L’Exorcisme

Titre Original : La Posesion de Emma Evans

De : Manuel Carballo

Avec Sophie Vavasseur, Stephen Billington, Tommy Bastow, Richard Felix

Année : 2010

Pays : Espagne

Genre : Horreur

Résumé :

Des événements étranges terrorisent la vie des habitants de High Cross. Tout le monde s’interroge sur ce qui pourrait être à l’origine de ces troubles pour le moins inquiétants. Des rumeurs vont bon train, notamment sur la famille Evans. En effet, Emma, fille de quinze ans, est victime de crises de plus en plus brutales. Les médecins sont incapables d’établir un quelconque diagnostic. De toute évidence, quelque chose de démoniaque la dévore de l’intérieur. Désespérés, les parents d’Emma s’en remettent au Père Ellis pour vaincre le mal qui ronge leur fille.

Avis :

Dans le cinéma d’horreur, il y a un genre qui revient très souvent, c’est la possession. Il faut dire que depuis l’avènement de L’Exorciste de William Friedkin, ce sous-genre ne s’est jamais aussi bien porté et visiblement, le marché fut porteur durant de longues périodes. Il suffit de regarder le nombre impressionnant de films exploitant ce sous-genre sortant chaque année et on obtient peut-être ce qui représente le plus le film d’horreur avec les zombies. Et entre Le Dernier Exorcisme, L’Exorcisme d’Emily Rose, The Devil Inside, Le Rite et consorts, il devient vite difficile de poser un choix définitif et surtout, il est très complexe de trouver quelque chose de potable et de relativement novateur. Même un film comme Délivre-Nous du Mal de Scott Derrickson n’arrivait pas à éviter les poncifs du genre. Pire encore, certains se sont retrouvés à la place du bon gros navet comme Les Dossiers Secrets du Vatican.

Mais la religion inspire et les films de possession aime à critiquer l’Eglise et son incompétence à vaincre un supposé diable. L’Exorcisme ne déroge pas tellement à la règle et fait partie de ces petits films d’horreur non américains qui tentent de surfer sur une vague de succès pour vendre son produit. Connu aussi sous le nom de Exorcismus, ce premier de Manuel Carballo ne va pas amener avec lui de bonnes choses, mais il ne faut pas lui retirer une chose importante, la volonté de faire quelque chose de nouveau dans un paysage frileux et en déclin.

Le film démarre relativement mal à cause de personnages immédiatement peu attachants. La jeune fille possédée est une fille à papa un peu punk sur les bords pour se rebeller, les parents sont des bourgeois qui favorisent une éducation à la maison et qui n’écoutent pas leurs gosses, quant au petit frère, il est tout bonnement insupportable, à la limite de l’hyperactivité. Ce joli monde rentre dans toutes les cases que l’on peut retrouver sur un cahier des charges de film d’horreur classique mettant en scène une famille. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de présentation des personnages. Voulant démarrer rapidement sa possession, le réalisateur oublie complètement de faire aimer ses personnages pour que l’on ressente quelque chose pour eux. De ce fait, il y a un grand manque d’empathie qui fait que tous les aspects horrifiques ne fonctionnent pas. D’ailleurs, l’actrice principale, Sophie Vavasseur, est une catastrophe et la direction des acteurs est lamentable. Les dialogues sont lourdingues et ressemblent à des récitations, les jeux sont catastrophiques, à l’image de la jeune fille possédée qui grimace sans arrêt, donnant plus à rire qu’à craindre. Et que dire du manque de charisme de tout ce bon monde, jusqu’au prêtre qui est censé être ambigu et qui ne sera qu’un personnage de plus dont on se fout un peu.

D’autant plus que la réalisation est complètement aux fraises. Alors certes, le budget de ce genre de film est minimal et on se retrouve bien souvent avec trois fois rien pour mettre en scène quelque chose d’intéressant, mais là, c’est franchement pathétique. Hormis quelques fulgurances, le film se plante sur certaines séquences à l’image du petit garçon qui va se prendre une voiture en pleine face, où le cinéaste a cru bon de tout filmer au ralenti. On se retrouve donc face à une dramatisation surexposée qui n’amène que le sourire aux lèvres tant cela ressemble à un mauvais téléfilm. Certains plans sont carrément inutiles, comme les gros plans sur le gamin qui jongle avec son ballon alors qu’on le voit sur le plan précédent, derrière sa sœur. Il y a certains choix qui sont vraiment douteux et qui vont passer le film pour un téléfilm de seconde zone. Ce qui contraste avec certains effets spéciaux très convaincants, comme lorsque la jeune fille lévite. Un effet bluffant et inattendu qui montre qu’il était possible de faire certaines choses avec ce métrage.

Alors jusque-là, on pourrait croire que le film est un navet imbuvable (et il reste des choses à redire comme les réactions des parents lorsque leur fille parle de possession et qui se décident de faire appel à un prêtre lorsqu’elle lévite devant eux), mais il y a une chose que l’on ne peut pas amputer au film, sa volonté de sortir des sentiers battus avec un twist intéressant. En effet, les raisons de la possession vont venir sur la fin, montrant quelque chose d’assez fin et de critique sur la religion et les croyances en général. On retrouve certains poncifs du genre avec la présence du diable, mais surtout, le film apporte une raison valable à la possession de la jeune fille et c’est assez inattendu dans le scénario. En fait, c’est plutôt bien amené et à la manière d’un thriller ou d’un policier, les pièces se rejoignent sur la fin pour proposer un retournement intéressant et presque intelligent. Presque, puisque la toute fin, la résolution du film, est très classique et ne comportera aucune surprise, ce qui jettera un froid après une révélation plaisante.

Au final, L’Exorcisme est un mauvais film. Ne nous voilons pas la face, il s’agit-là d’un énième film de possession sans saveur et sans caractère, mais il demeure assez honnête sur ses intentions et propose vraiment quelque chose d’intéressant sur la fin. Il est juste dommage que la réalisation soit si mauvaise (ce travelling latéral de merde sur la fin…), que les acteurs soient si mauvais et surtout que les protagonistes n’aient aucune épaisseur. Et là, on se rend compte que ça fait tout de même beaucoup de choses…

Note : 07/20

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Par AqME

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