octobre 27, 2020

Ring 2

Titre Original : Ringu 2

De : Hideo Nakata

Avec Miki Nakatani, Hitomi Sato, Kyoko Fukada, Daisuke Ban

Année: 1999

Pays: Japon

Genre: Horreur

Résumé:

L’autopsie de Sadako révèle qu’elle est restée près de trente ans vivante, murée dans son puits. Ni la découverte de son cadavre, ni la destruction de la cassette vidéo maudite sur laquelle son image apparaissait ne semblent en mesure de stopper sa soif de vengeance.
Désormais, le petit Yoichi, ayant survécu à la vision de la vidéo maléfique, est le seul à pouvoir lutter contre Sadako. En se voyant doté de pouvoirs psychiques, il est tombé dans un mutisme radical. Pour remédier à cela, une mathématicienne va tenter de chasser ses démons.

Avis :

Qui dit succès autour d’un film, dit immédiatement suite et tout le toutim. C’est un peu ce qu’il s’est passé avec ce Ring 2 de Hideo Nakata, même si son histoire reste différente de ce que l’on peut voir aujourd’hui. Basé sur une trilogie de livres, il était presque logique que les films se fassent. Mais le souci n’est pas là. Dès la fin du premier Ring, le réalisateur et son équipe ont immédiatement enclenché une suite sous le nom de Rasen. Sauf qu’ils ont jugé cette suite trop médiocre, et qu’ils ont jeté les pellicules. De ce fait, ce n’est qu’une paire d’année plus tard que le metteur en scène décide de vraiment faire une suite qui portera le nom de Ring 2.

Ce destin étrange montre tout de même l’exigence d’une équipe qui a envie de faire peur aux spectateurs et de ne pas livrer une suite pour faire de l’argent. Cependant, il est difficile de renouer avec le succès lorsque son premier film fait partie presque immédiatement des films d’horreur cultes de la planète. Et Ring 2 ne va pas déroger à la règle, car malgré de bonnes fulgurances au sein de l’histoire, le fil rouge perd de son intensité et on se retrouve devant un film de fantômes sans surprise, qui espère déclencher la terreur dans son dernier quart. Malheureusement, juste avant, c’est un peu la douche froide avec un imbroglio scénaristique éprouvant et qui gâche tout le côté horrifique.

Dans ce film, on va suivre cette fois-ci l’élève de feu l’ex-mari du premier métrage. Mathématicienne de son état, elle va découvrir lors de l’autopsie de Sadako que cette dernière n’est pas prête de s’arrêter dans son chemin de vengeance et elle va alors retrouver Yoichi, l’enfant du premier film, qui est maintenant doté de pouvoirs psychiques et semble être le seul à lutter contre Sadako. Véritablement, il ne faut pas chercher midi à quatorze heures tant le film n’est pas compréhensible sur son ensemble. On retrouve les personnages du premier qui sont toujours en vie et on remet Sadako sur le tapis sans jamais revoir la cassette vidéo. On trouve un personnage central qui se trouve avoir des pouvoirs alors qu’elle n’en avait pas avant. Et dans tout le lot, certaines incohérences viennent égrainer le récit pour tenter de complexifier encore plus le scénario.

Ainsi donc, on se retrouve face à une nouvelle enquête pour vaincre une Sadako qui déboule d’on ne sait où et on ne sait pour quelle raison. C’est le véritable problème de ce film qui propose d’aider des personnes traumatisées mais qui n’ont rien demandé. Il semblerait que ce film soit juste une note d’intention pour surfer sur le succès du précédent film, qui est rapidement devenu un immanquable de l’horreur. Cette suite ne va faire que dégringoler durant son enquête, perdant le spectateur dans des phases inutiles et qui ne fonctionnent jamais. Tout comme lorsque la mère du petit meurt et que c’est l’héroïne qui le récupère alors qu’elle n’a aucun lien de parenté avec lui. A croire qu’il n’y a pas de services sociaux au Japon. C’est peut-être un détail, mais tout cela montre l’incohérence du métrage et sa notion même d’existence.

C’est exactement comme la fin, qui se veut l’antichambre des enfers, avec un voyage cérébral dans le monde des esprits et une expérience qui n’est pas sans rappeler Orange Mécanique ou encore L’Exorciste. Malheureusement, la sauce ne prend pas car on ne comprend pas ce qu’il se passe. Pourquoi faire ça ? En quoi le gamin va-t-il être un portail vers l’au-delà et donc vers le fantôme de Sadako ? Rien ne nous sera vraiment expliqués et il faudra rester dans l’expectative d’un hypothétique transfert d’énergie au sein d’une expérience nébuleuse sans queue ni tête. C’est très décevant et surtout cela ne permet pas de ressentir de l’empathie pour les personnages. D’autant plus que les pouvoirs de l’enfant deviennent surpuissants, devenant même par moments une sorte de Dark Vador miniature, arrivant à étrangler des gens par la pensée. Le phénomène est assez fort mais rien n’est fait pour arrêter cet enfant.

Cependant, tout n’est pas mauvais dans ce film. Son rythme bien que lent va permettre de poser une ambiance encore pesante. Même si le son est bien moins travaillé sur ce métrage et que l’on a du mal à retrouver l’angoisse du premier, certains moments sont dérangeants, comme lorsque des malades hurlent et se roulent au sol en voyant leur télé changer de programme pour mettre le puits de Sadako. Si ces fulgurances sont faiblardes dans ce film, elles restent tout de même efficaces et sauvent le métrage de l’ennui. Enfin, Sadako est relativement bien reproduite, continuant avec ses mouvements saccadés et son espèce de déplacement reptilien qui lui confère un aspect effrayant et inhumain. Le passage dans le puits, à la fin du film, est plutôt bien foutu, même si c’est véritablement le seul moment où l’on peut voir le fantôme. On ressent bien que Hideo Nakata repompe sur son premier film et c’est un poil dommage.

Au final, Ring 2 est un film qui est bien en deçà de son aîné. Servant un scénario trop complexe où l’on ne comprend pas les enjeux, le film se perd dans une recherche de défense contre Sadako qui n’a ni queue ni tête. Le film détient fort heureusement des passages qui le sauvent malgré son côté moins travaillé et presque inutile. Bref, un film décevant, surtout par rapport au premier, et qui sent le travail pour faire de l’argent et non pas pour une volonté de dire quelque chose, et c’est bien dommage.

Note : 11/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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