Daft Punk – Random Access Memories

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Avis :

Depuis leur début en 1992, Daft Punk, c’est un peu le groupe électro pour les bobos parisiens qui a su rencontrer un public grâce à des choix musicaux assez mainstream et surtout un certain talent pour remettre au gout du jour des éléments du passé. Affichant une volonté très marquée de se démarquer de l’environnement parisien dès le premier album, Homework, avec Da Funk qui montre les errances d’un homme-chien handicapé ou encore de Around the World avec son clip réalisé par Michel Gondry, le duo va entrer dans la cour des grands grâce à un son électro et house dont les influences viendraient de la scène électro de Chicago. C’est avec leur deuxième album que le groupe va prendre une dérive vers quelque chose de plus pop et d’un peu moins électro. Avec Discovery qui sort en 2001, le groupe va surprendre tout le monde et les avis seront mitigés. Mais leur grande force, c’est d’allier une musique sucrée avec une imagerie rappelant une certaine culture, en faisant appel à Leiji Matsumoto, le créateur d’Albator. Le succès commercial est immense. En 2005, on sent déjà un petit déclin pour le duo, avec Human After All, qui est un album répétitif et peu engageant. Le groupe se dirige alors vers le cinéma avec la musique du film très moyen Tron l’Héritage. C’est le 21 mai 2013 que sort le quatrième album du duo, Random Access Memories, et la question que l’on se pose est : l’album est-il à la hauteur du groupe ? Allons voir cela de plus près.

Dès l’apparition du hit Get Lucky dans les charts, on voit vite où veut en venir le groupe. Un son électro acidulé, très proche du disco et de la funk des années 70/80, en y apportant si possible une touche de modernisme. Si le morceau reste assez plaisant, il ne casse pas des briques, la faute à une mélodie redondante, qui ne prend aucun risque et la présence insupportable de Pharrel Williams. Mais dans l’écoute générale de tout l’album, on se rend compte qu’aucune pièce ne se dégage de ce méandre de facilité et de sonorités vieillottes. En atteste les deux premiers morceaux, voulant faire dans le vintage, avec des sons disco sans originalité et très répétitifs qui ne font pas du tout décoller l’album. Et ce n’est pas en ajoutant une voix trafiquée en version robot qui rendra le truc plus moderne. Ainsi, Give Life Back to Music n’est ni dansant, ni galvanisant et entame de manière maladroite l’album. The Game of Love est encore pire, car elle enfonce le clou vers quelque chose de lénifiant et de déjà entendu. Mais le pire dans tout ça, c’est que ça pue le commercial à trois kilomètres et c’est vraiment dommage. Alors effectivement, d’autres morceaux se détachent du reste mais dans le mauvais sens du terme. Par exemple, Giorgio by Moroder est d’une inutilité crasse, avec une introduction qui dure trois plombes avec un gars qui raconte sa vie en anglais. Mais putain, on s’en fout, ce que l’on veut, c’est du son, de l’harmonie et quelque chose qui donne envie, ou de bouger ou de chanter. On pourra aussi zapper complètement Touch, sorte de morceau que n’aurait pas renié Stanley Kubrick pour son 2001 l’Odyssée de l’Espace avec son intro spatiale peu convaincante qui va virer par la suite vers un style Depeche Mode mais sous Prozac avec un type qui chante affreusement faux. Alors dans tout ça, est-ce que certains morceaux sont sympathiques ? Difficile à dire tellement ils sont perdus dans une masse gluante de morceau trop sucré, trop mou et n’apportant rien au genre. On ne peut même pas dire que l’album est intemporel car certains groupes électro de l’époque on fait beaucoup mieux (Kraftwerk par exemple). Alors il y a bien Instant Crush qui est sympathique ou encore Contact qui clôt l’album, mais c’est bien maigre face aux 11 autres pièces.

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Alors que peut-on dire au sujet de cet album ? Est-ce une nouvelle ligne directrice choisie par les deux compères ou bien est-ce un choix purement mercantile ? S’il faut trouver une qualité au skeud, c’est que le groupe garde un fil conducteur sur tout le long de l’album et s’y tient. Ainsi, la galette est cohérente avec l’univers exploré et avec les choix des deux compères. Doit-on aussi parler d’attente et de maintes réécoutes ? Encore une fois, le temps nous le dira et l’a déjà prouvé avec Discovery, qui s’est fait dépecer à sa sortie pour gagner en notoriété et en critique quelques temps plus tard. Quoiqu’il en soit, cet album déçoit à cause d’une trop grande répétitivité dans les mélodies et d’une absence totale de prise de risque.

Au final, Random Access Memory, le dernier album des Daft Punk est une énorme déception. Après les bijoux électro que nous ont sortis Kavinsky avec Outrun et C2C avec Tetra, Daft Punk rate le coche et se fait coiffer au poteau par des jeunes stars montantes. Mais après tout, ils sont bien au-delà de toutes ces considérations, ayant déjà fait leurs preuves auparavant. Il n’empêche que cet album ne passera pas à la postérité.

  1. Give Life Back to Music
  2. The Game of Love
  3. Giorgio by Moroder
  4. Within
  5. Instant Crush
  6. Lose Yourself to Dance
  7. Touch
  8. Get Lucky
  9. Beyond
  10. Motherboard
  11. Fragments of Time
  12. Doin’ It Right
  13. Contact

Note : 05/20

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Par AqME

cobra-original-1-290x290Note de Casey Slyback: 15/20 un trip électro/funk musicalement au poil !

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