octobre 26, 2020

Resident Evil Retribution

De : Paul W.S. Anderson

Avec Milla Jovovich, Sienna Guillory, Michelle Rodriguez, Kevin Durand

Année : 2012

Pays : Canada, Allemagne

Genre : Action, Horreur

Résumé :

Le terrifiant virus mis au point par Umbrella Corporation continue à faire des ravages partout sur Terre, transformant les populations en légions de morts-vivants affamés de chair humaine. Alice, l’ultime espoir de notre espèce, s’éveille au cœur du plus secret des complexes industriels d’Umbrella. Au gré de son exploration à haut risque et de ses découvertes, les zones d’ombre de sa vie s’éclairent… Plus que jamais, Alice continue à traquer les responsables de l’atroce infection. De Tokyo à New York, de Washington à Moscou, elle les pourchasse jusqu’à la révélation explosive qui va remettre en cause toutes ses certitudes. Avec l’aide de nouveaux alliés et d’anciens amis, Alice va devoir se battre pour survivre dans un monde hostile, au bord du néant. Le compte à rebours a commencé…

Avis :

Alors que le précédent volet (Afterlife) plongeait la saga dans les méandres du Z avec un scénario d’une bêtise abyssale, il est rapidement devenu un phénomène, engrangeant plus de 300 millions de dollars de recette à travers le monde. Alors que la franchise ne devait être qu’une trilogie au départ, cette explosion des entrées est une aubaine pour son réalisateur, Paul W.S. Anderson, qui tient ici plusieurs casquettes, puisqu’il est aussi le scénariste et le producteur de la saga. Ce succès permet alors à une suite de voir le jour assez rapidement et Retribution va avoir le cul entre deux chaises. Le film va devoir assurer la continuité du précédent, qui s’arrête sur une attaque aérienne de plusieurs avions de Umbrella, tout en gardant suffisamment de mystère pour permettre au sixième volet d’avoir des choses à raconter. Le verdict est sans appel, c’est encore une fois du grand n’importe quoi.

Toujours précédé d’un passage explicatif, Resident Evil Retribution montre comment Alice se refait capturer par Umbrella et comment elle va essayer de se sortir des griffes du complexe moscovite grâce à son ennemi juré, Albert Wesker. Sorte de revival du premier sans jamais l’avouer, cet épisode va s’évertuer à mettre en avant des combats et de nouveaux personnages sans jamais les tenir et en maintenant à chaque fois une platitude crasse. Les enjeux de ce film sont très réduits, à savoir la fuite d’un complexe régi par la Reine Rouge, qui refait son apparition depuis le premier métrage. Alice va alors fracasser du zombie dans différentes zones du complexe qui prendront l’aspect des rues de Tokyo, Berlin, Time Square ou encore Moscou. Et finalement, le film ne sera qu’une succession de rencontres et de combats, sans jamais approfondir ses personnages ou les raisons de ce sauvetage par l’ennemi. Pire que cela, le film aura tendance à nous prendre pour des imbéciles, essayant de nous faire croire qu’inclure une enfant sourde et muette dans la vie d’Alice va permettre de découvrir de nouvelles facettes de son personnage. Dans la réalité, ce personnage ne permettra que de rajouter une séquence d’action dans laquelle Alice va buter un Licker géant.

L’autre défaut du film est de faire du fan service sans jamais se soucier du fan finalement. Paul W.S. Anderson a bien compris que certaines personnes étaient attachés aux protagonistes du jeu et il se permet de mettre Leon Kennedy, Ada Wong ou encore Barry Barton, mais sans jamais les rendre attachants, drôles ou touchants. L’empathie ne se fait pas, on ne ressent rien pour ses personnages et ils pourraient s’appeler Jacques ou Godefroy que le résultat serait le même. C’est exactement la même chose avec le bestiaire qui correspond au jeu mais qui n’apporte rien de plus que du bigger and louder. La preuve avec le combat contre les deux géants armés de hache, puisque dans le précédent volet, il n’y en avait qu’un. De ce fait, on se rend vite compte que Resident Evil Retribution flatte le spectateur avide de combats, mais jamais celui qui recherche un peu plus, que ce soit dans la chorégraphie ou dans la maîtrise technique.

Car filmer avec les caméras de James Cameron, c’est bien cool. Et inclure de la 3D pour flouter les manques scénaristiques, c’est assez malin. Mais encore faut-il avoir du talent. En effet, entre le déluge de CGI affreux (la voiture qui descend les escalators) ou les combats redondants, il n’y a pas de quoi faire du foin. Si certains moments peuvent paraître impressionnants, comme lorsqu’Alice tabasse une dizaine de zombies tokyoïtes, on se rend vite compte qu’encore une fois, il s’agit d’un combat unilatéral, se déroulant dans un couloir, afin de ne pas trop bouger la caméra. Ce sera d’ailleurs la même chose avec le combat de fin, qui se déroule sur un même axe, n’utilisant jamais les éléments du décor pour faire quelque chose d’inventif et de novateur. Alors oui, sur le coup, on peut se dire que ça marche et que c’est beau. Le réalisateur vend ça comme un moment épique, arguant le fait qu’il y a plus de 200 mouvements dans combat final, mais finalement, on s’ennuie assez vite et pire que cela, l’empathie ne fonctionnant pas, on se fout royalement de ce qui peut arriver.

Enfin, il manque une chose importante à Resident Evil Retribution, c’est une histoire qui tienne la route. Ennemi du premier, Albert Wesker vient en aide à Alice dans cet opus sans que l’on ne sache trop pourquoi. Bien évidemment, la réponse viendra dans une scène finale complètement bordélique et ressemblant plus à une scène de jeu vidéo qu’à un vrai film, mais globalement, on a bien du mal à comprendre pourquoi Alice continue à tomber dans les pièges d’Umbrella. Soit elle est conne, soit elle est SM, mais dans les deux cas, l’histoire n’est pas bonne. Il y a aussi un manque de cohérence entre les deux films. Que sont devenus Chris et Claire Redfield ? Comment une société en déroute à cause de la sècheresse que l’on voit dans le trois semble encore bien vaillante à la fin de cet épisode ? Et pourquoi Wesker, à l’origine de la destruction de l’humanité, veut-il sauver la race humaine ? Autant de questions qui resteront sans réponse et auxquelles Paul W.S. Anderson ne semble pas faire cas. Mais finalement, l’incohérence ne fait-elle pas partie intégrante du metteur en scène le plus binaire du moment.

Au final, Resident Evil Retribution est une grosse arnaque toute bouffie qui se gargarise dans sa médiocrité. On se demande d’ailleurs comme Michelle Rodriguez ou Kevin Durand ont pu accepter de jouer dedans. Mauvais et moche de bout en bout, le film se sauve grâce à un rythme effréné et à une absence de cynisme qui peut faire froid dans le dos comme elle peut prêter à sourire. Bref, un mauvais film.

Note : 04/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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