Rob Zombie – The Electric Warlock Acid Witch Satanic Orgy Celebration Dispenser

Avis :

Rares sont les artistes à être aussi éclectique que Rob Zombie. Fondateur d’un groupe de métal White Zombie à la fin des années 80, il connaîtra le succès grâce à des titres comme Thunder Kiss ’65 et fera six albums studio avec cette formation avant d’entamer une carrière solo, accompagné de John 5 à la guitare, Piggy D. à la basse et Ginger Fish à la batterie. Mais ce n’est tout puisque le musicien va aussi devenir scénariste de comics et se lancer dans le cinéma à tendance horrifique, se faisant connaître dès son premier métrage, La Maison des 1000 Morts et confirmant son talent avec The Devil’s Rejects. Ce touche à tout semble avoir des doigts en or et sa notoriété va grandissante jusque dans les années 2010. Cependant, il semblerait que depuis peu, le rockeur soit en manque d’inspiration, comme en atteste son dernier film, 31, accueilli très froidement pas la critique. C’est donc dans la musique qu’il va se retrouver et exploiter de nouveau son univers résolument punk, coloré et pourtant si sombre. The Electric Warlock Acid Witch Satanic Orgy Celebration Dispenser est le sixième album studio de l’artiste et si l’on retrouve quelques scories propres à l’homme, à savoir un besoin brutal d’aller à l’essentiel et de ne pas s’emmerder avec de quelconques compositions complexes, ce skeud recèle quelques petites pépites fort agréables dont seul Rob Zombie a le secret.

L’album commence avec un petit morceau qui ne dépasse pas les deux minutes. The Last of the Demons Defeated fait office d’introduction qui résume à elle seule l’ensemble de l’imaginaire de l’artiste. Démarrant avec une petite sonorité démoniaque avant de lâcher les guitares lourdes et de proposer un break fait de gémissement de femmes qui oscille entre le plaisir et la douleur, Rob Zombie rentre dans le vif du sujet et propose vraiment quelque chose de brutal, de vif, tout en exploitant son univers si particulier. Et si dans son ensemble on peut croire que cet album est une esbroufe faite à la va-vite, c’est complètement faux. Certes, le skeud peine à dépasser la demi-heure d’écoute et chaque titre, hormis le dernier, ne dépasse jamais les trois minutes, mais c’est tout simplement parce que Rob Zombie est un mec instinctif qui préfère des riffs et des rythmiques efficaces que des titres qui se rallongent inutilement. D’ailleurs, il ne ment pas sur la marchandise, exploitant toujours son univers et accentuant ses rythmiques lourdes avec des moments qui rentrent immédiatement en tête. Il suffit pour cela d’écouter The Hideous Exhibitions of a Dedicated Gore Whore qui possède un rythme indécent avec un clavier qui rentre immédiatement en tête pour ne plus jamais nous lâcher. D’autant plus que pour ce titre, on dirait clairement du punk hardcore agrémenté d’une dimension technique plus intéressante. Il y aura la même chose avec Get your Boots On ! That’s the End of Rock and Roll, un morceau ultra efficace qui est taillé pour la scène.

D’ailleurs, tout l’album semble être fait pour des présentations scéniques vivantes impressionnantes. Pourquoi ? Parce que cet album, malgré sa courte durée, est d’une énergie débordante et montre que l’artiste, du haut de ses 52 ans, est toujours en très grande forme. Difficile de faire la fine bouche devant le truculent Satanic Cyanide ! The Killer Rocks On ! et son univers complètement barré, bourré de références au cinéma mais aussi à la musique, trouvant un juste équilibre entre rock et métal. Il en va de même avec le tube Well, Everybody’s Fucking in an UFO, définitivement groovy et qui donne immédiatement envie de headbanger aux riffs agressifs de John 5. C’est puissant, mais c’est aussi propre à son créateur et son ensemble fonctionne à merveille. Et pour ceux qui doutaient encore de ma capacité de Rob Zombie à fournir des pièces plus longues et plus denses en termes de structure, il suffit d’écouter Wurdalak, le morceau qui clôture l’album et qui dure un peu plus de 5 minutes. Alors certes, on pourra pester sur certains titres qui résonnent comme des bouche-trous à l’image de A Hearse That Overturns With the Coffin Bursting Open ou encore Super-Doom-Hex-Gloom Part One, qui sont des titres interludes et qui n’ont que peu d’intérêt, mais finalement, c’est aussi ça Rob Zombie, un univers étrange, parsemé de moments sonores sans but mais vivant et créant un certain malaise.

Au final, le sixième album de Rob Zombie (le titre est bien trop long pour le réécrire) est un excellent album mais qui laissera plusieurs personnes sur le carreau. Et pour cause, le skeud est très court et les chansons sont relativement binaires, n’exploitant jamais vraiment les talents des différents musiciens. Cependant, on se retrouve face à un skeud nerveux, fait sur le vif, presque écorché et qui exploite de façon optimale l’univers si spécial de Rob Zombie. Bref, un album très intéressant, taillé pour la scène, qui pêche par sa courte durée, mais qui résonne comme un vrai travail de Rob Zombie.

  1. The Last of the Demons Defeated
  2. Satanic Cyanide! The Killer Rocks On!
  3. The Life and Times of a Teenage Rock God
  4. Well, Everybody’s Fucking in an UFO
  5. A Hearse That Overturns With the Coffin Bursting Open
  6. The Hideous Exhibitions of a Dedicated Gore Whore
  7. Medication for the Melancholy
  8. In the Age of the Consegrated Vampire We All Get High
  9. Super-Doom-Hex-Gloom Part One
  10. In the Bone Pile
  11. Get your Boots On ! That’s the End of Rock and Roll
  12. Wurdalak

Note: 17/20

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Par AqME

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