octobre 28, 2020

XXX 2 – The Next Level

Titre Original : XXX 2 – State of the Union

De: Lee Tamahori

Avec Ice Cube, Willem Dafoe, Samuel L. Jackson, Scott Speedman

Année: 2005

Pays: Etats-Unis

Genre: Action

Résumé:

Un complot se trame au cœur de la Maison Blanche. La plus haute autorité du pays est en danger. Augustus Gibbons vient lui-même d’échapper à un attentat au sein du quartier général secret de la NSA. Plus personne n’est en sécurité…
Pour l’aider à déjouer la machination, Gibbons a besoin d’un nouvel agent XXX. Pour lui, un seul homme peut mener à bien cette mission : Darius Stone, un soldat d’élite décoré des Forces Spéciales, un dur venu du ghetto, expert en armement et en techniques de combat, et une forte tête…

Avis :

Il y a deux raisons pour faire une suite. La première, qui est la plus valable culturellement parlant, c’est qu’elle est nécessaire à l’histoire, apportant des précisions sur des zones d’ombre et amenant un approfondissement sur certains personnages. La deuxième, la moins valable, c’est la suite qui correspond à un appel d’argent, celle qui n’apporte rien à la licence et qui n’est là que pour surfer sur le succès du premier métrage. XXX 2 se situe exactement sur la deuxième voie, affichant le titre du premier film afin de s’assurer un minimum de spectateur dans les salles. Malheureusement, entre un metteur en scène qui change, l’ancien ne devenant plus que producteur, et un acteur principal aux abonnés absents pour se concentrer sur d’autres projets, rien ne semblait aller pour cette suite inutile. Et de façon complètement logique, on va se retrouver face à un actioner basique, même bas de gamme, qui ne sortira jamais du carcan pseudo cool qu’il s’impose, reprenant presque une blaxploitation percluse de clichés et de mauvais goût.

Dans cet opus, on dit adieu à Xander Cage (Vin Diesel) que l’on nous dit mort. Il faut alors recruter un nouvel espion, mais dans un autre registre, puisque cette fois les cascades ne seront pas forcément utiles, l’ennemi venant de l’intérieur. Exit donc les séquences en plein air, les méchants soviétiques à l’accent rugueux et les complots visant à dominer le monde. Dans cette suite, les éléments sont plus petits et visent quelque chose de plus simple, l’assassinat du président pour prendre sa place. Le scénario s’expose donc à quelque chose de déjà vu, avec un méchant en interne qui joue un double-jeu. Si sur le papier cela pouvait s’avérer palpitant, à l’écran, c’est moins joyeux. La faute à un récit qui s’embourbe dans une complexification inutile, n’identifiant jamais qui sont réellement les méchants, laissant le spectateur sur un sentiment de flou assez désagréable, comme si ce qu’il se passait à l’écran n’avait pour unique et seul but que de faire exploser des bagnoles et tirer dans le tas. Le film manque clairement de finesse, et même si ce n’est pas cela que l’on vient chercher quand on regarde un XXX, le scénario est vraiment lourd et peine à susciter de l’intérêt pour le spectateur.

En effet, là où le premier prenait le temps de construire un personnage et d’étoffer des relations dangereuses, cette suite veut aller à l’essentiel mais ne parvient jamais à humaniser son personnage. Ice Cube joue un gros bras anciennement marines qui va se sortir de prison pour mettre des baffes au compte de son pays. Personnage rempli de clichés désagréables, le film n’essayera jamais de fournir des explications sur son comportement, sur ses envies ou encore sur son passé. On retrouvera quelques anciens potes pour apporter un peu d’épaisseur, mais cela est bien maigre et on ne sentira aucune empathie pour le personnage. Et à partir de ce moment-là, c’est tout le film qui va se vautrer dans le mauvais goût. Déjà, difficile de s’impliquer si le personnage principal est raté, mais lorsque en plus le film est un festival de clichés sur les blacks et le milieu urbain, il y a de quoi sauter au plafond.

On pourrait presque taxer le film de racisme et de blaxploitation honteuse. C’est bien simple, hormis deux personnages blancs, tous les autres sont des méchants, alors que les noirs sont tous des gangsters patriotiques au grand cœur avide de liberté. On sent que Lee Tamahori s’inspire des mythes urbains dû au rap et à cette culture hip-hop (alors que le premier était plus rock et métal) mais il n’arrive pas à digérer toutes ces références et livre quelque chose de totalement à la ramasse. Entre les punchlines débiles que lâche Ice Cube, le club de bagnoles tenu par l’ex du héros qui possède des seins énormes (en gros, même si tu tiens une grosse boîte, une femme reste un objet aux immenses implants mammaires) ou encore le copain un peu débile qui ne sait que conduire en faisant des vannes, on reste dans quelque chose de particulièrement classique et qui n’apporte vraiment rien de neuf. Sans compter sur les running gags insupportables, comme la phrase de Tupac qui va être ressortie au moins trois fois durant tout le film.

Mais le pire dans tout ça réside dans le dernier tiers du film qui est totalement imbuvable. Entre une mise en scène épileptique et des effets spéciaux complètement foirés pour mettre en scène un train présidentiel qui file à toute berzingue, Lee Tamahori opte pour la facilité et livre une séquence horrible, illisible et complètement bordélique. En fait, durant tout le métrage, Ice Cube se présente comme un bon bagarreur un peu lourdingue mais jamais souple et félin comme a pu l’être Vin Diesel (ce qui est étonnant vu son gabarit). Et d’un coup, lors de la séquence finale, le voilà qui se met à sauter dans tous les sens pour grimper dans un train. Complètement surréaliste mais dans le mauvais sens du terme, le dernier passage est vraiment raté et plombe tout le film qui n’arrive à aucun instant à susciter quelques émotions ou plaisir coupable. Même l’humour est lourd et sans intérêt.

Au final, XXX 2 – The Next Level est une grosse purge qui va d’ailleurs plomber la série et la jeter dans le gouffre infernal des films qui ont tué une saga. Très différent du premier en voulant arpenter un chemin plus bourrin, le film se perd dans une multitude de clichés et une impossibilité de sortir d’un cadre qu’il s’est imposé avec un milieu urbain parodié au possible et des personnages inconsistants.

Note : 06/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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