février 25, 2021

Phobos T.01 – Victor Dixen

Auteur : Victor Dixen

Editeur : R – Jeunes Adultes

Genre : Dystopie

Résumé :

SIX PRÉTENDANTES. SIX PRÉTENDANTS. SIX MINUTES POUR SE RENCONTRER. L’ÉTERNITÉ POUR S’AIMER.

ILS VEULENT MARQUER L’HISTOIRE AVEC UN GRAND H.
Ils sont six filles et six garçons, dans les deux compartiments séparés d’un même vaisseau spatial. Ils ont six minutes chaque semaine pour se séduire et se choisir, sous l’œil des caméras embarquées. Ils sont les prétendants du programme Genesis, l’émission de speed-dating la plus folle de l’Histoire, destinée à créer la première colonie humaine sur Mars.

ELLE VEUT TROUVER L’AMOUR AVEC UN GRAND A.
Léonor, orpheline de dix-huit ans, est l’une des six élues. Elle a signé pour la gloire. Elle a signé pour l’amour. Elle a signé pour un aller sans retour…

MÊME SI LE RÊVE VIRE AU CAUCHEMAR, IL EST TROP TARD POUR REGRETTER.

Avis :

Phobos, dieu de la mort, mystère du cosmos, satellite de la planète Mars, et premier tome de la trilogie de Victor Dixen. Dans un futur pas si éloigné du nôtre, où la technologie est telle que les communications via des rayons laser sillonnant l’espace marchent à la perfection, le voyage Terre-Mars est le rêve de l’humanité, et la colonisation de la planète rouge est sur toutes les lèvres. L’engouement pour les missions spatiales est revenu à la hausse depuis le rachat de la NASA par le groupe Atlas, faisant de cette entreprise monumentale qu’est la conquête de l’espace, une affaire privée, un engrenage qui n’a jamais rapporté autant d’argent à ceux qui n’en avaient déjà plus besoin.

Le programme Genesis, un programme de télé-réalité, a vu haut et loin : choisir six filles et six garçons, les faire s’aimer, les marier et les faire vivre sur Mars, développant une nouvelle colonie humaine aimante et soudée face aux caprices du vide intersidéral, et les filmant quasiment 24h/24h. Quoi de mieux que de choisir douze paumés, douze personnes qui n’ont plus rien à perdre et qui souhaitent se créer une nouvelle vie, loin de la Terre, loin de la planète qui les a rendus si malheureux et détestés de ceux qui les entourent ? Chaque prétendant détient des secrets, des défauts et des angoisses qui ne demandent qu’à remonter. Préparés pendant un an à un poste bien précis, ils seront fin prêts à embarquer à bord du Cupido, le vaisseau qui les mènera jusqu’à l’orbite de Phobos, à partir duquel, via des capsules, ils descendront sur Mars.

Kirsten, l’allemande, rêveuse, plongée dans ses romans d’histoire d’amour, Léonor, la française, celle qui raconte cette histoire et la jeune fille rousse en couverture, celle que l’on surnomme la Machine à Certitudes et que rien n’ébranle, Fangfang, la singapourienne, l’intellectuelle du groupe, la rationnelle et la pragmatique, Elizabeth, l’anglaise, la danseuse et celle qui ferait tout pour arriver à ses fins, Kelly, la canadienne, celle au caractère bien trempé, et Safia, l’indienne, sage et sereine. Parmi les garçons choisis on compte : Marcus, l’américain, Alexeï, le russe, Kenji, le japonais, Samson, le nigérian, Tao, le chinois et Mozart, le brésilien. Même si le livre s’intéresse à l’ensemble des personnages, le fait de voir l’histoire à travers les yeux de Léonor, nous rapproche davantage du groupe féminin que du groupe masculin. Ces deux groupes ne vivent en effet pas ensemble et ne se voient jamais, ou presque.

Chaque jour, et jusqu’à leur arrivée sur Mars, deux jeunes prétendants auront l’opportunité de se parler pendant exactement six minutes chaque jour. Six minutes pour se découvrir et pour s’aimer. Chaque personne vivra ce moment à sa façon, essayant de trouver celle ou celui avec qui elle passera le restant de ses jours.  Selon les personnalités des prétendants, le lecteur aura l’impression d’assister à une scène d’amour tragique, gnian-gnian ou clairement à l’eau de rose. Appréciables ou non selon le ressenti des lecteurs, ces passages sont de courtes durées et permettent de découvrir les différents personnages en profondeur, certains dévoilant leur passé douloureux et d’autres laissant parler leur personnalité haute en couleur. Certains prétendants ne paraissent pas encore tout à fait mûrs et pour cause : la plupart ont eu une enfance volée, malheureuse et dramatique. Agés de 17 à 18 ans, la majorité n’a pas fait d’eux des adultes sûrs d’eux et moins naïfs.

Mais leur confiance dans cette aventure, dans cette nouvelle vie promise, dans ce nouveau départ, va vite être brisée en éclats. Le programme Genesis était truqué dès le départ. La naïveté se transforme en rage, en désespoir et en déprime. Quel est ce terrible secret qui menace leur vie ? Le lecteur le découvre finalement assez vite, l’auteur dévoilant rapidement ses cartes en stoppant la narration de Léonor et en passant par un point de vue totalement différent, plus neutre, nous permettant de voir le monde à travers les yeux des gérants du programme et d’assister à leurs exactions en tout genre. Ce changement de position donne plus d’ampleur au récit mais ne laisse aucun réel suspens, étant donné que le secret est dévoilé. Cependant, même si le secret est connu des lecteurs, les prétendants n’en ont, quant à eux aucune idée. La majeure partie de l’intrigue est ainsi basée sur les histoires d’amour et d’amitié des prétendants, ce qui peut ne pas être au goût de tout le monde. Sur la fin, le ton change radicalement quand le secret est découvert par les prétendants. Que vont-ils décider, comment vont-ils réagir ?

Le personnage de Léonor est central et intéressant. On sent l’âme d’un leader chez elle, même si elle ne s’en rend pas encore compte. Ebranlée par ses sentiments, son passé brûlant et sa mystérieuse Salamandre, et par ce qu’elle découvre, ce sera sa voix que les autres finiront par suivre. Son évolution suite à sa rencontre avec les prétendants et ses découvertes sur le programme, vont la transformer et la rendre plus forte. On se plaît à suivre ses pensées, ses doutes, ses peurs et à la voir rebondir pour mieux appréhender la situation et décider de ce qui est meilleur pour eux tous. Le tome 2 laisse présager moins de débats et combats amoureux pour se concentrer sur une vraie course-poursuite pour la survie, avec du suspens, de la vengeance et de l’énergie à la clé. Ce premier tome a fait tomber les barrières, a fait se briser les rêves pour mieux démarrer le processus de cette trilogie dystopique.

Le côté adverse est bien tenu entre les mains de Serena McBee, une méchante comme on aime en voir, sans cœur et sans pitié, prête à tout pour récupérer le maximum de bénéfices. Les quelques scènes en sa présence permettent de découvrir le personnage, ses plans et ses réelles motivations. Son côté cruel est bien mis en scène par l’auteur qui ne s’embarrasse jamais de fioritures et qui nous emmène dans un autre monde dans lequel il est compliqué d’en sortir sans aucune émotion. Le récit nous happe complètement, même si le suspens paraît moindre pendant une bonne partie du récit. On ne peut quand même s’empêcher de vouloir connaître le fin mot de l’histoire et de voir Léonor grandir et devenir cette figure, héroïne sans le vouloir mais héroïne quand même.

D’autres personnages secondaires font petit à petit leur apparition et finissent par prendre une place intégrante au récit, une place que l’on ne voit pas venir tout de suite. Ces personnages sont introduits par une narration différente étant donné qu’ils sont sur Terre. Tous ces changements de narration ont vraiment été bien trouvés : on a le point de vue de Léonor, à la première personne pour mieux s’imprégner de ce qu’elle vit, on a un point de vue externe se focalisant sur Serena McBee et ses sbires, on a le point de vue externe des personnage secondaires mais aussi le point de vue de l’émission, c’est-à-dire que l’on a l’impression d’assister, de temps en temps, à cette émission de télé-réalité, comme un humain lambda dans le livre. Chaque passage a ses intérêts et on ne s’ennuie pas.

Même si Léonor est la narratrice, on découvre tous les autres prétendants et chacun est plus ou moins bien développé, en tout cas suffisamment pour que l’on s’y attache, que l’on comprenne son passé et ses motivations. Certains garçons sont tout de même moins détaillés, comme c’est le cas pour Samson.

De plus, le récit est parsemé de dessins, reproductions des écrans diffusant la retransmission de la vie des prétendants et expliquant les technologies employées pour une virée dans l’espace sans dégâts. Enfin, de nombreuses explications scientifiques parsèment ce livre, le rendant plus crédible encore et totalement en phase avec l’actualité. Un plaisir de lecture qui nous donne envie de vite savoir la suite !

Note : 16/20

Par Lildrille

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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