Xandria – Theater of Dimensions

Avis :

Le métal symphonique est une branche à part entière dans le sillon du métal et de tous ses sous-genres. Toujours grandiloquent et se voulant épique de toutes les manières possibles, ce sous-genre ne touche pas du tout les mêmes cibles que le métal dit traditionnel, et ce style peut plaire à une masse plus grande. Cependant, on trouvera toujours des ronchonneurs qui reprocheront à ce genre de faire dans le commercial ou alors de faire une musique qui n’a rien à voir avec le métal. Penser comme cela viendrait à dénigrer des groupes de grande envergure comme Nightwish, Within Temptation ou encore Xandria, un groupe teuton dont Theater of Dimensions est le septième album studio. Mais là encore, on s’éloigne du métal symphonique pour aboutir à quelque chose d’encore plus grand avec cet opus, puisque le groupe allemand livre une grosse pièce riche et varié qui fera plutôt penser à un opéra vivifiant et ultra dynamique. Alors que le groupe n’a connu le succès qu’après son histoire de hiatus et de reformation, Xandria revient plus fort que jamais cette année avec un skeud puissant, dans lequel le lyrisme frôle langoureusement les riffs agressifs et où les fûts résonnent à tout rompre pour un résultat presque subjuguant.

L’ouverture se fait avec Where the Heart is Home et là où de nombreux groupes se seraient contentés d’une simple introduction lyrique durant une à deux minutes, le groupe ouvre le bal avec une grosse pièce qui dépasse les cinq minutes. Démarrant lentement, avec ce qu’il faut de violons et chœurs lyriques féminins, les guitares rugissent d’un coup et le morceau prend son ampleur lorsque la chanteuse amorce son chant lyrique sublime. L’ensemble est puissant tout en étant parfaitement maîtrisé, ne laissant rien, absolument rien, au hasard. La suite sera du même acabit, même si l’ambiance demeure plus sombre, avant de prendre des allures de musique médiévale. Death to the Holy est clairement un titre qui lorgne vers le Epic Métal, avec un chant scandé et une rythmique endiablée avant de ralentir pour lancer un pré-chœur grandiloquent et un refrain tout simplement épique. Le titre est riche et surtout, il montre que le groupe maîtrise parfaitement son énergie, ne partant pas en faisant n’importe quoi. Call of Destiny est exactement dans le même genre, tout en restant plus accessible et ressemblant à ce que pourrait n’importe quel autre groupe de métal symphonique, sauf qu’au niveau du refrain, ça envoie du lourd avec des chœurs masculins qui renforcent une sensation de puissance ainsi qu’une guitare qui balance du tapping à tout va, démontrant le talent des musiciens. On peut aussi évoquer Ship of Doom dans le même genre ou encore Queen of Hearts Reborn malgré son intro à la guitare sèche qui tranche avec le reste du skeud.

Cependant, l’album est si riche que chaque morceau possède sa propre identité et on pourrait écouter le skeud plusieurs fois sans jamais s’ennuyer. Pour preuve, Forsaken Love est d’une  beauté transcendantale avec son instrumentalisation au piano et avec des instruments traditionnels, arrivant ainsi à calmer le jeu avant de repartir de plus belle avec d’autres morceaux plus nerveux, à l’image de We Are Murderers (We All), un titre très sombre, ultra puissant et possédant des riffs très lourds. C’est d’ailleurs le seul titre qui possède des growls afin d’appuyer la lourdeur du propos et la gravité des paroles. Il s’agit aussi de l’un des seuls morceaux sur lequel on chantera le refrain avec plaisir, rentrant immédiatement en tête. Tout comme Burn Me qui est le morceau le plus accessible de l’album, notamment grâce à une construction simple mais aussi un refrain ultra efficace. On peut aussi citer l’excellent Ceili, un titre uniquement instrumental qui évoque les grands voyages de vikings ou les départs en quête d’une mission dans je ne sais quel univers médiéval fantastique. C’est très entrainant et techniquement irréprochable. Enfin, difficile de ne pas évoquer A Theater of Dimensions, le dernier morceau de l’album qui dépasse les treize minutes et qui explore différentes sphères du genre. Débutant à la manière d’un slow avec la sublime voix de la chanteuse et des violons, le morceau part ensuite dans un délire opéra métal d’une justesse percutante, avant de revenir sur la même chose qu’au début, offrant ainsi un morceau d’une grande richesse et un incontournable du métal symphonique tout simplement.

Au final, Theater of Dimensions, le dernier album de Xandria, est une pure réussite sur quasiment tous les plans. D’une richesse infinie, l’album explore tous les sous-genres du métal pour offrir un résultat à la fois beau et percutant et donnant naissance à un gros bloc de métal symphonique dont il serait dommage de passer à côté. Puissant et tendre, lyrique et violent, le groupe frappe un grand coup avec ce skeud et met la pression sur de nombreux autres groupes du même style.

  1. Where the Heart is Home
  2. Death to the Holy
  3. Forsaken Love
  4. Call of Destiny
  5. We Are Murderers (We All)
  6. Dark Night of the Soul
  7. When the Walls Came Down (Heartache was Born)
  8. Ship of Doom
  9. Ceili
  10. Song for Sorrow and Woe
  11. Burn Me
  12. Queen of Hearts Reborn
  13. A Theater of Dimensions

Note: 18/20

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Par AqME

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