novembre 30, 2020

Le Concile de Pierre – Jean-Christophe Grangé

Auteur : Jean-Christophe Grangé

Editeur : Albin Michel/Le Livre de Poche

Genre : Thriller, Fantastique

Résumé :

Diane Thiberge est un drôle d’animal : grande, belle, blonde, elle a été, adolescente, victime d’une horrible agression. Résultat : elle est maintenant solitaire, championne en arts martiaux et spécialiste du comportement des animaux prédateurs.

À 29 ans, pour sortir de sa citadelle, elle décide d’adopter dans un orphelinat en Thaïlande, un petit garçon de cinq ans. Lu-Sian, dit Lucien, va changer sa vie… pour le meilleur et pour le pire !

Suite à un accident de voiture qui laisse Lucien cliniquement mort, des meurtres vont se succéder autour de Diane. Peu à peu, les contours d’une terrifiante machination se font jour et vont entraîner Diane jusqu’en Mongolie, dans une ethnie aux étranges pouvoirs. Tout se jouera au centre d’un cercle de pierre témoin d’atroces expériences…

Avis :

Si l’on doit référencier les auteurs français importants qui officient dans le domaine du thriller et parfois de l’horreur, on n’en aurait pas pour longtemps. En effet, parmi les plus connus, seuls Maxime Chattam, Franck Thilliez et Jean-Christophe Grangé se détache du lot, grâce à une qualité indéniable de leurs romans, mais aussi et surtout par leur faculté à écrire vite et bien. Ainsi, deux ans seulement après son immense succès Les Rivières Pourpres en 1998, Jean-Christophe Grangé sort Le Concile de Pierre, qui connaîtra lui aussi une adaptation cinématographique. Cependant, l’histoire de ce roman va très rapidement évoluer vers quelque chose de plus ésotérique, de plus spirituel, pour carrément partir vers un récit fantastique à la toute fin du roman. Cette insertion dans un domaine que le romancier maîtrise peu est-il une réussite ? On peut clairement dire que non même si le livre n’est pas complètement raté.

Dans ce roman, l’auteur va nous présenter le personnage de Diane Thiberge. Grande, blonde et belle, elle est pourtant sujette à un contrôle extrême de soi et s’interdit beaucoup de chose, dont le fait qu’on la touche depuis un viol subit à l’adolescence. Personnage féminin fort, elle sera l’essence même du roman, celle que l’on va suivre du début à la fin, avec une évolution finalement assez minime de son état d’esprit. Cette rigidité sera l’occasion pour l’auteur de présenter le monde qui l’entoure de manière froide et presque clinique. Cette façon de faire permettra alors d’interpréter certaines choses de manière assez différente, donnant un roman assez énigmatique sur ses intentions et relativement froid dans son intrigue.

Une intrigue qui partira sur le thriller classique, avec des meurtriers voulant la peau non pas de l’héroïne, mais de son enfant adoptif, puis qui va se transformer en récit d’action avant de terminer sa route dans une histoire purement fantastique. Et c’est peut-être là que le bât blesse, puisque la partie fantastique sera très vite expédiée et arrivera presque comme un cheveu sur la soupe. Si des évènements étranges surviennent durant toute l’histoire, comme des hypnotiseurs, des séances d’acupuncture magique ou encore une façon de tuer déroutante, la dernière partie s’avère carrément hallucinante et opte pour un raisonnement très clair. Et c’est ça qui est dommage. L’auteur ne laisse pas le doute s’installer chez le lecteur. On aurait pu croire à une mauvaise blague, à des drogues hallucinatoires ou à un autre subterfuge, mais Jean-Christophe Grangé assume son choix et fonce tête baissée dans une conclusion lourde et qui parait presque ridicule. D’ailleurs, on ne sera pas étonné de voir le mauvais film que cela a donné tant à la lecture cela parait intranscriptible.

Malgré tout, il faut reconnaître les talents d’écriture de l’auteur. On voyage de Paris au Sud de la France en passant par la Russie et la Mongolie et le roman s’avère être tout bonnement dépaysant. Les descriptions sont précises, souvent oniriques et donnent vraiment envie de partir dans ces contrées lointaines et sauvages. On sent aussi que l’auteur s’est bien renseigné sur ses thématiques. On découvrira alors certains secrets du régime soviétique, qui fait fantasmer tant de complotistes, on aura aussi des réflexions sur le nucléaire et ses méfaits, ou encore sur la bourgeoisie parisienne qui aime paraître pour se cacher derrière des masques de cire qui fondent assez rapidement. Là-dessus, on ne peut rien reprocher au livre tant la lecture est fluide et surtout agréable. Car malgré l’accueil plutôt moyen du livre, on reste jusqu’au bout pour savoir ce qu’il va se passer et comment va évoluer l’intrigue. Ainsi donc, Le Concile de Pierre pourrait se comparer à un bon page turner sans grand intérêt.

Au final, le Concile de Pierre est un roman décevant de Jean-Christophe Grangé. Pas mauvais pour autant, le livre a juste un énorme problème d’équilibre entre sa phase enquête, sa phase voyage et sa phase fantastique qui se réduit aux trente dernières pages et qui tombe d’un coup, sans crier gare. De ce fait, le troisième roman de l’auteur est une petite déception tant il nous avait conquis avec Les Rivières Pourpres et Le Vol des Cigognes. Le roman moins puissant et qui exclut un peu le spectateur à cause d’une héroïne trop froide et pas suffisamment attachante.

Note : 11/20

Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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