Phobos T.03 – Victor Dixen

Auteur : Victor Dixen

Editeur : R – Jeunes Adultes

Genre : Dystopie

Résumé :

Six pionniers en apparence irréprochables.
Six jeunes terriens rongés par leurs secrets.
Six dossiers interdits, qui auraient dû le rester.

Ils incarnent l’avenir de l’humanité.
Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, L’émission de speed-dating la plus folle de l’histoire, Destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars. Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, Leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.
Ils dissimulent un lourd passé.
Le courage suffit-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs Sur les  » héros de l’espace  » ?
Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu’il ne soit trop tard.

Avis :

Le tome 3 de Phobos est le dernier de la trilogie et pourtant on aimerait en voir arriver d’autres rapidement pour pouvoir enfin avoir toutes les réponses aux multiples questions que l’on se pose. Victor Dixen n’a pas satisfait toutes les attentes du lecteur dans ce tome, même si celui-ci reste tout simplement le meilleur de la trilogie en termes d’actions, révélations, manipulations, crimes, politique, maturité et émotions. Est-ce un choix stratégique ? Cela veut-il dire que cette trilogie aura une suite un jour prochain ? Le mystère reste entier pour notre plus grand déplaisir.

Dans ce tome, on retrouve nos couples qui ont, de nouveau, un choix difficile à faire d’entrée de jeu. Marcus doit-il vivre ou mourir ? Après les révélations terribles de l’américain, Léonor a reçu comme un coup de poignard dans le dos. Tout son rêve d’idylle s’est brisé en quelques secondes et elle ne veut pas avoir à tuer celui qu’elle aime ni avoir sa mort sur la conscience. Les colons ont décidé de former un véritable tribunal et de juger l’accusé comme il se doit. Comme dans le tome précédent, le passage du jugement est entrecoupé à de multiples reprises mais, cette fois-ci, par des passages bien plus cruciaux encore. On continue de suivre Harmony et Andrew dans leurs péripéties pour protéger le secret qu’ils cherchent à dévoiler au moment le plus propice pour déstabiliser le système. On s’essouffle dans une course-poursuite prenante, menaçant sans cesse leurs vies et finissant par les séparer. Serena McBee et son partenaire sont plus efficaces que jamais, la popularité de la jeune femme lui offrant une place extrêmement convoitée à la tête du pays, rien que ça ! L’ennemie jurée se voit de plus en plus inatteignable et de plus en cruelle, prête à tous les sacrifices pour le pouvoir. Tout lui sourit et tous ses plans machiavéliques se portent à merveille, sans que le monde ne doute d’elle une seconde. Même certains colons, come Kris, se sont remis à idéaliser cette femme, au grand désespoir de Léonor qui, elle, n’a pas oublié tout le mal que Serena leur a fait.

Contrairement au choix du tome précédent dont la décision était courue d’avance, le jugement de Marcus renvoie un suspense réel et une intensité rare. Chaque prétendant a son mot à dire et ce qu’il décide en tant que sentence peut choquer, énerver ou attendrir. On remarque que ces mois passés à douter de leur vie et de leurs croyances les ont fait murir plus vite que prévu. De plus, certains colons dévoilent des faits qui étaient alors méconnus et qui sèment le trouble, notamment au sein de deux couples, qui vont finir par se séparer. L’amour éternel promis par le programme Genesis n’était qu’un leurre. La décision finale n’étonnera finalement pas, une fois celle-ci évoquée par Léonor. La première partie de ce roman est ainsi déstabilisante, jouant avec le feu, la mort et la justice, nous ramenant à nous questionner sur le choix que nous aurions fait nous-mêmes. Sommes-nous toujours humains si nous choisissons de condamner à mort un de nos compatriotes ?

Le rythme de ce roman se calque quelque peu sur le précédent. La première partie est longue et s’étale sur un court laps de temps. Une ellipse d’un an fait ensuite son apparition, prenant de court le lecteur. Les recherches du groupe face à la menace découverte à la fin du tome 1, n’avancent pas ; Léonor s’habitue petit à petit à sa nouvelle vie de célibataire du cosmos ; de nouveaux couples se créent ; la routine martienne se poursuit avec la construction des nouveaux habitats pour la future génération du programme Genesis ; et la promesse tenue par Serena à la fin du tome 2 concernant un possible retour sur Terre, continue son processus.

Les passages sur Mars en milieu de roman ne sont pas ainsi les plus passionnants du livre. Cependant, les parties se déroulant sur Terre sont tout simplement incroyables. Les intrigues secondaires apparaissent à foison ; Serena s’impose en politique et Harmony prend une place de plus en plus importante dans ce tome. D’insignifiante, transparente, elle finit par devenir quelqu’un d’à part entière dont les plans vont s’avérer ambitieux mais ingénieux. Ce qu’elle découvre par rapport à son lien avec Serena McBee va totalement la bouleverser et changer sa vision des évènements. Le parcours de cette jeune fille perdue devient ainsi tout aussi intéressant que l’évolution de Léonor sur Mars. Le personnage d’Andrew s’impose aussi et le lecteur s’attache à cette figure prenante et montante de la rébellion.

La fin du livre est faite de plusieurs rebondissements tous aussi magistraux les uns que les autres. La vie sur Mars n’est pas aussi tranquille qu’il y paraît : maladie incompréhensible et inexplicable, révélations étonnantes de certains colons, vie extraterrestre de nouveau mise en avant, fuites de la base, tempête géante martienne imminente et potentiellement liée à la menace qui pèse sur eux depuis le début, trahisons, morts, … Et la partie sur Terre n’en est pas moins éblouissante avec la montée en puissance de Serena, la politique internationale, notamment celle des chinois et des russes qui vient perturber le fonctionnement du programme Genesis, la politique des Etats-Unis qui domine le monde, les mouvements religieux pro-extraterrestres, les révélations d’Harmony faites aux téléspectateurs, les agissements des rebelles armés et prêts à mourir pour leur cause, et le chaos ambiant montant et frémissant dans tous les pays de la planète, sans exception.

Même si la fin est satisfaisante vis-à-vis de certaines intrigues, elle ne répond pas à toutes les questions que se pose le lecteur et n’aide pas à résoudre le problème majeur de la trilogie, dévoilé dans le tome 1. Le personnage de Léonor le dit elle-même à la toute fin : de nombreux mystères sont encore à résoudre. Est-ce un message subliminal ? On reste en tout cas sur notre faim, totalement éreinté par cette histoire incroyable qui nous a fait vivre des instants inoubliables et intenses, mais qui nous laisse un vide que rien ne peut combler. Pour le moment en tout cas…

Malgré le fait que ce livre soit le meilleur de la trilogie, la fin trop ouverte déçoit grandement.

Note : 13/20

Par Lildrille

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