Massacre à la Tronçonneuse 2

TTCM2 Affiche

Titre Original: The Texas Chainsaw Massacre 2

De : Tobe Hooper

Avec Dennis Hopper, Caroline Williams, Jim Siedow, Bill Moseley, Bill Johnson, Ken Evert

Année : 22 août 1986 (Etats-Unis) ; 21 janvier 1987 (France)

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Durée : 100 mn

Résumé :

‘Stretch’ travail pour la radio locale K’OKLA comme animatrice et journaliste, un jour 2 jeunes déluré taillant dangereusement la route dans l’insouciance complète ne cesse de l’appeler jusqu’au soir ou étant en direct sur l’antenne ils vont croiser la famille tronçonneuse. Elle va alors se retrouver impliquée involontairement tandis que le lieutenant Lefty Enright est à la recherche de cette famille de fou furieux …

Avis :

12 ans après son célèbre et audacieux premier volet à l’impact puissant, la tronçonneuse est de retour, toujours sous la direction de son créateur Tobe Hooper !

Un texte défile récité par une voix grave expliquant les évènements ayant eu lieu l’après-midi du 18 août 1973, une unique survivante Sally Hardesty-Enright, une longue et veine traque des hommes de loi amenant à déclarer que les évènements n’ont jamais eu lieu, le massacre à la tronçonneuse hante pour autant toujours l’Etat et semble ne jamais prendre fin…

TTCM2 Chili's winner

S’ensuit une ouverture sur deux jeunes demeurés-bourrés-arrogants, faisant n’importe quoi sur les routes du Texas, l’un au volant zigzaguant peu importe les autres véhicules (mal lui en prit ce n’est pas forcément celui de monsieur tout le monde), le second revolver à la main hurlant et tirant sur les boîtes aux lettres et pancartes le long de la route, les deux s’amusant aussi à appeler l’animatrice, Stretch, d’une radio locale K’OKLA pour déconner. Malheureusement pour eux la chainsaw family va recroiser leur route la nuit venue…

Une scène géniale s’ensuit, tentative de sauve qui peut le long d’un pont, les deux idiots tentant à peine de sauver leur vie, trop ivres, incapables de réfléchir correctement et à leur niveau en sens inverse se tient le pick-up de l’enfer ! Tronche de cuire (Leatherface, joué par Bill Johnson ce n’est plus Gunnar Hansen) bondit tel un monstre de foire sur la partie arrière en agitant un cadavre désarticulé devant lui (son frangin auto-stoppeur mort dans le premier « Massacre à la tronçonneuse ») et tenant sa machine vrombissante en exécutant un ballet de folie macabre et burlesque sur fond de « No one lives forever » par Oingo Boingo qui s’accorde parfaitement au côté festif-jouissif-déviant de la scène.

D’entrée de jeu la messe est dite le film va garder un aspect glauque tout en faisant dans le gore délirant en étendant l’humour noir craspec ou du moins le marquer plus fortement.

TTCM2 Chop Top

Car Tobe Hooper jugea en ce qui concerne « Massacre à la tronçonneuse » que les gens n’avaient pas complètement compris son premier coup d’éclat, n’en retenant pratiquement que le côté puant-sordide et oubliant certains aspects en faisant une comédie bien sombre, mais aucunement drôle dans le sens nanardesque.

Ici tous les traits vont être grossis.

On retrouve donc notre chère famille de dégénérés qui vît bien tranquillement au Texas, après avoir déménagé à Prairie Bell, reclus dans un parc d’attraction laissé à l’abandon (on dirait presque une déchetterie géante). Tout va au mieux pour eux, Chop Top et Tronche de cuire s’amusent lors de soirées bien chargées à zigouiller festoiement de l’humain afin de fournir leur frère aîné ‘The Cook’ Drayton Sawyer en chair fraîche. Car il est un artisan reconnu notre ‘Cook’, grand vainqueur 2 années d’affilées du concours annuel de Chili Con Carne, adulé par ses semblables « le traiteur chéri des habitants de Dallas » qui ne se doutent pas de la provenance de l’ingrédient principal, quel plaisir a-t-on à en voir une demander le secret de sa réussite au Grand Chef en se délectant d’une belle bouchée (avant d’en retirer une jolie dent) et lui tout fier et heureux avec son visage inspirant tellement confiance de répondre ironiquement : « il n’y a aucun secret tout est dans la viande, ce qu’il faut c’est beaucoup de viande et celui qui vous parle il a l’œil pour les bons morceaux ! Haha ! D’ailleurs c’est d’famille Hahaahaa ! » héhé ! ‘The Cook’, un personnage fort drôle qui nous réserve quelques passages et dialogues très amusants comme après s’être fait tailladé le fessier, est interprété par Jim Seadow le seul acteur issu du précédent volet, toujours dans le même rôle. Au fait, en ce qui concerne Chop Top c’est le jumeau de Nubbins Sawyer (l’auto-stoppeur du 1er , qui est mort mais que les timbrés gardent chez eux pour les accompagner dans leurs sorties entres autres, comme dit précédemment il s’agit du cadavre-désarticulé), tout aussi fou et possédant une plaque de métal dans le crâne, un morceau lui manquant suite à un détour au Vietnam (la guerre rend fou !) et il se gratte régulièrement son caillou avec un cintre pour en grignoter de petit morceaux de peau. Joué par un Bill Moseley habité c’est un nouveau venu de choix !

TTCM2 Lefty

Voilà donc une vie en quelque sorte bien rangée, pépère, où tout est normal chez les dingos devenus presque une entreprise pour fin gourmet Texan.

Dommage pour eux, Stretch a enregistré sur une cassette leur dernier méfait passé à la radio et va prendre contact avec Lefty Enright un lieutenant qui aspire à faire payer la famille Sawyer pour les meurtres des enfants de son frère dans le premier opus.

Lefty est lui-même un brin atteint, obsédé et ne vivant plus que pour assouvir son désir de venger ses proches, les médias le font passer pour un malade qu’il est un peu, faut le voir dans certains passages et notamment lors de son détour par un magasin vendant des tronçonneuses, excellent encore. Lefty a en outre des penchants religieux-sectaires que l’on découvre petit à petit, il voit en un sens sa vengeance comme une croisade et va aller défier le mal sur son propre terrain tronçonneuse à l’appui ! Un adversaire à la hauteur, plus dangereux peut-être aussi, voir son discours « je me moque d’y laisser m’à peau, ça voyez-vous ça me donne une longueur d’avance sur ces bêtes féroces, ils vivent de la peur c’est leur survivance. Moi je suis arrivé au-delà d’la peur … en moi nulle peur seigneur » que Dennis Hopper se charge d’incarner brillamment livrant une prestation bien allumée. Au passage on pourra faire un lien avec le personnage de William Fosythe (le shérif John Quincy Wydell) dans « The Devil’s rejects » (2005, Rob Zombie) très similaire.

TTCM2

Stretch va bien vite regretter son acte. La première rencontre entre Stretch et Chop Top par exemple est géniale de tension malsaine, de bizarrerie dérangeante dans un espace confiné à l’éclairage rougeâtre, avec une musique oppressante, des cadrages serrés, presque suffoquant… Mais son calvaire n’en finit pas, le nôtre non plus c’est ensuite à un Tronche de cuire et sa tronçonneuse qu’il utilise comme un prolongement phallique qu’elle va être opposée, scène délirante mais très vicieuse, grinçante ! Quoique plus motivée par son instinct de journaliste amatrice que traumatisée, elle va dans un second souffle suivre les tarés jusqu’à leur repère.

Une tronche de cuire plus loufoque, controversé dans ce métrage, tombant par ailleurs sous le charme de la jeune femme voulant la garder pour lui, lui forçant même à porter un masque confectionné avec la peau du visage de son collègue/ami, une scène bien sale voire vomitive se passant dans le garde-manger familial.

Dans l’antre familial les délires et la pression vont encore s’accentuer et une étrange impression qu’il n’existe plus que ça, cette sorte de déchèterie humaine et ses rebuts de l’humanité puis rien d’autres au monde (à force ils ont tout bouffé) au fur et à mesure que l’on avance jusqu’à la scène finale reprenant un peu la chorégraphie de Tronche de cuire à la fin du premier, Stretch s’agitant et hurlant tronçonneuse dans les mains. Une suite aussi parodique parfois donc, en témoigne aussi la scène du repas, on retrouve Papy qui doit à nouveau casser du crâne, Papy à 137 ans, Papy tout mou tout croulant mais « aussi vif que Jessie James », « c’était le grand patron » !

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Côté effets spéciaux ils sont confiés à Tom Savini (ayant déjà fait ses preuves : « Martin » 1977, « Zombie » 1978, « Rosemary’s killer » 1981 et « Vendredi 13 : chapitre final » 1984) pour une suite qui à l’inverse du précédent ne fait plus dans la suggestion par le montage et le son en montrant généreusement du gore, d’une tête tronçonnée à un visage découpé repositionné sur l’héroïne (et à nouveau on peut dire que « Massacre à la tronçonneuse 2 » à influencer « The Devil’s rejects »,le dépeçage du visage, c’est d’ailleurs Bill Moseley qui ici est Chop Top joue Otis dans le film de Rob Zombie, une franchise parmi d’autres films bien sûr qui a nettement marqué Rob Zombie après son «La maison des 1000 morts » déjà), un éventrage via l’engin tronçonneur, en passant par un massacre en parking souterrain lors d’un achalandage en barbaques entre frères dans une scène totalement à l’image du film (fuck !).

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Malheureusement cette séquence où une équipe de foot en prend pour son grade n’est pas incluse dans le montage final, coupée, elle est dispo dans «l’édition sanglante», qui comporte 5 scènes coupées plus ou moins délirantes : un « open credits » alternatif, une scène s’ajoutant après l’arrivée de Lefty à leur domicile, le carnage des supporters de foot US dans le parking, un cameo d’un critique de film de drive-In (mais ça faut le connaître n’empêche), une dernière où il arrive une chose différente à Chop Top et bonus sur un Laserdisc, il existe une fin légèrement différente, le cadre étant plus large simplement mais changeant pourtant l’impression finale.

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Tobe Hooper réussi donc une très bonne suite au ton différent (jusqu’à l’affiche US pompant celle du très bon « Breakfast Club » de John Hughes sorti l’année précédente, ce qui n’est pas innocent), moins puissante que son aîné certes, mais très réjouissante dans laquelle le malaise se ressent toujours, une sorte de dégoût du début à la fin, dans chacune de ses scènes l’atmosphère y est pesante grâce à sa mise en scène, les décors et effets de Tom Savini et l’ensemble renforcé justement par l’humour noir satirique et les acteurs jouant le désordre. Une sorte de chaos devenant ainsi un long cartoon déviant fortement appréciable où il en profite aussi pour critiquer le pays en pleine époque Reaganienne avec des sous-entendus (par exemple sur un certain libéralisme économique de l’époque que ‘The Cook’ critique lors d’une tirade et par l’aspect entreprise familiale des ‘Sawyer roi du Chili’ élevé dans la viande et la putréfaction).

Note : 16/20

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Par Serval

D’autres scènes coupées:

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Breakfast Ckub - Massacre à la tronçonneuse 2

Note de Mickey: 16/20

316356_10201093379436910_1464413393_nNote de Trasher: 12/20

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