octobre 27, 2020

L’Histoire Sans Fin II Un Nouveau Chapitre

Titre Original : The Neverending Story II Next Chapter

De: George Miller

Avec Jonathan Brandis, Kenny Morrison, Clarissa Burt, Martin Umbach

Année: 1991

Pays: Etats-Unis, Allemagne

Genre: Fantastique

Résumé:

Bastien doit à nouveau surmonter des difficultés à l’école et dans ses rapports avec son père. Une fois de plus il cherche refuge et consolation dans l’Histoire sans fin, un livre précieusement conservé par l’antiquaire Koreander. Bastien est transporté au pays fantastique où il retrouve ses vieux amis et la petite impératrice. Mais il y a aussi les méchants, la cruelle sorcière et ses séides qui veulent détruire le monde de l’imagination.

Avis:

Les années 80 ont été des années propices à un cinéma fantastique qui est aujourd’hui devenu culte et symbole d’une liberté d’expression que l’on ne retrouve plus maintenant. Si certaines œuvres comme Gremlins ont bénéficié d’une sortie tout public, ce ne serait pas la même chose à notre époque, certains pros de la censure émettant l’avis qu’il faudrait interdire le film au moins de 13 ans. Un débit qui à l’époque semblait bien éloigné pourvu que la qualité soit au rendez-vous et que l’imaginaire fasse fleurir des talents dans tous les domaines. D’ailleurs, l’imaginaire a rarement été aussi bien perçu que dans l’œuvre de Wolfgang Petersen avec L’Histoire Sans Fin. Film culte pour les trentenaires, le métrage a su se forger une belle réputation et son succès a vu fleurir des films similaires dans tous les sens. Et même des suites qui ne connaîtront pas le même succès, à juste titre puisque cette suite qui nous préoccupe maintenant n’est pas vraiment à la hauteur du premier.

En premier lieu, il ne faut surtout pas confondre le réalisateur. En effet, ce George Miller n’est pas le papa de Mad Max. Car si la confusion peut être logique au départ, tant donné que le réalisateur australien a quand même tourné Babe, ce n’est pas lui qui est aux commandes et on le voit assez vite. L’Histoire Sans Fin Un Nouveau Chapitre s’impose directement comme un film au visuel absolument horrible. Si les effets spéciaux du premier film avaient souffert, en le remettant dans son époque, on peut y voir un certain onirisme. Or, dans ce deuxième chapitre, on se retrouve clairement face à quelque chose de figé, qui tient plus du théâtre pour enfant que du film fantastique. Moins onirique, plus glacial, plus impersonnel, ce deuxième film laisse de marbre par ses décors et la beauté de ses paysages. Ici, on pourrait presque croire à un mauvais délire sous acide, empruntant à plusieurs références comme Le Magicien d’Oz pour Fantasia ou encore à Alice au Pays des Merveilles de Lewis Carroll avec le méchant Tri-Face dont la tête est composée de trois visages sur fond de carte à jouer. Et tout ça est assez frustrant quand on voit le lyrisme qui se dégage du premier. La magie a presque disparu au profit de toujours plus de délire visuel et de personnages inconsistant.

Et c’est un des gros défaut du film qui veut pourtant démontrer le contraire en mettant en avant le fait que notre société devient de plus en plus vide. Malheureusement, ce n’est pas en montrant des personnages inconsistants que l’on va appuyer son propos. La grande méchante est imbuvable et n’en fout pas une. On pourrait presque croire à un épisode de Power Rangers quand on la voit avec ses tenues improbables. Le pire venant de certaines créatures, comme les méchants crabes géants qui tiennent plus du robot de carnaval que de véritables monstres. Leur rigidité est à l’image du film, quelque chose d’immobile et qui n’a pas grand-chose à raconter de plus que dans le premier épisode. Falkor et Atreyu ne seront que des clins d’œil au premier film et ne servent quasiment à rien, quant à Nimbly l’oiseau, qui fait penser à une poule, son rôle ambigu perd en puissance à cause d’un design idiot et d’une prévisibilité à toute épreuve.

Alors que reste-t-il à ce deuxième film? Le message. Comme pour le premier, le film s’adresse directement à un public plutôt jeune bien qu’il soit plus sombre que le précédent. Partant sur la notion de courage (comment le trouver quand on en a besoin?), le film va rapidement dériver vers ce qui faisait le charme du premier métrage, à savoir la puissance de l’imaginaire. Dans cette histoire, la méchante veut créer le néant pour que les gens ne croient plus aux histoires dans les livres. Annonçant donc la mort du livre et de l’imagination sur Terre, Fantastia est en proie à une destruction massive (comme pour le premier). Sauf que là, le message s’adresse directement aux adultes qui ne lisent plus et ne pensent qu’à leur travail ou au petit cul de la collègue de boulot. On aura donc droit au contre-exemple avec le père de Bastien qui va lire de bout en bout le roman et ainsi aider son fils dans la bataille finale. Si le message est salvateur et toujours d’actualité (il suffit de regarder le nombre d’adulte qui lit ou qui s’intéresse à la culture de l’imaginaire et on peut avoir peur), il manque de finesse et de double lecture. Là où le premier laissait planer un doute sur le voyage dans le livre et permettait une libre interprétation, là, Bastien part vraiment dans le livre et l’aspect fantastique est réduit à son plus simple caractère, un monde parallèle. C’est dommage car si le fond est bon, la forme n’est pas assez intelligente pour permettre d’être au niveau du premier métrage. Alors bien entendu, la famille est aussi au centre de l’histoire, avec un drame, la difficulté d’un père veuf de s’occuper de son fiston, etc… Mais tout cela est laissé en arrière-plan et il sera difficile d’être touché par les retrouvailles finales.

Au final, L’Histoire Sans Fin II Un Nouveau Chapitre est un film qui suit son aîné tout en s’affranchissant de certains codes pour espérer trouver une différence de ton. Malheureusement, les choix effectués sont relativement hésitants et réduisent le film à un simple divertissement fantastique qui perd toute notion d’ambiguïté et de magie dans son final. S’il n’est pas aussi mauvais que le laisse prétendre certains fans du premier, cette suite reste bien en deçà du métrage de Wolfgang Petersen.

Note: 10/20

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Par AqME

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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