octobre 28, 2020

Underworld – Nouvelle Ere

Titre Original : Underworld – Awakening

De : Mans Marlind et Björn Stein

Avec Kate Beckinsale, Theo James, Stephen Rea, Charles Dance

Année : 2012

Pays : Etats-Unis

Genre : Fantastique

Résumé :

Depuis des siècles Lycans et Vampires se livrent une bataille sans merci. Mais les deux races sont à l’aube d’une ère nouvelle car les humains, qui ont récemment découvert leur existence, décident de cesser leurs conflits internes pour s’engager ensemble dans la lutte contre ce qu’ils considèrent comme des fléaux. Sélène s’attire la convoitise de l’armée et des scientifiques. Une traque incessante commence alors contre la plus redoutable des vampires.

Avis :

Il y a des signes qui ne trompent pas lorsqu’une saga commence doucement mais sûrement à se déliter. Si Resident Evil a toujours eu un tâcheron en son sein et que finalement les films ne pouvaient être autre chose que de la bêtise crasse, ce ne fut pas toujours le cas pour Underworld. Projet créé par Len Wiseman sur un comics de Kevin Grevioux, les deux premiers films n’étaient pas fous, mais ils étaient assez généreux et prétendaient à tirer la saga vers le haut, racontant la guerre séculaire entre vampires et loups-garous dans notre monde. Le succès commercial étant au rendez-vous, il a fallu faire un troisième film qui se présentait comme une préquelle et qui n’avait aucune utilité, racontant l’histoire de Lucian, mort dans le premier métrage et absent du deuxième. Cependant, le projet ne s’arrêta pas pour autant. Car trois ans plus tard, c’est un quatrième épisode qui vit le jour, se nommant Nouvelle Ere et se situant quinze après le deuxième opus. Un bond dans le temps et qui visiblement, n’a toujours rien à raconter…

On délaisse donc l’époque médiévale du précédent opus pour se concentrer sur quelque chose de futuriste, avec une Sélène qui se retrouve en pleine guerre entre humains et créatures fantastiques. L’introduction du film commence par la voix-off de l’héroïne qui résume les épisodes précédents et qui annonce les nouvelles avec notamment en fond des extraits de journaux télévisés. Le spectateur se retrouve donc en pleine purge où les vampires se terrent dans les égouts et les lycans sont en voie de disparition. Une situation désastreuse qui n’empêche Sélène de vouloir retrouver l’amour de sa vie, l’hybride Michael. Seulement, elle se fait enlever et en se libérant, elle perd de vue son amour et trouve à la place une jeune fille hybride qu’elle va de suite considérer comme sa fille. Et c’est là que le film pose un premier problème. Même si on peut croire que son accouchement fut assisté et qu’elle a été cryogénisée par la suite, le rapport immédiat entre les deux personnages est relativement incohérent. Et ce sera comme cela pour tout le reste et notamment avec les amitiés qu’elle lie avec le jeune David ou encore l’inspecteur de police qui est plutôt censé l’arrêter. Très clairement, les scénaristes n’en ont rien à foutre de tout ce qui tient du relationnel et privilégie l’action ainsi qu’un côté gothique futuriste pour l’ambiance.

Malheureusement, là aussi, c’est la douche froide. Certes, le film est bourré d’action à ne plus savoir qu’en faire, mais il y a un gros problème de rythme dans ce métrage. Durant toute la première moitié, ça pétarade dans tous les coins et le combat n’est pas entre les humains et les vampires, mais bel et bien entre les lycans et les vampires. Dans la seconde moitié, le film essaye tant bien que mal de créer de la tension avec le kidnapping de la petite et de faire une histoire autour de l’héritage de Sélène, pour faire un lien avec les précédents films. Et si la fin sera de l’action non-stop, on aura tout de même un ventre mou qui ne servira à rien puisque le film ne possède pas de nœuds dramatiques et qu’il ne se concentre que sur une chose, la baston. Alors on pourra croire que les gunfights sont badass, que Kate Beckinsale envoie du lourd, mais c’est à chaque fois la même chose et les combats, même si les décors sont mieux utilisés que pour un Resident Evil (on évite les bastons rectiligne sur des couloirs prédéfinis), sont d’une lourdeur extrême. Alors bien évidemment, la shaky cam du précédent opus est définitivement oublié, ce qui n’est pas plus mal, mais le duo de réalisateur n’arrive pas à donner du dynamisme au métrage.

Sans parler bien évidemment des effets spéciaux qui sont tout bonnement dégueulasses. C’est un peu une honte de proposer des CGI de cette qualité dans un blockbuster qui est censé avoir pas mal de thunes. Les incrustations de faux sang sont horribles, les loups-garous numériques sont une honte, notamment lors des déplacements, et on ne parle même pas du boss final, le lycan gigantesque, tout en numérique et qui est d’une laideur extrême. Même les maquillages sonnent faux et la petite Eve, la seule hybride du film, ressemble à s’y méprendre à une schtroumfette aux dents pointues et elle est plus risible qu’autre chose.

Enfin, dernier point mais pas des moindres, c’est l’ambition du film et l’amplitude de son scénario. Quand on regarde le fond du métrage, on se rend vite compte que l’on tourne en rond depuis le premier épisode. C’est bien simple, les histoires sont basées sur de simples allers-retours entre deux lieux. Le précédent se focalisait sur un château et une forêt alors que celui-ci se déroule entre des égouts et un laboratoire de recherches. Chaque action ramène au point de départ et on ressent un manque flagrant d’oxygène dans la création des histoires. C’est très codifié, c’est très linéaire et surtout, ça ne permet pas au scénario d’avancer. Si le film possède un climax vers la fin, c’est encore une fois pour noyer le poisson et ne pas faire avancer l’intrigue principale. Les humains sont relégués au second plan et tout le métrage se mord la queue car il n’a pas d’ambition.

Au final, Underworld Nouvelle Ere est un très mauvais film, une daube comme on en voit beaucoup dès qu’il s’agit d’adapter des comics issus de la littérature fantastique. Lisse et plat comme ce n’est pas permis, ce quatrième opus de la saga enterre définitivement cette licence dans la médiocrité, n’offrant rien de plus que quelques allers-retours et trois gunfights pour un scénario qui touche le fond. Une amère déception donc qui ne laisse rien présager de bon pour le prochain opus.

Note : 05/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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