octobre 24, 2020

Phobos Origines – Victor Dixen

Auteur : Victor Dixen

Editeur : R – Jeunes Adultes

Genre : Dystopie

Résumé :

Six pionniers en apparence irréprochables.
Six jeunes terriens rongés par leurs secrets.
Six dossiers interdits, qui auraient dû le rester.

Ils incarnent l’avenir de l’humanité.
Six garçons doivent être sélectionnés pour le programme Genesis, L’émission de speed-dating la plus folle de l’histoire, Destinée à fonder la première colonie humaine sur Mars. Les élus seront choisis parmi des millions de candidats pour leurs compétences, Leur courage et, bien sûr, leur potentiel de séduction.
Ils dissimulent un lourd passé.
Le courage suffit-il pour partir en aller simple vers un monde inconnu ? La peur, la culpabilité ou la folie ne sont-elles pas plus puissantes encore ? Le programme Genesis a-t-il dit toute la vérité aux spectateurs Sur les  » héros de l’espace  » ?
Ils doivent faire le choix de leur vie, avant qu’il ne soit trop tard.

Avis :

Phobos Origines est un livre appartenant à la trilogie Phobos de Victor Dixen. Ce livre peut se lire de plusieurs manières : entre les tomes deux et trois, après le tome trois ou pendant le tome trois. Effectivement, le dernier tome fait souvent référence à Phobos Origines par des notes de bas de page. Dans la mécanique du dernier roman de la trilogie, les histoires de cet hors-série s’incrustent parfaitement comme étant des reportages sur les prétendants que seuls les membres premium peuvent visionner sur la chaîne Genesis. Ainsi, telle une chaîne cryptée, le reportage débute et les mots disparaissent petit à petit pour être remplacés par une suite de « ZZZZZZZZZZ », nous renvoyant à la note suivante : « Pour visionner le reportage sur [nom du prétendant] en clair, merci de vous brancher sur PHOBOS Origines ». Cette manière de nous inciter fortement à lire cet hors-série est réellement originale, même si elle pousse clairement à la consommation.

Cet hors-série est rapide à lire et est décomposé en six parties, une sur chaque prétendant. La trilogie s’appuie principalement sur le groupe de prétendantes, ce qui permet, grâce à ce livre, d’en apprendre un peu plus sur les différents garçons. Les parties ne sont pas égales en termes de volume et d’informations dévoilées.

Le livre commence par le personnage de Mozart, sur qui finalement peu de choses nous sont dévoilées et cela est bien dommage. Dans Phobos, ce prétendant est effectivement plutôt bien décrit et cet hors-série ne nous apporte rien de bien croustillant et rien de plus qu’une description de sa vie de membre d’un gang vendant la drogue à la mode, qui donne l’impression de ne plus être soumis à la gravité : le Zéro-G. Mozart doit ainsi cacher le fait qu’il veuille partir pour Mars, sous peine d’être tué, étant donné qu’il est l’esclave du gang. On assiste à ses démarches pour ameuter de nouveaux clients et ses mensonges lui feront faire quelque chose qu’il ne regrettera pas mais qui le mettra en grand danger. Il est tout de même étrange de la part du gang de l’avoir laissé filer pour l’espace sans lever le petit doigt. Une énigme demeure ici, sans aucun début de réponse. Un point de vue extérieur aurait été le bienvenu.

Les histoires de Tao et Samson sont plus intéressantes et permettent de mieux comprendre leurs personnalités. On rencontre des personnes très importantes dans la vie des deux prétendants, chacune ayant donné à l’un et à l’autre l’envie de partir sur Mars. D’un côté, pour Tao, on retrouve sa partenaire de cirque, et de l’autre, pour Samson, sa grand-mère. Dans la partie sur Tao, on est plongé dans les conditions difficiles du cirque, le business que cela représente et les souffrances que cela peut provoquer. Pour Samson, le lecteur est absorbé par les coutumes, traditions et croyances locales du Nigeria, entre stupidité, foi et pouvoir. Samson n’a jamais été profondément détaillé dans la trilogie et cet hors-série est un vrai plaisir de lecture le concernant et assouvit quelque peu la curiosité des fans.

L’histoire d’Alexeï est plus poignante et nous plonge dans une Russie chaotique, qui se cherche et où les groupes dits de gopniks, « racailles » en russe, se battent, n’hésitant pas à tuer pour le pouvoir et la restauration de la Russie d’antan. Cet hors-série montre un Alexeï dans tout ce qu’il y a de réel et de crédible ; sa forte personnalité et ses rêves de gloire, pour lui comme son pays, sont opposés à des douleurs familiales qui le mortifient et le rendent faibles. Le lecteur s’attachera ainsi davantage à ce prétendant, une fois son passé éclairci.

Le passage sur Kenji nous aide quelque peu à mieux le cerner mais tout juste. Enormément de mystères tournent encore autour de ce personnage et cet hors-série ne dévoile pas grand-chose. Cependant, on en apprend plus sur certains groupes religieux, surtout actifs dans le dernier tome de la trilogie.

Enfin, Marcus nous est montré sous un nouveau jour, un jeune homme avec beaucoup de rêves dans la tête vivant à la dure, dans la rue. On comprend mieux sa passion pour James Dean et cette époque florissante du cinéma et de la musique. De plus, on le voit faire la rencontre d’une jeune fille qui finira par se servir de lui d’une façon inattendue. La chute de cette histoire est plutôt étonnante, comme l’auteur sait le faire et cela nous permet de mieux comprendre certains passages de la trilogie qui ne semblaient pas très utiles jusque maintenant.

Les six histoires se recoupent très souvent, ce qui est habile et nous permet de voir une même scène sous plusieurs points de vue différents.

Certaines révélations sont utiles pour la compréhension de la trilogie initiale et font de ce livre un passage presque obligatoire pour le fan de Phobos. Cet hors-série nous fait nous attacher davantage aux prétendants et nous fait voir l’histoire sous plusieurs angles différents. Victor Dixen réussit ici un coup de maître, faisant de ce livre un quatrième tome déguisé et tout aussi intéressant et prenant que les autres. Peut-on espérer le même genre de livre mais sur les prétendantes cette fois-ci ?

Note : 15/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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