionne génialement et offre toujours des moments savoureux à déguster. Sans temps mort, sans superflu, allant en permanence à l’essentiel, Henri Verneuil nous offre de grandes scènes de courses-poursuites à travers ces montages et ces plaines désertiques et arides. Le scénario est accompagné par un bagou signé Michel Audiard qui rend le film excessivement drôle. Punchlines incroyables, répliques vouées à devenir cultes à peine prononcées. Le scénariste ne se refuse rien, quitte à être politiquement incorrecte. Et c’est ça qui est trop bon, parfois sexiste, quelque peu misogyne, mais jamais vulgaire.

Le film construit parfaitement ses personnages et chacun d’entre eux s’avère nécessaire pour l’intrigue et demeure marquant tout simplement. Même le moindre second rôle est si bien écrit qu’il marque, on pense à Bernard Blier dans le rôle de Mitch-Mitch, qui fait des apparitions ressemblant à un gimmick ou encore Halibi, ce pauvre épicier qui va subir la colère de Lino Ventura, ou encore Anne-Marie Coffinet qui apparaît très peu et pourtant, elle marque. C’est là qu’on se rend compte du génie de l’écriture de Michel Audiard.

De plus, « Cent mille dollars au soleil« , c’est une réalisation incroyable. Une réalisation magnifique qui ne vieillit pas. Filmé avec virtuosité, chaque plan, chaque séquence est une leçon de cinéma. Quant à la photographie, elle est un chef-d’œuvre à elle seule. Bref, il n’a rien à jeter ici, c’est incroyable.

« Cent mille dollars au soleil« , c’est enfin un duo excellentissime. Mené par la « coolatitude » de Jean-Paul Belmondo et l’acharné Lino Venturo, les deux comédiens trouvent des personnages et une relation qu’on adore. Ils sont terribles, ils sont cools, ils se complètent et on a envie de les suivre n’importe où et n’importe quand. Aucun des deux ne vole la vedette à l’autre, c’est une leçon de réciprocité. D’ailleurs, ils sont si marquants et géniaux, qu’on ne peut imaginer personne d’autres dans les rôles.

Sans prise de tête, divertissant, aussi bien comédie que film d’aventure, « Cent mille dollars au soleil » est un film génial de bout en bout. Henri Verneuil démontre encore une fois l’immensité de son talent de metteur en scène. Michel Audiard démontre la virtuosité de sa plume et Belmondo, Ventura, mais aussi Blier et Kernan nous offrent une leçon d’acting.

Ce film est un bijou devant lequel on passe un grand moment de cinéma. Bref, encore un chef-d’œuvre pour Verneuil !

Note : 19/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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