Hannibal

De : Ridley Scott

Avec Anthony Hopkins, Julianne Moore, Gary Oldman, Ray Liotta

Année: 2001

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Thriller

Résumé:

Il y a dix ans, le docteur Hannibal Lecter s’échappait de sa cellule. Clarice Starling, agent du FBI sur la touche, n’a pas oublié sa rencontre avec lui, sa présence troublante et le son grave de sa voix qui hantent toujours ses nuits.
Mason Verger, un ancien patient, se souvient également d’Hannibal, puisqu’il a été sa quatrième victime. Malgré le fait qu’il ait été atrocement défiguré et mutilé, il a survécu. Il nourrit sa vengeance depuis dix ans. Devenu extrêmement riche, il promet une récompense de trois millions de dollars pour quiconque le repérera.
L’inspecteur Rinaldo Pazzi lui téléphone pour l’informer de sa présence en Italie. En effet, après avoir changé d’identité, Hannibal est devenu le conservateur d’un musée à Florence. Et pour attirer ce dernier dans ses filets, Mason connaît un appât irrésistible : Clarice Starling. L’heure de la vengeance va peut-être sonner.

Avis:

Ridley Scott est entré avec grâce dans le nouveau millénaire en offrant un chef d’œuvre, « Gladiator« . Alors que le péplum était un genre qui avait pratiquement disparu, Ridley Scott a su le faire revivre de la plus belle et intense des manières et pour l’occasion, il a réussi à faire oublier l’espace d’un instant les petits manqués ou moins bons que sont « A armes égales » et « Lame de fond« .

Pour son deuxième film des années 2000, Sir Ridley Scott va alors se lancer dans un film aussi risqué qu’attendu. Il y a dix ans de cela, en 1991, le réalisateur Jonathan Demme offrait un chef d’œuvre et deux personnages puissants au monde du cinéma. Ce film, c’est « Le silence des agneaux« , un polar sombre et violent, comme on en voit peu. D’emblée, le film de Demme était entré au panthéon des plus grandes œuvres du cinéma et l’idée de redonner vie à ces personnages pour une suite n’était pas si mauvaise que ça. Ridley Scott s’attèle donc à cette suite. Malheureusement, « Hannibal » a amené avec lui bien des déceptions…

Voilà dix ans que l’agent du FBI Clarice Starling a sauvé la fille de la sénatrice Martin grâce à l’aide de ses entretiens avec le psychopathe Hannibal Lecter. Cela fait aussi dix ans que le docteur Lecter est recherché par les polices après qu’il se soit évadé de prison.

Alors que Clarice vient d’être mise sur la touche à cause d’une opération qui a mal tournée, de nouveaux éléments la relance sur les traces du docteur Lecter. Ces nouveaux éléments sont apportés par Mason Verger, l’une des seules victimes du Docteur Lecter qui ait survécu. Verger entretient une haine doublée d’une fascination sans limite pour Lecter. Milliardaire, il va même offre une prime à quiconque trouvera le docteur Lecter. Et c’est entre les manipulations de Verger et son désir de retrouver Lecter, que Clarice va, dix ans plus tard, se retrouver de nouveau confrontée au docteur Lecter.

« Le silence des agneaux » est un chef d’œuvre et il était difficile de passer au-dessus du film de Jonathan Demme, et malheureusement Ridley Scott n’y arrivera pas. Son film n’est pas vraiment mauvais, et si l’on regarde bien, son scénario est très intéressant à plus d’un titre. Si l’ambiance est moins sombre que dans le premier film, l’enquête qui est menée ici n’est pas mal du tout. L’idée de la vengeance et des manipulations d’une ancienne victime sont excellentes. Tout comme l’idée de la prime sur la tête de Lecter par cette victime.

La relation entre Clarice et Hannibal, même si elle met du temps à arriver, reste toujours aussi ambiguë et appréciable. Elle amènera sur un face à face excellent au final. Un face à face qui fait froid dans le dos.

Des idées, « Hannibal » en regorge aussi dans la mise en scène de Ridley Scott, qui s’avère être raffinée, à l’image de Lecter. Le réalisateur nous offre un film plutôt classieux, qui est beau à regarder. Un film qui n’hésite pas non plus à aller dans le macabre, comme la scène des sangliers, ou encore le final ou bien la pendaison d’un homme. S’il manque l’ambiance et la tension du « … silence des agneaux« , « Hannibal » détient toutefois de vraies fulgurances.

« Hannibal« , c’est aussi une bonne bande originale composée par Hans Zimmer. Une bande originale qui elle aussi colle parfaitement à l’image du Docteur Lecter. Tour à tour classieuse ou macabre, elle est un joli plaisir à écouter, même en dehors du film.

Ce film, c’est aussi le plaisir de retrouver Anthony Hopkins dans ce rôle qui lui va à merveille. Si dans « Le silence des agneaux« , Hopkins apparaissait finalement peu, ici Ridley Scott lui offre plus de place et l’acteur peut ainsi étendre et étoffer son personnage et c’est un vrai plaisir. Ce film, c’est aussi Gary Oldman, stupéfiant et méconnaissable dans le rôle d’une victime de Lecter.

Mais voilà, comme je le disais plus haut, « Hannibal« , malgré ses bons points, n’est pas vraiment une réussite et hormis la déception de cette ambiance si marquante qu’on ne retrouve pas ou peu dans ce film, c’est bel et bien le remplacement de Jodie Foster qui fait chuter le tout. Julianne Moore est une grande actrice et son talent n’est plus à prouver. D’ailleurs, dans ce film elle est loin d’être mauvaise. Mais voilà, malgré toutes les convictions qu’elle y met, elle n’est pas Jodie Foster. Il y a des personnages comme ça, qui sont si imprégnés de l’acteur qui les a incarnés qu’ils sont irremplaçables et malheureusement pour Julianne Moore, le personnage de Clarice Starling n’est personne d’autre que Jodie Foster. Et alors même que le film a de bons côtés, l’ombre et surtout le regret de l’absence de l’actrice plane à chaque instant.

« Hannibal » est donc une belle déception, alors même que le film n’est pas aussi mauvais que ça. « Hannibal » reste un polar efficace et raffiné.

Mais, si le charme et le magnétisme de Lecter sont encore là, si l’ambiguïté de la relation est toujours aussi excellente, si la réalisation de Ridley Scott est belle et même efficace à plus d’un moment, on reste toutefois déçu de ce manque de tension et de malaise comme pouvait l’apporter le film de Jonathan Demme. Et puis, surtout, il y a l’absence de Jodie Foster qui aurait sûrement réussi à atténuer certains manques et défauts du film de Ridley Scott.

Note : 10/20

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Par Cinéted

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