La Maison de la Mort

Titre Original : The Old Dark House

De: James Whale

Avec Boris Karloff, Melvyn Douglas, Charles Laughton, Gloria Stuart

Année: 1932

Pays: Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Dans le pays de Galles. Surpris par un déluge, cinq voyageurs se réfugient dans une maison dont les occupants se révèlent effrayants.

Avis :

Durant les années 30, le cinéma d’horreur avait le vent en poupe aux Etats-Unis. Il faut dire que Universal avait mis les bouchées doubles suite au succès surprise de Dracula de Tod Browning et que cela a enclenché une vague de monstres que l’on connait maintenant tous par cœur avec le loup-garou, la momie, la créature de Frankenstein ou encore l’étrange créature du lac noir. Cette période faste a aussi permis de dévoiler des noms d’acteurs talentueux comme Bela Lugosi, Lon Chaney Jr. ou encore Boris Karloff. Véritables gueules du cinéma d’épouvante, ces acteurs aujourd’hui cultes ont nourri un imaginaire fertile et sont l’essence même de certaines œuvres séminales dont beaucoup d’autres metteurs en scène s’inspirent aujourd’hui. Cette vague de film d’épouvante ne va pas se limiter aux monstres Universal, puisque d’autres films vont voir le jour, notamment des adaptations de nouvelles comme L’Ile du Docteur Moreau ou encore La Maison de la Mort, le premier film de maison lugubre cachant un terrible secret derrière sa porte. Et oui, quand on regarde ce film, on pense immédiatement à l’œuvre de Fritz Lang et même si le film est moins psychologique, il va apporter avec lui sa dose de frissons et de moments intéressants.

La première chose qui frappe dans La Maison de la Mort, c’est la mise en scène. D’entrée de jeu, James Whale installe une ambiance pesante et étrange. Présentant les premiers personnages que l’on va suivre aux prises avec une tempête, le réalisateur va peaufiner sa montée d’angoisse en montrant un paysage apocalyptique renforcé par un noir très présent et un blanc qui ne fait que souligner certains contours. Mettant directement ses protagonistes en danger, le réalisateur va alors accentuer la peur avec une masure lugubre et des résidents au faciès très marqué. Déjà remarqué dans les remarquable Frankenstein et La Fiancée de Frankenstein, James Whale prouve qu’il n’est pas un débutant et qu’il sait manier une caméra pour créer un malaise. Aimant les freaks, il va alors présenter des personnages étranges, ambigus et auxquels on va difficilement faire confiance. Et toute la mise en scène est au service de cette angoisse montante, notamment avec des ombres portées ou des hors champs intéressants qui laissent le spectateur libre de toute interprétation.

Mais ce n’est pas tout. En effet, le réalisateur n’hésite pas à apporter du fond à son histoire. Une histoire toute simple au départ, mais qui va osciller constamment entre fantastique et thriller pour offrir un final assez classique, très américain, mais finalement efficace. Ainsi donc, on sent bien que cette maison cache un secret, mais on ne sera lequel qu’à la toute fin. Laissant sous-entendre la présence d’une malédiction avec une tempête que l’on prête au diable, le film va aussi aborder la menace d’un homme dangereux en la présence de Boris Karloff, complètement grimé en monstre impulsif, mais le film se découvre sur sa fin avec un secret inavoué et un Deux Ex Machina surprenant, complètement fou et fort inquiétant. Le film ne se pose donc jamais sur quelque chose d’acquis et interpelle constamment le spectateur qui cherche à savoir les secrets de cette maison.

Le seul petit bémol que l’on peut apporter sur le scénario réside exclusivement sur la rapidité de certains évènements et de certaines réactions. En effet, en milieu de film, un couple d’amis survient dans la maison, pris eux aussi par la tempête. On aura alors droit à une histoire d’amour (ce qui semble inhérent au genre depuis des dizaines d’années) qui se forme rapidement et qui ne laisse que peu de place à des évènements propices à créer ce sentiment. On ne peut pas parler de coup de foudre quand on regarde le film, et clairement, tout cela va trop vite et semble incongru au milieu de cette tempête et de ces personnages inquiétants. Fort heureusement, l’ensemble est rehaussé vers le haut grâce à la prestation des acteurs qui sont sublimes et qui font passer des sentiments dichotomiques. Entre le majordome hideux qui semble violent ou encore le maître de maison au visage émacié et pourtant accueillant, on ne sait jamais sur quel pied danser avec les protagonistes. Il faut juste savoir que l’acteur jouant le dernier personnage sortant de nulle part est exceptionnel et donne une leçon de comédie pour jouer la folie meurtrière.

Au final, La Maison de la Mort est une agréable surprise et surtout un film un peu trop oublié par rapport à d’autres métrages qui ont fait les beaux jours d’Universal. Glauque et lugubre, le film remplit parfaitement son cahier des charges et se révèle d’une efficacité à toute épreuve. On peut juste déplorer un manque de temps pour bien développer les personnages, mais on se rend vite compte que l’on fait face à une œuvre séminale, certainement le film qui a lancé les métrages de maisons hantées ou tout du moins cachant un lourd secret. On peut remercier chaudement Elephant Films de ressortir ce genre de métrage que tout fan de film d’horreur se doit de voir.

Note : 15/20

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Par AqME

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