Sirenia – Dim Days of Dolor

Avis :

Fondé en 2001 par Morten Veland, Sirenia est né du départ de son fondateur du groupe Tristania. Mais ne perdant pas de vue son amour pour le métal symphonique, le leader va continuer dans cette voix avec des musiciens norvégiens mais des chanteuses lyriques venant d’autres pays que la Norvège. En effet, durant une longue période, la chanteuse fut Ailyn, une chanteuse d’opéra d’origine espagnole. Mais suite à son départ, et malgré un album en 2015 et en 2013, le groupe se retrouve un petit peu dans la tourmente et décide d’engager une autre chanteuse lyrique. Il s’agira alors d’Emmanuelle Zoldan, une mezzo-soprano française qui a déjà à son actif plusieurs participations avec d’autres groupes de métal comme Turisas ou encore Trail of Tears. Huitième album studio pour le groupe Sirenia, Dim Days of Dolor n’était pas particulièrement attendu, notamment à cause du départ de la précédente chanteuse, mais aussi parce que l’album précédent n’a qu’un an et qu’il est rare qu’un groupe de métal symphonique sorte deux albums coup sur coup. Mais qu’importe le flacon pourvu que l’on ait l’ivresse et c’est tout à fait ce que va apporter cet album qui, malgré son enregistrement étrange avec une chanteuse recrutée sur le tard et qui a fait ses enregistrements après la musique, est une parfaite réussite, offrant des morceaux classiques et entêtants et d’autres plus complexes et cela malgré une diminution du chant guttural et des airs d’opéra.

Le skeud commence fortement avec Goddess of the Sea. Commençant avec une intro symphonique et des chœurs rappelant les belles heures de ce genre, le morceau n’hésite pas à balancer des riffs agressifs dès le départ avant de se calmer pour laisser plus de place à la chanteuse. Très clairement, le morceau n’a rien de vraiment innovant dans sa proposition, on pourrait d’ailleurs presque croire à du Nightwish tant l’inspiration peut sembler manquer. Seulement, l’osmose prend forme petit à petit et le morceau devient quelque chose d’envoûtant, d’imposant et montre que le groupe n’a pas perdu de sa superbe. Bien au contraire, il va savoir s’imposer dans des compos plus simples mais terriblement entêtantes à l’image de Dim Days of Dolor, qui est d’une efficacité sans faille. Doté d’une grande beauté, le morceau fait office de hit dans l’album et il faut reconnaître que c’est extrêmement efficace. D’ailleurs, ce titre permettra à la chanteuse d’alterner des moments plus aigus à d’autres plus graves, montrant qu’elle peut monter très haut, mais aussi tenir sur un rythme plus rapide. Bien évidemment, ces morceaux plus accessibles sont rares sur le skeud et le groupe n’oubliera pas non plus ses premiers amours.

Des amours solides, plus rêches, avec des compos plus complexes et des titres bien plus longs. The 12th Hour en est un exemple flagrant puisqu’il signe le retour de la voix guttural de Morten Veland afin d’accentuer une agressivité qui était un peu en berne, donnant du répondant à la voix de la chanteuse qui s’accapare parfois un peu trop le devant de la scène. On retrouvera cela dans le titre Playing With Fire, malgré une structure plus simpliste mais doté d’un refrain qui rentre immédiatement en tête, chose rare dans le domaine du métal symphonique. On trouvera aussi un morceau avec des voix masculines claires, ce qui est presque une nouveauté avec Sirenia. Veil of Winter est un sublime morceau qui alterne à la perfection les voix masculines et féminines et qui se termine par un solo dantesque qui finit par montrer que non seulement les vocalises sont splendides, mais la qualité technique est bien au rendez-vous. Certains titres de l’album s’octroient aussi le droit de faire quelques passages dans le Black avec une double pédale bien percutante et un rythme très engagé. Enfin, comment ne pas succomber à Aeon’s Embrace, la ballade de l’album qui se placera à la toute fin et qui montre toute l’étendue du talent de la chanteuse. En plus de cela, une piste bonus sera en français, montrant tout l’amour de notre pays par ce groupe et il faut avouer que c’est juste sublime.

Au final, Dim Days of Dolor, le dernier album de Sirenia, est une réelle réussite. Généreux, varié et surtout d’une technicité irréprochable, le groupe n’oublie pas aussi d’être accessible et de fournir des mélodies gracieuses qui restent immédiatement en tête. On dit souvent que les meilleurs albums se font dans la douleur, et il semblerait que cet adage se vérifie une nouvelle fois avec cet album qui est une très belle réussite.

  1. Goddess of the Sea
  2. Dim Days of Dolor
  3. The 12th Hour
  4. Treasure N’ Treason
  5. Cloud Nine
  6. Veil of Winter
  7. Ashes to Ashes
  8. Elusive Sun
  9. Playing With Fire
  10. Fifth Column
  11. Aeon’s Embrace
  12. Aeon’s Embrace French Version

Note : 17/20

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Par AqME

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