octobre 26, 2020

Pandemic

De : John Suits

Avec Rachel Nichols, Alfie Allen, Missi Pyle, Mekhi Phifer

Année : 2016

Pays : Etats-Unis

Genre : Action, Horreur

Résumé :

Un virus a infecté la majeure partie de la population. A Los Angeles, vous avez intégré un bataillon de survivants, scientifiques et combattants. Votre mission : stopper l’épidémie, combattre les infectés et secourir les survivants. Après avoir rassemblé des armes et des combinaisons de survie, vous partez caméra au casque affronter le chaos. Vous êtes le dernier espoir de l’Humanité, bonne chance !
Menez cette mission au cœur de l’action en mode FPS.

Avis :

Le septième art est un véritable laboratoire d’idées et de conception. Même si la plupart du temps les mises en scène restent classiques, on trouve quelques énergumènes pour inventer d’autres façons de faire, et c’est ainsi qu’est né le found-footage, à savoir la caméra à l’épaule et faire croire à un documentaire. Sauf que cela ne semble pas trop emballer les foules et plus récemment, certains réalisateurs ont eu l’idée de s’inspirer du jeu vidéo pour faire des films tournés à la première personne, comme sur un FPS (First Person Shooter). Et si Pandemic a eu tous les honneurs des pubs et autres news commerciales, il ne faut pas oublier que d’autres sont passés bien avant lui et de façon bien plus convaincante, comme Grace the Possession ou encore Hardcore Henry. Et c’est bien là tout le problème d’un nouveau concept de mise en scène, c’est que beaucoup de gens vont rentrer dans la brèche pour se tailler la part du lion et les résultats seront au mieux moyens, au pire, médiocres. Ce qui est le cas avec Pandemic.

Avoir une idée originale de mise en scène s’apparente à un concept sauf que l’on ne fait pas un film avec un simple concept, qui plus est lorsqu’il a déjà été utilisé. Pour faire un bon film, il faut bien évidemment un scénario solide. Ce qui est totalement absent du film de John Suits. En premier lieu, on retrouve un sujet déjà vu un milliard de fois, à savoir un virus qui transforme les gens en enragés et une équipe doit intervenir pour sauver des survivants. Armés de casques avec une caméra, on va suivre une équipe où tout un chacun possède une idée bien en tête, à savoir retrouver ses proches et non pas faire au mieux la mission donnée. On retrouvera les sempiternelles aventures de ce genre, à savoir des attaques de bus, des courses-poursuites et un monstre étrange dans un lieu sombre et clos. Pandemic n’invente rien et pire, pique à droite et à gauche pour tenter d’avoir une identité propre, ce qui n’est clairement pas le cas. On voit la référence à Rec avec le monstre tout malingre, mais aussi à 28 Semaines Plus Tard ou encore à n’importe quel film de zombie avec une petite fille à aller sauver.

Le spectateur rompu à ce genre de spectacle ne sera pas dépaysé, mais il sera bien embêté devant tant de bêtise et d’égos démesurés. Il faut dire qu’en plus d’une histoire rocambolesque, les personnages sont tous, absolument tous, détestables. Que ce soit Rachel Nichols et son obsession de retrouver sa fille, l’autre nana du groupe qui ne sert à rien ou encore Alfie Allen qui fait le connard de base et le black qui est torturé par la perte d’un être cher, tout ce petit monde n’échappe pas aux clichés du genre et forme une équipe que l’on va détester d’entrée de jeu. On ne craint pas pour eux car on ne les aime pas, ce qui est un échec total dans un film d’angoisse. D’autant plus que tout tourne autour d’eux et que certains dialogues sont très longs et ne servent pas à grand-chose. Pour appuyer l’idiotie de l’histoire, la fin est totalement débile et se révèle fortement déplaisante, voire incohérente.

Mais le pire dans tout ça vient de la fausse bonne idée du film, la caméra à la première personne. Si Grace the Possession ou Hardcore Henry avaient poussé le bouchon très loin dans le délire, ne prônant qu’un seul et unique point de vue, ce ne sera pas le cas de Pandemic. Comme chaque personnage a un casque avec une caméra, John Suits va alors alterner les prises de vue de chaque protagoniste afin de dynamiser sa mise en scène. Le problème, c’est qu’en faisant ainsi, il a plutôt dynamité la réalisation. C’est bien simple, c’est illisible et d’un désintérêt total. Ça bouge dans tous les sens, les actions sont illisibles, c’est complètement frénétique, tant et si bien que l’on ne comprend pas du tout ce qu’il se passe à l’écran. D’autant plus que le réalisateur choisit par moments des plans qui ne sont pas intéressants et ne servent clairement à rien. Le procédé est absolument vomitif et prouve qu’il est complètement incompatible avec certaines scènes, surtout si elles ne sont pas inspirées.

Enfin, le film ne se positionne jamais sur la maladie qui ronge le monde. Plusieurs stades sont observés mais à la fin, il semblerait que les malades soient toujours conscient de leur état et qu’ils sont juste motivés par une hyper violence. Une violence tout de même canalisée, en atteste le premier piège dans lequel tombe l’équipe, qui est guet-apens orchestré par des malades. Sauf que le début du film les présente comme des êtres enragés et bestiaux. Il y a une réelle incohérence au sein du sujet même et on a l’impression que le réalisateur ne sait pas où il va lui aussi.

Au final, Pandemic est une purge. Procédant à la première personne pour faire le buzz et se vendre grâce à la curiosité des gens, le film de John Suits est une belle arnaque dans lequel il ne se passe pas grand-chose et surtout dans lequel on ne voit absolument rien tant tout bouge dans tous les sens. Il en résulte un film pauvre scénaristiquement, mais aussi dans sa mise en scène qui risque de retourner plus d’un estomac. Bref, un très mauvais film qui tient plus de la note d’intention que d’une véritable œuvre.

Note : 03/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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