octobre 26, 2020

Psychose IV – L’Origine

Titre Original : Psycho IV : The Beginning

De: Mick Garris

Avec Anthony Perkins, Olivia Hussey, Henry Thomas, CCh Pounder

Année: 1990

Pays: Etats-Unis

Genre: Thriller, Horreur

Résumé :

Norman Bates, apparemment réhabilité, participe à une émission de radio, tard la nuit. L’animateur l’encourage à partager ses opinions sur le parricide notamment. Norman Bates va « se raconter » : comment vivre auprès d’une mère veuve schizophrène quand on est encore qu’un jeune garçon. Cela va-t-il raviver ses instincts de meurtre?

Avis :

Alors qu’en 1960, Alfred Hitchcock posait les bases de ce qui deviendrait plus tard le slasher, personne n’aurait pu croire que trente ans plus tard, un quatrième film sur Norman Bates verrait le jour. Il faut dire que faire une suite à un film d’Hitchcock, alors considéré comme un chef d’œuvre, est un pari complètement fou et pourtant, Richard Franklin se frotte au monstre et il livre, à défaut d’un autre chef d’œuvre, un film honnête et sympathique. Racontant la vengeance de la famille de Marion Crane, montant le bourrichon à Norman Bates, le film avait le mérite de livrer quelque chose de satisfaisant en matière de respect. Quelques années plus tard, c’est Anthony Perkins qui se place devant et derrière la caméra pour un troisième épisode qui remet Norman Bates face à ses troubles à cause d’une femme en détresse qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Marion Crane. Là aussi, le film se révèle honnête et intéressant malgré quelques défauts de rythme. Que restait-il à raconter sur le personnage ?

C’est Mick Garris qui viendra à la rescousse au début des années 90 pour fournir un quatrième épisode qui sera entre la préquelle et la suite. Procédé qui aujourd’hui fait des émules, la préquelle est bien souvent une fausse bonne idée et ce film n’échappera pas à cette règle canonique. Voulant raconter comment Norman Bates est devenu le monstre que l’on connait, le film va jouer la carte du flashback avec un personnage visiblement réhabilité et qui est marié à une psychanalyste. Il participe alors à une émission radio qui parle de matricide et il explique sa jeunesse et comment il va de nouveau tuer incessamment sous peu. Alternant alors les plans entre joutes verbales téléphoniques et les souvenirs du tueur pour marquer au fer rouge ses origines, le film fait le pari de dynamiser tout ça en proposant des moments violents avec de la parlotte. Malheureusement, cela ne fonctionnera qu’à moitié.

Il faut dire que les passages au téléphone sont relativement pénibles même s’ils relèvent du thriller psychologique. Ces moments permettent à Norman de se remémorer le passé et donc de donner des plans de sa jeunesse. Cependant, ces coupures incessantes marquent une rythmique très scandée et n’empêchent pas l’ennui de s’insinuer en nous. Déjà parce que l’on sait que Norman fut plus ou moins martyrisé par sa mère, mais aussi parce que Mick Garris n’arrive pas à rendre la chose très intéressante. On aura un semblant d’enquête, une animatrice impliquée en la présence de CCH Pounder, mais globalement, ce n’est pas la panacée et les différentes thématiques abordées ne sont pas très judicieuses. Entre le harcèlement moral et la psychologie défaillante de sa mère, Norman Bates a de quoi devenir fou, mais de là à devenir un tueur, il n’y a qu’un pas. D’autant plus qu’au niveau chronologique, on retrouvera certains problèmes et le film se perdra à plusieurs moments, oscillant entre des moments qui se passent plus tard et d’autres plus tôt, embrouillant inutilement la chronologie et le spectateur.

Néanmoins, on ne peut pas dire que le film soit mauvais. Le réalisateur trouve de bonnes idées pour alterner les plans et la séquence finale, avec les fantômes du passé de Bates, est plutôt intéressante et intelligente. On retrouve aussi quelques fulgurances gores lors des meurtres, même s’il n’y a rien de bien méchant. On se posera même la question lors du premier meurtre sur la façon dont Bates plante le couteau, choisissant l’épaule plutôt que le cœur ou le visage. En fait, le principal souci qu’il y a dans les phases de la jeunesse de Bates, c’est que temporellement, il y a un gros décalage entre l’époque et les décors. Car hormis les voitures, les personnages ainsi que le mobilier ne semblent pas provenir des années 40/50 et on sent qu’il y a eu un manque sévère de budget pour réaliser le film. Et même en noir et blanc, ce qui accentue parfois la patine d’un film, ne changerait rien tant l’ensemble acteur/décor/réalisation ne correspond pas à l’époque. Et de là découle aussi le jeu des acteurs qui est plutôt approximatif. Henry Thomas, le jeune garçon de E.T. est relativement sympathique, mais sert un jeu plutôt monolithique et sans grand intérêt. Le pire viendra d’Olivia Hussey, qui sous ses charmes non négligeables, surjoue à mort pour jouer la folle de service et n’arrive jamais à convaincre. On est loin de Vera Farmiga dans Bates Motel, qui se révèle plus insidieuse et sournoise.

Enfin, le film ne passionne pas pour la bonne et simple raison que les enjeux sont déjà connus et que la fin n’est pas une réelle surprise en soi. Si les quelques moments de folie de sa mère sont de bonnes trouvailles, bien que parfois capillotractées, on sait qu’au final, il va la buter et que cela va le hanter pour toujours. De ce fait, Mick Garris décide d’aborder un nouveau segment avec une histoire d’amour et de femme enceinte lors de son dernier tiers et cela peine réellement à convaincre. Si la séquence finale est plaisante, on restera de marbre sur le passage un peu plus lugubre juste avant, dans lequel Mick Garris n’arrive pas à créer de la tension, à faire peur pour ses personnages. Pourquoi ? Parce que la femme de Bates est présentée cinq minutes durant tout le film et que l’on ne peut pas craindre pour elle car on n’y est pas attaché. Et bien évidemment, cela fonctionne sur la fin avec Bates parce que c’est le personnage central du métrage, et que depuis près de trente années, on s’est attaché à ce personnage torturé, on ressent un profond attachement pour lui.

Au final, Psychose IV est certainement le film le moins bon de la franchise. Non pas que ce soit une purge ou qu’il soit infidèle à l’univers instaurer par Hitchcock, mais on ne peut s’empêcher de voir là-dedans comme un dernier film pour faire de l’argent sur une licence. Les enjeux dramatiques sont amoindris, le rythme est assez lénifiant et finalement, les séquences dans le passé ne sont pas assez marquées. Il en résulte un film en demi-teinte, pas très intéressant et souvent ennuyeux.

Note : 08/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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