Conan le Barbare

Titre Original : Conan the Barbarian

De : John Milius

Avec Arnold Schwarzenegger, James Earl Jones, Max Von Sydow, Sandahl Bergman

Année : 1982

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantasy

Résumé :

Encore enfant, Conan assiste impuissant au massacre de ses parents par le cruel Thulsa Doom, et est réduit en esclavage. Enchaîné à la roue de douleur, il y acquiert une musculature peu commune qui lui permet, adulte, de gagner sa liberté comme lutteur. Désireux d’assouvir sa soif de vengeance, il part accompagné de deux voleurs, Subotai et Valeria, à la recherche de Thulsa Doom…

Avis :

Le cinéma fantastique a énormément de mal à se construire un univers bien à lui, sans se fonder sur quelque chose de déjà préexistant. Il faut dire que la littérature donne une manne importante d’idées et l’envie d’exploiter certains univers et personnages est relativement fort, même si ce travail est très difficile. C’est un travail complexe car il faut rester fidèle aux livres, à l’idée que se fait l’auteur de son personnage, mais aussi et surtout aux fans inconditionnels qui se sont déjà faits une image de leur lecture. La fantasy ne fait pas exception à la règle et c’est certainement le milieu où il y a le plus de personnages emblématiques. Si les plus jeunes retiendront bien évidement Le Seigneur des Anneaux ou Bilbo le Hobbit, il ne faut pas oublier Conan le Cimmérien. Créé en 1932 par Robert E. Howard, Conan connaîtra une adaptation cinématographique cinquante ans plus tard par un certain John Milius. Le résultat sera détonnant et va faire d’une pierre deux coups, propulser Arnold Schwarzenegger au rang de star et mettre au goût du jour la fantasy.

La première chose qui frappe quand on regarde ce film, c’est le mutisme qui règne et la faculté de son réalisateur à faire passer des dialogues par les regards et les sensations que l’on éprouve. Dès le début, le film commence par un dialogue d’un père à son fils, puis rapidement le métrage dérive vers une violence graphique intéressante et intelligente, n’étant jamais gratuite ou fortuite. L’introduction est sans concession et John Milius ne cache pas son amour pour la violence graphique. Sauf que si la tripaille est de sortie et qu’une image très forte va directement frapper la rétine du spectateur avec un James Earl Jones magnétique, John Milius apporte une certaine poésie à cette barbarie. Les plans sont relativement bien choisis pour que l’on devine ce qu’il se passe sans pour autant avoir du frontal sans saveur.

Mais le réalisateur n’est pas dupe et il sait que Conan, c’est la sueur, le sang et le sexe. Ainsi, tout au long du parcours du guerrier, le cinéaste va jouer avec les codes et les libertés de l’univers. Conan vit, Conan tue, Conan fait l’amour et ce côté bestial est parfaitement tenu par un Arnold Schwarzenegger transcendé par ce rôle. Une animalité qui va être contrastée par une façon de faire assez intéressante, puisqu’une fois libéré, l’homme va réfléchir, discuter, évoluer vers une humanité prenante et intelligente. Plus doux même s’il se montre sans concession envers ses adversaires, sa quête de vengeance aura aussi un petit goût de rébellion envers une religion despotique et inhumaine. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le serpent symbolise tout le côté malsain du film, référence immédiate à la Bible et à la perfidie qu’inspire ce pauvre animal, tout comme le montre la crucifixion de Conan. Ainsi donc, Conan le Barbare se veut tout de même une réflexion sur la nature même de l’homme et sa différence envers l’animal, qui ne possède pas de conscience, comme le terrible Thulsa Doom, mais aussi un parcours initiatique christique sur un héros en devenir.

Le film joue énormément sur son visuel et sur sa réalisation. Il y a peu de paroles et chaque personnage est relativement mutique. John Milius réussit le tour de force de jouer sur un film presque muet, notamment grâce à la partition sans faute de Basil Pouledouris, mais aussi grâce au magnétisme incroyable de ses acteurs. Si Schwarzenegger connaîtra la gloire grâce à ce métrage, James Earl Jones est incroyable dans la peau de ce méchant au regard hypnotique. Sandahl Bergman est absolument sublime et les quelques mots qu’elle échange avec Conan sont restreints, mais emplis d’une sincérité bluffante, notamment au moment de sa mort, qui reste l’un des moments les plus oniriques du métrage. Un onirisme qui se retrouve dans pas mal de scènes, et même les plus cruels, comme lorsque Conan couche avec un esprit malfaisant ou encore lorsqu’il trouve le temple de Thulsa Doom. John Milius parfait son univers en lui donnant une teinte à la fois réaliste et fantaisiste, ce qui contribue grandement au succès mérité de ce métrage.

Œuvre séminale de la fantasy au cinéma, succès incroyable pour un film où la violence règne en maitre, Conan le Barbare fait partie de ces films inoubliables qui ont fait ce que le cinéma fantastique est aujourd’hui, une œuvre à part entière réunissant un pool de fans toujours grandissant. Doté d’une musique faramineuse, d’une réalisation au cordeau et surtout d’un scénario plus intelligent qu’il n’y parait, John Milius réalise alors une œuvre intemporel et inoubliable qui fera date dans le monde du septième art.

Note : 19/20

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Par AqME

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