octobre 24, 2020

Gladiator

De : Ridley Scott

Avec Russell Crowe, Joaquin Phoenix, Connie Nielsen, Oliver Reed

Année : 2000

Pays : Etats-Unis, Angleterre

Genre : Péplum

Résumé :

Le général romain Maximus est le plus fidèle soutien de l’empereur Marc Aurèle, qu’il a conduit de victoire en victoire avec une bravoure et un dévouement exemplaires. Jaloux du prestige de Maximus, et plus encore de l’amour que lui voue l’empereur, le fils de MarcAurèle, Commode, s’arroge brutalement le pouvoir, puis ordonne l’arrestation du général et son exécution. Maximus échappe à ses assassins mais ne peut empêcher le massacre de sa famille. Capturé par un marchand d’esclaves, il devient gladiateur et prépare sa vengeance.

Avis :

Si Ridley Scott est un réalisateur parfois inégal, il a le don de commencer chaque décennie par un chef d’œuvre. Son premier film des années 80 était « Blade Runner« , celui des années 90 « Thelma et Louise » et les années 2000 ne vont pas déroger à la règle puisque pour son entrée dans le nouveau Millénaire, sir Ridley Scott nous offre « Gladiator« . Bon, il se trouve que la règle ne fut pas respectée avec 2010 qui a vu naitre « Robin des bois« , et non pas que le film soit mauvais, mais aux vues des autres films de Ridley Scott, celui-ci est bien inférieur et presque anecdotique…

Mais bon pour l’instant, on n’y est pas encore et Ridley Scott sort de « À armes égales » quand il nous présente son « Gladiator » et si le réalisateur était passé à côté d’un film qui aurait pu être grand, c’était reculer pour mieux sauter, puisqu’il nous offre-là un grand drame, doublé d’un grand péplum.

« Gladiator » raflera pas moins de cinq Oscars, dont les : meilleur film et meilleur acteur, et c’est franchement mérité tant le film est une très belle réussite. Grandiose, bouleversant, impressionnant, « Gladiator« , c’est presque trois heures de spectacle et d’émotion, dont seize ans plus tard, on ne se lasse toujours pas.

Le général Maximus Decimus Meredius est un fidèle de l’Empereur Marc-Aurèle. Après des années de guerre pour la gloire de Rome, l’empereur qui se sait mourant, demande alors à Maximus d’être le gardien de Rome après son décès et d’œuvrer pour que la ville soit rendue au peuple. Marc-Aurèle a un fils, Commode, qui se voit déjà Empereur. Quand ce dernier apprend que son père préfère laisser les clefs de la ville à quelqu’un d’autre que lui, il tue son père et devient alors le nouvel Empereur. Maximus, devinant que Commode a tué l’Empereur, tourne le dos à cet imposteur. Commode ordonne alors qu’on exécute le général et sa famille. Maximus survivra, mais il serait fait prisonnier. D’abord vendu comme esclave, il sera alors Gladiateur. Et c’est de l’arène que Maximus va préparer sa vengeance, quand le nouvel Empereur, pour célébrer son défunt père, organisera des jeux à Rome.

Quand Ridley Scott décide de se lancer dans le Péplum, il mélange « La chute de l’empire romain » et « Spartacus » pour nous offrir « Gladiator« , l’un de ses plus beaux et plus gros succès.

Grande tragédie, Ridley Scott nous livre une histoire intense et bouleversante sans jamais en faire trop et tirer dans le larmoyant. « Gladiator », c’est près de trois heures d’une vengeance sombre, d’une rage et d’une maitrise folle, qui résonne comme un requiem de la mort. Magnifiquement raconté, on ne voit pas les trois heures passer tant Ridley Scott a su donner à son film un souffle épique, une tragédie bouleversante et un grand spectacle.

Ce qui est magnifique ici, c’est que le film n’expédie rien. Le scénario prend tout le temps dont il a besoin pour nous raconter chaque étape du parcours de Maximus. De sa gloire à sa trahison, de la perte des êtres chers à sa capture et enfin sa montée en puissance, Ridley Scott nous raconte tout avec maestria. Dur, politique, sombre, lumineux, triste, ou encore bourré de suspens, le réalisateur nous prend à chaque instant et fait de nous ce qu’il veut et on se laisse prendre dans son histoire avec jouissance.

Le scénario est riche, détaillé, travaillé et en plus de cette tragédie intense qui sera jouée devant nous, on appréciera énormément que « Gladiator » prenne aussi tout son temps pour nous exposer ces personnages et leurs envies. Le nouvel Empereur, le maître des gladiateurs, certains sénateurs ou encore les compagnons de combats… Bref, tous les personnages sont creusés et servent l’intrigue remarquablement. Mention spéciale pour les dialogues dont beaucoup sont aujourd’hui cultes.

Il prend aussi tout son temps pour nous exposer la politique, les règles, les influences, et autres jalousies au cœur même de Rome. Et une fois tout parfaitement exposé et parfaitement saisi, Ridley Scott peut lancer son char, pour ne jamais l’arrêter, jusqu’à ce final aussi émouvant qu’injuste et en même temps très beau.

« Gladiator« , c’est le film qui a relancé le genre à un moment où le péplum ne se faisait plus et c’est bien dommage. Bon, en même temps, aujourd’hui, si c’est pour faire des remakes numériques de « Ben Hur« , on s’en passerait bien.

Avec « Gladiator« , Ridley Scott n’oublie jamais d’offrir du divertissement et du spectaculaire, ainsi, son film a l’ambition de sa démesure. Les décors sont incroyables et terriblement réalistes. Les scènes d’action ont de la gueule, que ce soit pour celles d’entrée de film avec les dernières batailles de la guerre que celle des combats de gladiateurs. Ridley Scott tient son char dans la plus belle des directions et ne lâche jamais les rênes de son engin. On remarquera aussi un très gros travail sur les costumes qui sont tous saisissants de réalisme.

On ajoutera une ambiance sublime, une photographie parfaite et une BO signée de l’ami Hans Zimmer, devenue aussi culte à elle seule que le film lui-même.

Puis bien entendu, on ne peut pas ne pas s’arrêter sur le casting. Russell Crowe est immense, Joaquin Phoenix génialement détestable. À chaque fois que les deux acteurs se tiennent tête, on a toujours à faire à de grandes scènes qui apportent leur lot de frissons.

On remarquera Connie Nielsen en Lucilla. On s’accrochera à Oliver Reed, qui tient là son dernier rôle. Puis enfin, pour le plaisir, on trouvera aussi Derek Jacobi, Djimon Hounsou ou encore le très regretté Richard Harris.

En faisant renaître le péplum, Ridley Scott nous offre l’un de ses plus grands films. Un bijou d’émotion et d’action. L’histoire que nous raconte Sir Scott est belle, profonde et tragique et c’est avec un sens parfait de la narration et du spectacle qu’il nous la conte. Si au cours de sa carrière, Ridley Scott n’a pas toujours été au top, avec « Gladiator« , il tient-là l’un de ses films qui entre directement au panthéon de ses plus grandes œuvres et alors qu’il vague tranquillement sur ses vingt ans (d’ici trois ans) d’ancienneté, le film n’a pas pris une seule petite ride. Il reste toujours aussi intact comme au premier jour.

Note : 20/20

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Par Cinéted

AqME

Amateur d'horreur, Métalleux dans l'âme, je succombe facilement à des images de chatons.

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