Le Cercle – Rings – Et Samara se Ramassa…

Titre Original : Rings

De : F. Javier Gutierrez

Avec Matilda Lutz, Alex Roe, Vincent D’Onofrio, Johnny Galecki

Année : 2017

Pays : Etats-Unis

Genre : Horreur

Résumé :

Une jeune femme s’inquiète pour son petit ami lorsqu’ il commence à s’intéresser aux mystères entourant une vidéo censée tuer celui qui la regarde 7 jours après l’avoir visionnée. Elle se sacrifie pour sauver son petit ami et fait alors une terrifiante découverte : il y a « un film dans le film » que personne n’avait encore vu…

Avis :

Préquelle, séquelle, reboot, les termes étaient flous lorsque l’annonce d’un nouveau Ring a fait son apparition. Il faut dire que retenter l’aventure plus de dix après le dernier sorti est un pari risqué qui peut enchanter les fans, sans pour autant bousculer les foules. En effet, le public principal visé, les ados, ne connaissent pas les premiers Ring et encore moins les versions japonaises, alors il faut vraiment les motiver pour se bouger dans les salles obscures et foutre un bordel monstre. Car finalement, c’est un peu ce qu’est devenu le film d’horreur populaire dans les salles, un défouloir, un amusement pour jeunes aimant se faire remarquer et n’ayant aucunement l’envie de voir un bon film de trouille. En ce sens, Le Cercle – Rings réussit parfaitement son coup, puisqu’il est non seulement compréhensible sans avoir vu les précédents, mais en plus de cela, il rentre dans tous les codes du film d’horreur lambda qui trouvera son succès auprès d’un public inculte grâce à un savant mélange de jump scare et d’apparitions fantomatiques.

Alors que le film de Verbinski n’est pas loin de ses quinze ans d’existence, et que la suite de Nakata doit avoisiner les dix ans, faire une nouvelle suite à The Ring ne semblait pas totalement pertinent, d’autant plus que la légende prend fin au dénouement du dernier métrage en date, à savoir Le Cercle – The Ring 2. Mais pourquoi tenter le diable avec des idées toutes neuves alors que l’on a sous la main un produit qui fonctionnera parfaitement avec les jeunes et transposable avec les nouveaux moyens de communication. C’est certainement de là qu’est née la possibilité de faire renaître Samara. Seulement, comme pour tout film, il faut un point d’ancrage, une raison. Et que dire après la jeunesse de Samara auprès de ses parents adoptifs, puis lors de son abandon par son vraie mère ? Et bien à vrai dire, pas grand-chose, si ce n’est conspuer tout ce qui a déjà été fait, pour se contredire et proposer une nouvelle vision dans laquelle on va foutre un peu de croyance et d’idéologie chrétienne bien vieillotte, histoire d’être raccord avec la possession et tout ce qui fait le succès du genre depuis maintenant une dizaine d’années.

Du coup, Le Cercle – Rings ne vaut pas tripette sur son fond. Totalement incohérent sur la légende de Samara et s’attardant cette fois-ci sur le secret de la mère et l’enfantement de la gamine, le film ne tient absolument pas compte des deux derniers métrages, si ce n’est qu’en deux plans, histoire de faire un léger raccord pour les fans de base. Irrespectueux du matériau de base, le film va même aller plus loin en proposant un spectacle vide de sens qui pourrait presque ressembler à du Twilight sous prozac. Alors que les films de Verbinski et Nakata se plonger dans la vie tourmentée d’une femme séparée élevant seule son jeune enfant qui devait se débrouiller tout seul à cause du boulot de sa maman, on se retrouve ici avec un couple de jeunes gens qui s’aiment et qui vont combattre ensemble la malédiction, parce que l’amour, c’est beau et ça sauve tout le monde. Gnangnan à souhait dans son sous-texte, le film va réussir le tour de force de ne pas créer de l’empathie pour ses personnages, créant ainsi un cliché sur patte de jeunes bien sous tout rapport et propres sur eux. Calibré pour plaire aux adolescents, le film ne va jamais chercher à perturber cet amour ou à placer quelque chose qui pourrait toucher. Et c’est là-dessus que le film rate le coche, créant des personnages vides et inconsistants, à l’image de la psychologie de certains jeunes qui ne vont pas chercher plus loin que leur côté binaire, à savoir manger, niquer et dormir.

Et si le film n’arrive pas à créer de l’empathie, il ne créera pas de peur, si ce n’est à ceux qui ne sont pas rompus au genre, comme une jeune génération biberonnée aux remakes et autres films fantastiques acidulés. Si les morts sont un poil plus nombreux dans ce métrage que les précédents, le film est surtout moins fin et il va enclencher des jump scare d’une banalité affligeante. Comme les personnages, le film va remplir un cahier des charges bien défini en matière de peur et n’osera jamais aller au-delà du simple « bouh » en ouvrant une porte. D’ailleurs, c’est tellement téléphoné qu’on se surprendra parfois à compter lors de l’arrivée imminente d’un effet de peur. C’est tellement calibré que tout est prévisible et finalement la peur ne sera que peu présente, voire pas du tout. Alors il y a bien quelques effets visuels qui ne sont pas dégueulasses, notamment lorsque Samara sort d’un écran plat renversée, mais c’est une bien maigre consolation.

L’autre problème du film provient de sa symbolique. Alors que Nakata jouait sur le son pour le tout premier film de la saga et que Verbinski jouait sur un visuel riche et varié pour le remake, Gutierrez ne trouve pas le bon équilibre et tombe dans quelque chose de simpliste et de presque inutile. On ajoute des cigales sans trop comprendre pourquoi. Les images de la vidéo deviennent en fait des photos précises de lieu pour faire avancer l’enquête et la symbolique de l’arbre ou de la nature disparait complètement. Pire que ça, on veut maintenant nous faire croire que Samara, qui est tout simplement méchante, est en fait une victime à cause d’un père violent avant qu’elle ne naisse. C’est complètement à côté de la plaque. Fort heureusement, le réalisateur, dont c’est seulement le deuxième film, arrive à créer une ambiance particulière entre le poisseux d’une eau croupie et la grisaille d’une bruine sans fin. Sans être exceptionnelle, la mise en scène sauve les meubles avec quelques idées éparpillées au milieu d’une platitude exaspérante. Ce n’est pas mauvais, mais ça reste simple, sans génie.

Au final, Le Cercle – Rings est un ratage quasi complet. Crachant sur les deux premiers films américains en ce qui concerne Samara et sa légende, le film ne sort jamais du cadre imposé par le carcan d’un cinéma d’épouvante calibré pour les 12/14 ans. Simpliste, aussi bien dans son fond que dans sa forme, ce film ne fait clairement pas hommage au genre et donne plutôt envie de se replonger en arrière pour revoir le chef d’œuvre de Nakata et le remake réussi de Verbinski.

Note : 06/20

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Par AqME

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