mars 3, 2021

Stake Land

Stake-Land-Affiche

De : Jim Mickle

Avec Nick Damici, Connor Paolo, Michael Cerveris, Danielle Harris

Année : 2010

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

L’Amérique n’est plus qu’un chaos politique et économique depuis qu’une terrible épidémie s’y est propagée. Et pas des moindres, puisqu’il s’agit de vampirisme. C’est dans cet enfer sur terre que Martin, un adolescent, rencontre un chasseur de ces monstres aux dents pointues. Aidé de celui-ci et des rencontres qui jalonnent son périple, il se dirige vers le Canada, encore épargné par l’épidémie. Encore faudra-t-il pouvoir échapper aux buveurs de sang et aux fanatiques religieux…

Avis :

Les vampires, c’est comme les zombies, c’est à la mode et c’est mis un peu à n’importe quelle sauce. Il suffit pour cela de regarder rapidement les derniers films vampiriques sortis et c’est à se tirer une balle (de préférence d’argent et dans le cœur). Twilight a largement contribué à cette misérable descente aux enfers du monstre aux canines aiguisées, le rendant innocent et plus du tout ténébreux. Pour retrouver un vampire qui a la classe, il faut regarder Dracula de Coppola ou encore les prestations vintages de Christopher Lee dans les différentes productions de la Hammer. Mais au moins, le vampire en imposait et avait la classe. Mais maintenant, peut-on mélanger le vampire et le zombie en une seule et même bestiole ? C’est un peu le pari fou que ce lance Jim Mickle, réalisateur du pas si mal Mulberry Street. En effet, plutôt que de remettre une histoire de vampires et de chasseurs de vampires, il va mettre le vampire comme maladie infectieuse et le rendre comme un zombie, errant entre les villes de secours pour trouver de la pitance. Mais le film est-il bon pour autant ? Avons-nous une nouvelle surprise vampirique après le très bon Daybreakers ? Allons voir ça de plus près.

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Mais c’est une belle bebar que tu as là !

Le scénario du film est relativement simple et ressemble à un road movie apocalyptique. Les Etats-Unis sont dévastées par un virus, le vampirisme et quelques survivants essayent de rejoindre quelques villes forteresses qui se sont construites à la va-vite. Martin voit sa famille se faire buter par une créature et il se fait sauver par Mister, un chasseur connu dans tous le pays mais très énigmatique. Mister va donc prendre Martin sous son aile et lui apprendre les rudiments de base du combat pour tuer les vampires. Leur but est simple, rejoindre le Canada, qui semble être une terre promise encore épargnée par le virus. Mais malheureusement, le vampire n’est pas la seule menace, car une secte de fanatiques religieux s’est montée et compte bien utiliser les vampires pour régner sur le pays. Les dangers sont donc multiples pour nos héros. Mais Jim Mickle n’est pas un réalisateur à faire des films bêtes et méchants et il préfère dénoncer certaines choses plutôt que d’aligner un  survival classique. En effet, si le vampire est bien présent dans le métrage, il n’est qu’un prétexte pour présenter des personnages intéressants, des interactions humaines et, forcément, la méchanceté humaine et la bêtise de la religion. Ainsi, on ne voit que très peu de vampires, même si ces derniers sont relativement bien foutus et nerveux. On va voir que finalement, le monstre le plus dangereux pour nos héros, c’est bien l’homme et la religion.

Religion qui ne sert ici qu’à assouvir une soif de pouvoir et un nombre incalculable d’abus. Utilisant le syndrome du zombie pour démontrer les déviances de l’homme, Jim Mickle utilise la religion comme fer de lance pour monter les hommes les uns contre les autres et force est de constater que cela marche. D’ailleurs, c’est bien la religion qui pousse les hommes à se mettre sur la gueule depuis la nuit des temps. Allant encore plus loin dans son concept, le vampirisme est utilisé par les fanatiques pour tuer d’autres hommes ne se ralliant pas à leur cause, bombardant les villes secours de vampires en utilisant des hélicoptères. Jusqu’au boutiste au possible, le réalisateur tente même un pied de nez sur la fin, essayant efficacement de montrer que finalement, Dieu est la cause de cette maladie. Bien entendu, le film utilise certaines scènes assez crues, notamment lors de la mort de certains vampires, mais c’est dans des séquences de suggestion et contemplatives que le métrage révèle sa vraie force. Surement à cause d’un budget riquiqui, le réalisateur ne cherche pas à faire que du frontal, il va enrober son film d’une aura de calme et d’angoisse à l’aide d’une photographie exemplaire et d’une bande sonore formidable. En ce sens, le film peut sembler auteurisant et chiant, mais il n’en est rien, car chaque plan est minutieusement choisi et on ressent un vrai travail pour alterner des phases angoissantes et d’autres phases plus calmes pour découvrir les personnages.

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Prête à sucer !

Les personnages sont d’ailleurs très importants dans le métrage. A commencer par Mister, incarné par Nick Damici, co-scénariste du film, qui ressemble un petit peu à Mickey Rourke et qui contient une rage froide envers les vampires. On ne sera jamais pourquoi, mais on voit que c’et un homme loyal, plutôt taciturne, mais à l’amitié puissante. Il acquiert donc rapidement l’adhérence du spectateur. Connor Paolo, jouant Martin est très intéressant, de par son côté innocent et jeune premier, mais il joue très bien et demeure très attachant. On reconnaîtra sans peine la belle Danielle Harris, habituée à mourir où à se faire torturer dans les films qu’elle tourne (Halloween, Halloween 2 entre autres), mais la scream queen nouvelle génération demeure très touchante dans ce film et joue tout en sobriété. On aura d’ailleurs mal pour elle tout au long du film, puisqu’elle joue une jeune femme enceinte, espérant l’hypothétique éden au Canada pour son enfant. Enfin, on pourra applaudir la prestation du grand méchant incarné par Michael Cerveris et qui joue vraiment à merveille. Bluffant d’inhumanité, il sera très rapidement détesté par le spectateur. Les seconds rôles sont eux-aussi très bons et rentrent parfaitement dans cet aspect contemplatif, délétère du métrage, donnant une aura vraiment particulière au métrage

Au final, Stake Land est vraiment un excellent film d’horreur et de vampire. Prenant le vampire comme un zombie, comme un prétexte aux relations humaines et à montrer que l’humain est un loup pour l’homme, Jim Mickle donne un film à la croisée de La Route, The Walking Dead et 30 Jours de Nuit. Si le thème a déjà été vu des milliers de fois, il faut saluer ce film magnifique à la fin puissante, touchante et loin des standards hollywoodiens. Pour sûr, il s’agit de l’un des meilleurs films de vampires que j’ai pu voir.

Note : 17/20

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Par AqME

cobra-original-1-290x290Note de Casey Slyback: 14/20 petit post apo vampirique fauché et ingénieux

ServalNote de Serval: 12/20

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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