novembre 30, 2020

Ludwig Van B.

Titre Original : Immortal Beloved

De : Bernard Rose

Avec Gary Oldman, Isabella Rossellini, Jeroen Krabbe, Valeria Golino

Année: 1995

Pays: Etats-Unis, Angleterre

Genre: Drame

Résumé:

A la mort de Beethoven, Anton Schindler, son légataire testamentaire, découvre un testament annulant les précédents, dans lequel le compositeur exprime son intention de léguer tous ses biens à son « immortelle bien-aimée ». Contre l’avis de la famille, Schindler décide d’accomplir la volonté du maître et pour cela de découvrir l’identité de cette mystérieuse femme.

Avis:

Bernard Rose est un réalisateur qui ne fait pas grand bruit, et pourtant, il est présent sur les écrans depuis le milieu des années 80. Réalisateur touche à tout, passant du drame à la comédie ou encore au film d’époque, on voit toutefois qu’il a un petit goût prononcé pour le cinéma d’horreur et fantastique. Parmi ces films-là, on retiendra le culte « Candyman« , ou le récent « The devil’s violonist » qui s’entoure d’une jolie réputation.

Parmi ses films, il y en a un autre qui sort du lot. Peut-être l’un de ses meilleurs, l’un des piliers de la filmographie de son auteur. L’un de ces films tourné avec grâce, un peu comme si tous les astres étaient réunis à ce moment-là pour que ce soit grand, bon et beau.

« Ludwig Van B » est un film intéressant pour son point de vue historique et l’histoire qu’il va nous raconter, ardue et audacieuse, car elle s’éloigne du biopic type qu’on peut trouver et casse-gueule en même temps, car justement, sa narration est assez inhabituelle.

Mais malgré les pièges, tout s’enchaîne et Bernard Rose, en l’espace de deux heures, arrête le temps et nous immerge totalement dans la vie dissolue, capricieuse, amoureuse et finalement tristement seule d’un des plus grands artistes que le monde ait connu. Cet homme, c’est Ludwig Van Beethoven. Porté par un Gary Oldman extraordinaire, cette plongée dans la vie de Beethoven est passionnante et belle.

Beethoven n’est plus. Le plus grand artiste est mort et laisse derrière lui un bel héritage. Son héritage doit revenir à son « immortelle bien-aimée », mais le « testament » ne précise aucun nom. Anton Schindler, qui a très bien connu Beethoven, décide alors de trouver cette femme afin d’exécuter le dernier souhait du maître.

Raconter la vie de Beethoven pour le grand écran était un peu comme une évidence, tant l’homme est singulier, tant son talent et sa musique traversent les générations. D’ailleurs, quelques réalisateurs se sont penchés sur le cas de Beethoven.

Faire un biopic sur Beethoven aurait pu être facile, et quelque chose de linéaire aurait pu nous être présenté, mais Bernard Rose a décidé de ne pas tomber dans la facilité et de nous raconter Beethoven autrement. Avec ce film, il nous raconte Beethoven à travers ses amours, à travers le regard de différentes femmes qui ont croisé sa route, pour quelques jours ou bien plus.

Si on peut nier que le scénario apparaît comme quelque peu romancé, et que l’on devine que tout ne doit pas coller à la réalité des faits, Bernard Rose nous plonge avec une telle sincérité, une telle envie, une telle originalité, une telle surprise qu’on ne peut que le suivre. Avec ce film, avec l’enquête de ce proche de Beethoven, le réalisateur va nous compter une magnifique et injuste histoire d’amour, mais aussi de haine. Une histoire qui présente deux personnages qui vont passer à côté du plus beau, à cause d’une erreur.

Le scénario est très touchant, car c’est au rythme de ces confessions féminines que Bernard Rose nous fait tout d’abord découvrir Beethoven, puis peu à peu, avec force, passion et amour, il nous fera découvrir Ludwig.

Le portrait est-il fidèle ? Je ne serais le dire, mais le portrait que le réalisateur dresse de l’homme dans ce film, aussi bien dans ce qu’il a de plus tendre, de plus passionné, de plus amoureux ou dans ce qu’il a plus dur, de plus injuste, pour ne pas dire de plus salopard, est tout simplement prenant, juste et beau. Puis ce portrait est tenu par un Gary Oldman impressionnant. Un Gary Oldman parfois flippant, et d’autres fois totalement touchant, voire même bouleversant. D’ailleurs, Oldman est si marquant, que malgré la présence d’actrices telles que Isabella Rosselini, Valeria Golino ou Johanna ter Steege, on ne retient que Gary Oldman. C’est même effrayant qu’il soit si boudé par l’académie.

« Ludwig Van B » est aussi un film à la mise en scène superbe. Une mise en scène qui alterne très bien entre le présent et le passé. Une mise en scène qui s’en sort magnifiquement avec le temps qui passe. Bernard Rose, à travers ces femmes, arrive sans difficulté à couvrir une grosse partie de la vie de Beethoven.

On sera pris par la beauté des décors, la vérité des costumes et des reconstitutions. Bernard rose nous réserve de très belles scènes de concert ou encore des scènes plus intimes et touchantes comme Beethoven seul sur son piano.

Bernard Rose propose donc une version excellente de la vie et des amours de Beethoven. Magnifique à regarder, encore plus magnifique à écouter, puisque tout le film, ou presque, est parcouru de la musique du Maestro, cette plongée dans la vie de l’homme et de l’artiste est passionnante de bout en bout. Puis le film est tenu avec une telle rigueur et une telle crédibilité par Gary Oldman que chaque scène en deviendrait presque une leçon d’interprétation et rien que pour ça, le film de Bernard Rose vaut sacrément le détour.

Note : 18/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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