octobre 28, 2020

Inbred

De : Alex Chandon

Avec Jo Hartley, Seamus O’Neill, James Doherty, James Burrows

Année: 2011

Pays: Angleterre

Genre: Horreur

Résumé :

Une bande de jeunes vient passer le week-end dans le village isolé de Morlake, situé dans le Yorkshire. Un incident mineur avec les habitants provoque une escalade dans la violence, dégénérant en véritable bain de sang…

Avis :

Chaque film d’horreur contemporain possède en son sein des références issues de films passés. Si certains s’en sortent mieux que d’autres pour digérer les inférences fanatiques, prouvant que l’on peut quand même faire du neuf avec du vieux, d’autres préfèrent resucer les idées, essayant de s’octroyer une nouveauté auprès des jeunes générations. Malheureusement, le film d’horreur agite un vivier incommensurable de fans de tous bords et de tous âges que lorsque l’on fait de la redite en parlant de nouveauté, on se fait rapidement rappeler à l’ordre. Inbred est un cas un peu particulier parce que c’est un film de festival, parce qu’il n’a rien coûté en termes de budget et parce que dans le fond, malgré sa médiocrité, il ne fait rien d’autre que de la redite de façon honnête, sans jamais s’en cacher et sans jamais prôner une quelconque nouveauté. Visiblement inspiré de 2000 Maniacs de Herschell Gordon Lewis et de sa suite 2001 Maniacs, Inbred est la version anglaise des rednecks cannibales qui ont grave la dalle.

On ne va pas se mentir, le début du film est relativement laborieux. Comme tout film se targuant d’un budget minimaliste, Inbred commence avec un passage gore issu d’un film vu sur un téléphone portable. Sorte de mise en abîme laissant présager le pire pour la suite, c’est aussi un moyen pour le réalisateur de présenter ses personnages, du moins les gentils, qui ne le sont pas tant que ça. En effet, le film propose de suivre un groupe de quatre jeunes à problèmes, encadrés par deux animateurs qui leur proposent un weekend dans un cottage au nord de l’Irlande. Entre la fille muette, le pyromane compulsif et les deux racailles, le film n’hésite pas à rentrer dans les clichés du jeune des villes qui va se foutre de la gueule des campagnards. Si certains sont immédiatement détestables comme Dwight, d’autres seront plus attachants comme Tim ou encore l’animatrice qui accompagne le groupe et qui est prête à faire des concessions pour aider ces jeunes. Seulement, cette présentation sommaire ne sort jamais des rangs et demeure bien sage, n’arrivant jamais à nous faire détester l’un ou l’autre et n’arrivant pas non à changer notre vision des choses lorsque les choses dérapent.

En fait, le principal problème d’Inbred, c’est son incapacité à renouveler ses références issues de films comme 2000 Maniacs ou La Colline a des Yeux, avec ce qu’il faut de consanguins pour parfaire un tableau gore et dérangeant. Les méchants ont tous des faciès de malades mentaux et il semble difficilement concevable que personne au sein de l’Irlande n’ait eu vent de cette communauté de cannibales monstrueuse. Mais le problème vient aussi du manque de charisme des méchants. Comme à l’accoutumée, le plus normal de tous est le chef de la bourgade et celui qui dirige les opérations. Véritable taré sans état d’âme, il deviendra un réel monstre lorsque le spectacle campagnard commencera dans un déluge gore et malsain. Parmi les autres freaks, difficile de réellement une opinion car tout un chacun se ressemble et il n’y a pas vraiment de méchants qui ressort. On pourra rire devant l’homme au furet ou encore être dégouté par ce jeune qui se trimballe avec une carotte et se touche constamment la nouille, mais le fait est que les méchants ne sont pas vraiment intéressants. Et quand on foire les méchants, le film a bien du mal à convaincre.

Fort heureusement, Inbred se rattrape largement sur le côté gore et c’est même une surprise. Non pas que l’on ne s’y attende pas, mais c’est surtout que ça arrive assez rapidement et de façon impromptue. C’est-à-dire que la première mise à mort est directe, devant tous les protagonistes qui se retrouvent autant surpris que le spectateur. Le film n’est vraiment pas avare en hémoglobine et n’hésite à tout mettre en frontal afin d’appuyer son côté crade et redneck. On comprend aisément que les méchants sont d’affreux cannibales à faire d’en faire des caisses, mais ce qui renforce le plus la folie, c’est la violence des meurtres et des mises à mort, comme la machine à merde, qui consiste à remplir le corps d’un jeune jusqu’à l’explosion. Le passage est résolument et le cinéaste n’hésite pas à tout montrer. Le plus étonnant, c’est que ces effets sont relativement bien faits et que l’ensemble reste artisanal. Il n’y a pas de déluge numérique et cela montre toute l’honnêteté de l’entreprise du réalisateur qui rend honneur à ses aînés. Honneurs qui vont jusqu’à la référence, comme ce type très imposant qui danse avec une tronçonneuse et qui fait immédiatement référence au film de Tobe Hooper. On aura même droit à une scène complètement « WTF » où un redneck pris entre deux feux va se faire découper en deux.

Au final, Inbred n’est pas un grand film et il cache même un message un peu douteux sur son fond, à savoir ne vaut-il pas mieux se débarrasser de nos jeunes délinquants plutôt que de les réinsérer. Mais ce serait là chercher la petit bête dans un film qui n’a pas de cerveau et qui ne veut qu’une chose, divertir le spectateur avec du sirop de framboises et des punchlines débiles. A ce petit jeu, Inbred se révèle un plaisir coupable stupide, gore et gras qui fait le taf malgré l’absence flagrante de scénario. Mais est-ce vraiment ce que l’on cherche quand on regarde ce genre de métrage ?

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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