octobre 24, 2020

Resident Evil

De : Paul W.S. Anderson

Avec Milla Jovovich, Michelle Rodriguez, Eric Mabius, James Purefroy

Année : 2002

Pays : Angleterre, Allemagne, France

Genre : Action, Horreur

Résumé :

Dans un immense laboratoire souterrain, ont lieu des recherches ultras secrètes, supervisées par des centaines de scientifiques. Lorsque l’alarme retentit, tout le monde croit à une simple simulation d’évacuation. Mais bientôt, l’horreur les rattrape. Un virus hautement mortel se propage à un rythme effréné dans les couloirs : en quelques minutes, il met fin à toute vie humaine.

Au même moment, Alice se réveille dans un somptueux manoir. Ignorant comment elle a pu atterrir là, elle fait la rencontre de Matt, un policier. Avant même qu’ils n’aient pu trouver une explication logique à ces phénomènes étranges, un groupe d’intervention militaire, les S.T.A.R.S, débarque de nulle part et les oblige à les suivre. Ces derniers ont reçu l’ordre d’infiltrer le laboratoire et de neutraliser la Red Queen, le super-ordinateur devenu fou que l’on tient pour responsable du désastre.

Avis :

Il est assez formidable de voir comment le cinéma essaye de s’accaparer les univers des jeux vidéo sans succès alors que le jeu vidéo a réussi avec brio à prendre des éléments cinématographiques pour rendre ses histoires plus vivantes et prenantes. Quand on jette un rapide coup d’œil sur les adaptations vidéoludiques, on se rend vite compte que peu de films sortent du lot, surtout si on les compare à l’expérience vécu manette en mains. Franchement, hormis Silent Hill de Christophe Gans, peu de films issus de jeux peuvent se targuer d’être bons et c’est bien souvent le contraire qui se passe. Si on atteint des moments sympathiques avec Prince of Persia ou Doom, ce n’est pas la panacée non plus. Mais quand il faut évoquer House of the Dead ou Alone in the Dark de Uwe Boll, c’est plus que la douche froide, c’est la baignoire de glaçons. Alors forcément, dans les années 2000, lorsque Paul W.S. Anderson décide d’adapter Resident Evil, il y avait de quoi être inquiet et excité à la fois.

Excité car le bougre avait réalisé juste avant ce qui sera son chef d’œuvre, Event Horizon, un film de science-fiction horrifique angoissant et d’une grande réussite. Cependant, on pouvait aussi craindre le pire avec les contraintes de studios toujours demandeurs de modération sur le sang, mais aussi les idées d’adaptation qui parsemaient le cerveau malade du réalisateur. En effet, l’homme a souvent associé Resident Evil à son livre de chevet Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll, mais pas dans le scénario, plutôt dans la forme, à savoir une femme (fille) qui trouve quelque chose de secret enfoui sous la terre. Et finalement, les fans du jeu avaient raison d’avoir peur.

Si l’on s’en tient exclusivement au scénario, le film n’a que peu de lien avec le jeu. On retrouve les éléments principaux comme le bestiaire ou encore le laboratoire souterrain, mais les personnages ne sont pas les même et on demeure bien loin d’un survival, le film s’assumant plutôt comme un film d’action avec des soldats complètement idiots. Et c’est sûrement là que le film se rate le plus. A aucun moment le métrage de Paul W.S. Anderson n’arrive à rappeler le jeu de quelque façon que ce soit. Le côté survie est précaire et n’arrive qu’à la fin et surtout, l’héroïne principale est à mille lieues de ce que l’on peut trouver dans la saga virtuelle. En fait, le réalisateur occulte tout ce qui a fait l’essence même du jeu pour développer un délire d’action avec des zombies dedans.

Et avec cette action, le metteur en scène oublie que Resident Evil, c’est avant tout une ambiance pesante et un risque pour sa vie à chaque instant. Ainsi, hormis deux/trois plans au début du film pour faire genre, c’est quand même un film d’horreur, Paul W.S. Anderson est incapable de susciter la moindre crainte pour le spectateur. Cette absence de crainte provient de trois choses essentielles pour un film d’horreur. En premier lieu, les personnages ne sont pas du tout attachants. Milla Jovovich ne possède que deux expressions pour incarner Alice et on se fout un peu de son sort et même de son mystère car elle devient au fur et à mesure du film invincible, sautant dans tous les sens pour buter du zombie. Quant aux autres protagonistes, ils sont complètement transparents et ne servent pas à grand-chose, surtout les personnages masculins que sont Eric Mabius (aussi charismatique qu’une huître) et James Purefroy, tout gringalet et peu crédible. Ensuite, le film ne suscite pas la peur car il est trop nerveux et ne prend pas le temps de poser une ambiance correcte. Si on peut trouver quelques moments sensibles, comme lors de l’apparition du premier zombie dans la zone des cuves avec de la fumée au sol, c’est un bien maigre lot de consolation. Enfin, la mise en scène est terriblement mauvaise.

C’est une récurrente dans la saga des Resident Evil, mais le côté flashback est tout bonnement insupportable et les ralentis pour appuyer des moments forts sont inutiles. Utilisée à tout bout de champs, cette façon de faire ralentit l’action mais ne la rend pas plus lisible pour autant. Bien au contraire, on se retrouve parfois sur des moments kitschs à souhait, notamment lorsque Alice s’appuie sur deux murs pour mettre un coup de pied à un chien. Mais le pire dans tout ça, c’est que ces ralentis sont parfois utilisés pour montrer une avancée de zombies (comme si ces derniers n’allaient pas déjà assez lentement) avec une image granuleuse et un zoom chevrotant donnant véritablement envie de vomir. Rajoutons à cela des CGI qui ont pris chers dans la tronche, notamment sur le Licker qui est une abomination de pixels et on obtient tout ce qu’il ne faut pas faire pour faire peur.

Au final, Resident Evil commence une franchise de bien mauvais manière. Si le film comporte son lot de moments plutôt intéressants, il n’en demeure pas moins complètement infidèle au jeu dans son fond et il semblerait que Paul W.S. Anderson n’ait pas compris l’essence même de cette saga mythique du jeu vidéo. Bref, un film qui mêle horreur et action sans jamais faire peur ou susciter de la crainte pour ses personnages. On se retrouve donc devant un énième ratage d’adaptation de jeux et c’est bien dommage tant on voulait y croire. Ce que nous ne savions pas, c’est que le pire était à venir.

Note : 07/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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