Le Cercle – The Ring 2

Titre Original : Za Ringu 2

De : Hideo Nakata

Avec Naomi Watts, Simon Baker, David Dorfman, Elizabeth Perkins

Année: 2005

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Six mois après les horribles événements qui leur avaient fait fuir Seattle, Rachel Keller et son jeune fils Aidan se sont réfugiés à Astoria, dans l’Oregon. La journaliste espère oublier ses épreuves dans cette paisible bourgade côtière, mais de nouvelles menaces ne tardent pas à planer sur sa vie. Un crime énigmatique, commis à l’aide d’une cassette trop familière, donne l’alerte : l’esprit de Samara n’a pas renoncé à sa vengeance et Rachel va devoir enquêter sur le lointain passé de la fillette pour arrêter le cycle infernal de ses violences maléfiques…

Avis:

Film aujourd’hui culte qui fut le premier d’une longue vague de métrages horrifiques asiatiques, Ring a dépassé les frontières et a même relancé la vente du roman de Koji Suzuki à près de trois millions d’exemplaires. Fort de ce succès, il est évident qu’une suite a vu le jour et qu’une préquelle issue d’une nouvelle s’est lentement mais sûrement dessinée. Qui dit succès planétaire dit remake américain et c’est en 2003 que Gore Verbinski, qui n’a jamais aussi bien porté son prénom, se lance dans la réalisation de ce qui ressemble à un pari irréalisable. Comment projeter un film  si ancré dans la culture nippone à un public occidental? Et pourtant, le metteur en scène a réussi son pari haut la main, proposant une version différente et mais de qualité, soignant son image et l’ambiance délétère. Bien évidemment, cette version fut aussi un succès très rentable et il était logique qu’une suite débarque à nouveau.

C’est seulement deux ans plus tard que Le Cercle – The Ring 2 déboule dans les salles et permet à Samara de refaire surface. Portant avec lui un bagage de film maudit à cause de différents problèmes pour trouver un réalisateur tout d’abord, puis lors du tournage avec quelques accidents inexpliqués, le film fait son effet et fait une belle recette. Il faut dire qu’avec le retour de Hideo Nakata derrière la caméra, il y avait espoir de trouver un esprit plus proche du premier avec un esprit quasiment invisible et une histoire qui tenait la route. Mais que restait-il à raconter sur la vie tumultueuse de Samara?

Eh bien pas grand-chose, si ce n’est le mystère qui entoure son enfance avant d’être adoptée. Et c’est ce côté-là que va choisir le réalisateur japonais pour repartir vers une malédiction plus basique, plus accessible au public et donc beaucoup plus explicite. En effet, dans cette version, malgré le déménagement de Rachel et de son fils, la cassette refait surface à Astoria et va vouloir se venger de la petite famille. Sauf qu’il semble désormais possible à Samara de prendre possession des corps et notamment de son fils, qui change petit à petit. Accentuant son métrage sur un énième cas de possession, Hideo Nakata va avoir bien du mal à renouer avec la mythologie des films tant le rapport avec la vidéo est amoindri. Dans ce film, le réalisateur va surtout jouer sur la psychologie des personnages et notamment sur ce petit garçon qui va sombrer dans la démence, la faute à une Samara qui va prendre possession de son esprit et de son corps. On va donc retrouver le lien si étrange qui unit le fils et la mère et Nakata va essayer de montrer les différents types d’amour qu’il peut exister au sein d’une famille. Occultant complètement la figure paternelle, la tuant même avec un Simon Baker qui n’aura aucune chance, le film se lance alors dans une description un peu hasardeuse d’une mère absente qui veut se faire pardonner ses erreurs et qui doit faire quelque chose d’horrible pour prouver à son fils qu’elle l’aime.

Le problème avec ce métrage viendra du côté larmoyant de la chose, mais aussi et surtout de sa propension à tirer en longueurs. Si le début est plutôt bien et que les apparitions du fantôme sont plutôt bien fichues avec de l’eau de partout (en lien avec le puits), il y a un moment où le film piétine et pédale dans le vide. L’enquête s’avère laborieuse, parfois tirée par les cheveux, notamment lorsqu’elle doit remonter dans le passé de Samara pour trouver sa vraie mère, qui ne va pas forcément lui donner des indices intéressants. Et c’est là toute la faiblesse du métrage qui n’arrive pas à distiller des indices intéressants et perd rapidement le spectateur dans des atermoiements inutiles et parfois pénibles. Tout comme certaines réactions demeurent incohérentes, avec une mère qui ne semble pas voir que son fils change. Par contre, on trouvera un contexte social qui était absent dans les films nippons, avec la présence de psychiatre sur la maltraitance de l’enfant. Bien évidemment, cela permettra de mettre en avant une certaine incompétence de ce service, qui ne croit que ce qu’il voit. Malgré tout, on a la sensation que cela est fait pour rajouter des minutes à un film qui dure déjà trop longtemps et qui perd en efficacité.

L’autre défaut, c’est que le film perd en symbolique. On retrouve toujours cette propension aux cercles, à ce cycle qui ne finit jamais, mais il manque les effets visuels de Gore Verbinski pour pleinement convaincre. Nakata reprend quelques éléments comme l’arbre en feu ou les cerfs qui remplacent les chevaux, mais rien de bien intéressant ou de nouveau. Samara quant à elle, sera toujours aussi binaire, n’étant qu’un fantôme d’une fillette qui boude, souhaitant dans cet épisode avoir une vraie maman qui l’aime. Le problème, c’est que cet axe est presque incohérent avec l’adoption de Samara, puisque sa mère adoptive l’aimait et qu’elle l’a tuée. Alors on retrouvera quelques séquences intéressantes, le budget étant plus conséquent que la version japonaise, on aura droit à de jolis effets spéciaux, et même à une séquence quasi-identique lors de la montée du puits, mais dans son ensemble, le film manque de souffle et surtout d’idées pour pleinement convaincre. Non pas que le film ne soit pas bon, il est juste un énième épisode d’une saga qui commence déjà à montrer ses limites et qui n’a pas vraiment besoin de suites.

Au final, Le Cercle – The Ring 2 n’est pas un mauvais film, mais il n’est pas non plus à la hauteur de son aîné. Film d’épouvante se concentrant sur la jeunesse de Samara et sur l’amour que peut porter une mère à son enfant, Hideo Nakata répète son sujet sans jamais trouver un axe vraiment juste, préférant exploiter le parti de la possession, n’y apportant finalement aucune saveur particulière et offrant un film sympathique, mais loin d’être subjuguant comme a pu l’être sa toute première version.

Note: 12/20

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Par AqME

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