janvier 19, 2021

Le Cercle – The Ring

Titre Original : The Ring

De : Gore Verbinski

Avec Noami Watts, Martin Henderson, David Dorfman, Brian Cox

Année: 2003

Pays: Etats-Unis

Genre: Horreur

Résumé:

Lorsque sa nièce trouve la mort foudroyée par la peur une semaine après avoir visionné une mystérieuse cassette vidéo, Rachel Keller, une journaliste de Seattle, décide d’enquêter sur ce fameux enregistrement. Aidée de son ex-mari Noah, elle découvre que cette cassette est porteuse d’une étrange malédiction : quiconque la visionne est condamné à périr dans de terribles circonstances.
Rachel prend tout de même le risque de regarder l’enregistrement. Le téléphone sonne alors, le décompte mortel s’enclenche : la jeune femme ne dispose plus que de sept jours pour sauver sa vie et celle de son fils. Sept jours pour tenter de déjouer le sortilège du Cercle…

Avis:

Réaliser un remake est un pari très risqué. Tout d’abord bien avant sa procédure de réalisation, certains frustrés du septième art iront cracher leur venin sur le manque de créativité d’un tel projet. On entendra les sempiternelles lamentations des personnes se demandant où est passé l’originalité et la prise de risque. Puis par la suite, lorsque le film sort, on aura toujours les médisants, voulant toujours dire que l’original est mieux. Sauf que parfois, ce n’est pas le cas et qu’un remake peut remettre au goût du jour un film qui n’a pas su évoluer avec l’âge. L’exemple le plus flagrant demeure La Colline a des Yeux d’Alexandre Aja qui se révèle supérieur à la version de Wes Craven (même si cette dernière est fort recommandable aussi). Avec The Ring, Gore Verbinski s’aventure sur un chemin pentu puisqu’il a la lourde tâche de retranscrire un film imprégné de la culture nippone à la sauce américaine. Le pari fut-il réussi?

Oui, et c’est même un grand oui. Il est clair qu’il n’égale à aucun moment le film de Hideo Nakata, mais le réalisateur américain a la bonne idée d’arpenter un sentier différent afin de proposer une version presque similaire dans le fond, mais complètement différente sur la forme. Les fans du premier ne seront pas déboussolés par le début, qui est l’exacte réplique de la version japonaise. De même que les rapports entre l’héroïne et son ex-mari (et son enfant) sont les mêmes, explorant alors le malaise familial, la dureté de la vie d’un enfant qui doit grandir trop vite, la faut à une mère absente à cause de son travail et d’un père inexistant par choix. Là-dessus, on retrouve les mêmes thématiques profondes du film nippon, avec quelques petites subtilités en plus, notamment dans le rôle du père, qui se rend vite compte de ses erreurs et qui éprouve une volonté tacite de trouver son rôle de père. Verbinski arrive à donner du sens à cette relation et permet de rendre humain tous les personnages du métrage. De ce fait, et même si l’on connait le sort de chacun, on ne pourra qu’être touché par le destin funeste de l’ex-compagnon, joué de façon pertinente et sobre par Martin Henderson.

Gore Verbinski n’oublie pas non plus d’où vient son film. Il glisse alors dans son métrage quelques clins d’œil à la version de Nakata, reprenant parfois les mêmes plans (le père et le fils se rencontrant sous la pluie), mais aussi faisant quelques gimmicks, comme un tableau japonais accroché au mur ou encore le choix d’un arbre japonais comme symbolique du film. Cette façon de faire peut sembler anodine, voire inutile, mais elle prouve tout le respect du réalisateur par rapport à la version d’origine. Néanmoins, il y a une grande différence dans la version américaine et elle concerne le fantôme de Samara (Sadako dans les versions japonaises). Si Hideo Nakata présente le fantôme comme la victime d’une malédiction du fait de ses pouvoirs télékinésiques, Gore Verbinski va mettre en avant une personnalité plus binaire, plus sombre et foncièrement mauvaise. Ainsi, Samara est une vraie saloperie qui ne souhaite qu’une chose, faire du mal aux gens et les imprégner de visions cauchemardesques. Si on peut y voir un manque de finesse dans la caractérisation du boogeyman (plutôt boogeygirl pour le coup), c’est pour éviter tout le penchant ésotérique qui était trop présent dans la version japonaise. Ici, les personnages n’ont pas de pouvoirs sensoriels (hormis Samara) et ils doivent s’en sortir par des recherches et la compréhension d’une malédiction qui date de trente ans en arrière. Le film se veut donc plus « terre à terre » et surtout plus compréhensible.

Mais attention, cela ne veut pas dire que le film de Verbinski est plus stupide. Le réalisateur n’oublie pas de mettre en avant des symboliques très fortes qui font face à des moments plus frontaux. Car si l’on voit plus d’effets « gores » comme des visages déformés ou un suicide assez violent, il y a une certaine finesse dans les teintes, les symboles du film et son ambiance. Baignant dans une atmosphère délétère, le film se pâme de teintes grises pour renforcer un côté fantomatique, éthéré qui fonctionne à merveille. Cette ambiance morose correspond parfaitement aux sentiments de perdition de ressent l’héroïne, que ce soit pour sa propre vie, mais aussi pour celle de son enfant ou des parents adoptifs de Samara. Ensuite, Gore Verbinski utilise le cheval comme un être sensible à la malédiction. L’animal représentant la force montre à quel point Samara est puissante et comment il va être complexe pour l’héroïne de se débarrasser de cet esprit. L’arbre a aussi une symbolique forte dans le métrage, représentant la vie de Naomi Watts, avec le soleil qui passe dernière pour simuler les derniers moments de sa survie. Là-dessus, le film de Verbinski est plus visuel alors que celui de Nakata était plus sonore. Un parti pris payant, qui change de la version d’origine, mais qui marche tout autant.

Au final, Le Cercle – The Ring, le remake américain de Ring, est un très bon film d’horreur qui n’égale pas l’original, la faute à un traitement un poil trop binaire de la méchante Samara, mais qui reste une excellente alternative au film de Nakata. Plus visuel, plus profond dans la relation mère/fils/père, cette version américaine a trouvé le juste équilibre pour ne pas faire dans la redite et avoir une identité qui lui est propre, ce qui est rare lorsque l’on fait un remake.

Note: 17/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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