Resident Evil Afterlife

De : Paul W.S. Anderson

Avec Milla Jovovich, Ali Larter, Shawn Roberts, Wentworth Miller

Année: 2010

Pays: Etats-Unis, France, Allemagne

Genre : Action, Horreur

Résumé :

Dans un monde ravagé par un virus, transformant ses victimes en morts-vivants, Alice continue sa lutte à mort avec Umbrella Corporation. Elle poursuit son voyage à la recherche de survivants et d’un lieu sûr où les mener.
Cette quête les mène à Los Angeles mais ils constatent très vite que la ville est infestée par des milliers de morts-vivants. Alice et ses compagnons (dont un vieil ami inattendu) sont sur le point de tomber dans un piège d’Umbrella.

Avis :

En règle générale, quand un réalisateur reprend son bébé en main, c’est pour deux raisons. Soit il a été maltraité par les différents metteurs en scène et estime qu’il n’y a que lui qui a la bonne vision du film. Soit plus personne ne veut continuer une saga qui partait déjà sur de mauvaises bases. Paul W.S. Anderson est un personnage particulier qui semble complètement dénué d’intelligence, ou tout du moins d’un regard lucide sur ses films et sa carrière en globalité. S’il a réalisé un très bon film d’horreur en la présence d’Event Horizon le Vaisseau de l’Au-Delà, il est tombé dans les tréfonds du Z avec la saga Resident Evil. Si son premier opus pouvait encore passer dans les années 2000, aujourd’hui, le film a pris un sacré coup dans la tronche. Mais le problème ne se trouve pas là. Après deux épisodes plutôt convenables, il décide de reprendre le filon et va alors réaliser Afterlife, le quatrième épisode de la franchise Resident Evil, qui aurait dû s’arrêter au film précédent.

Déjà que la saga n’avait pas grand-chose à raconter, hormis les manipulations génétiques sur Alice pour la rendre plus forte et ainsi constituer une armée que louerait Umbrella au gouvernement, le réalisateur va écrire ce qui va être la pire chose pour le cinéma de genre, à savoir un film complètement Z avec de la thune et sans aucune once de cynisme. Après avoir envoyé ses amis en Alaska, Alice va péter la gueule à Wesker dans son laboratoire au Japon. Alors que le monde était une étendue de sable et que l’on retrouvait un univers dystopique, on replonge dans quelque chose de plus urbain et qui ne semble pas se soucier de l’environnement créé auparavant. Ce manque de cohérence va déjà créer un fossé entre les deux trilogies (on peut les appeler ainsi vu la différence qui existe) et qui plus est, on pourrait presque croire que le réalisateur chie royalement sur ce qu’ont fait Alexander Witt et Russell Mulcahy. Du coup, on se retrouve dans un Tokyo en proie aux zombies, puis à un Alaska vide et ensuite à un Los Angeles en partie détruit par une horde de zombies. Toutes ces ambiances ne correspondent aucunement à l’épisode précédent et le changement est brutal.

La seule chose que garde le réalisateur, ce sont certains personnages et surtout Alice (bien évidemment) et Claire Redfield que l’on retrouve grâce à un heureux jeu du hasard. Le pire dans tout ça, c’est que les autres personnages seront totalement inconsistants et qu’il va régner dans le film un non-sens hallucinant sur les liens de parenté de certains protagonistes. Voulant à tout prix mettre les personnages des jeux vidéo, Paul W.S. Anderson ajoute Chris Redfield qui voit sa sœur comme par magie. Le monde est petit me direz-vous, mais on ne serait pas en train de se foutre de notre gueule ? Bien entendu, rien ne sera mis en avant, pas même leur lien de parenté, qui ne sera qu’un atout pour sortir Chris de prison. Quant aux personnages secondaires, on reste dans ce qui se fait de pire, avec de la chair à canon sans consistance, un Kim Coates période Sons of Anarchy à la dérive et qui ne sert à rien, ou encore un basketteur pro qui s’improvise survivaliste et pour lequel on ne sentira aucune empathie. Tout ce petit monde bouge beaucoup, mais brasse énormément de vent sans jamais arriver à susciter ne serait-ce qu’une émotion.

Une émotion que l’on ne retrouve pas non plus dans le scénario qui semble être écrit par un gosse de douze ans. Le patron d’Umbrella tend un piège aux survivants, qui vont joyeusement tomber dedans, pour repartir sur un nouveau virus, qui aura un lien avec le Resident Evil 4. Encore une fois, c’est poussif, on reprend les mêmes codes avec le fait de survivre, de tomber dans un piège, d’en sortir, puis de friter le boss final. Sérieusement, même en regardant le film comme un bête métrage pour se distraire, rien ne fonctionne parce que l’histoire est inintéressante. Mais finalement, le pire dans tout ça, c’est la mie en scène putassière de Paul W.S. Anderson. A plusieurs moments il va user, encore une fois, de ralentis qui se veulent esthétiques. Le problème, c’est qu’ils ralentissent l’action et que cela pourrait s’apparenter à de la branlette scénique tant tout cela n’apporte rien. Et surtout, le réalisateur fait ça sans aucune once de cynisme ou d’ironie et livre une prestation qu’il pense sincèrement grandiose. La scène des douches, par exemple, lorsque Alice et Claire affronte un monstre géant armé d’une sorte de hache gigantesque, aurait pu être sympathique. Le problème, c’est que les ralentis sont trop nombreux et surtout, le combat est unilatéral, se déroulant dans un couloir et n’exploitant jamais son environnement. Du coup, on voit une nana qui fait une pirouette, qui passe entre les jambes du méchant et qui tire un coup de fusil. Tout ça pour trois actions avec la sensation que le réalisateur est satisfait de sa prestation, comme un film de fin d’étude sans idée scénique et scénaristique.

Au final, Resident Evil Afterlife s’impose comme l’un des plus mauvais opus de la saga. Entre un scénario aux fraises et des acteurs au rabais, Paul W.S. Anderson prouve aussi qu’il a un égo démesuré et qu’il pourrait bien devenir le nouveau Uwe Boll. Sauf que ce dernier, sur la fin de sa carrière, commençait à avoir du cynisme et à faire des films plus second degré, ce que semble être incapable Paul W.S. Anderson. Et c’est bien là tout le problème…

Note : 05/20

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Par AqME

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