Un Ange Pour Satan

Titre Original : Un Angelo per Satana

De : Camillo Mastrocinque

Avec Barbara Steele, Anthony Steffen, Ursula Davis, Aldo Berti

Année : 1966

Pays : Italie

Genre : Horreur

Résumé :

A la fin du XIXe siècle, dans un village d’Italie, au bord d’un lac, une ancienne statue vient d’être retrouvée. Roberto Berigi, jeune sculpteur, est envoyé dans le domaine du comte Montebruno afin de restaurer cette œuvre considérée « maudite » : plusieurs meurtres non résolus ont été perpétrés au moment de la découverte de la statue. C’est aussi en ces jours sombres que Harriet, l’héritière du comte, revient au château, se comportant de manière bien étrange…

Avis :

C’est dans les années 60/70 que le cinéma d’épouvante italien connait un véritable essor. Voulant concurrencer la célèbre maison de la Hammer en Angleterre, le pays latin va alors sortir l’artillerie lourde et proposer un nombre incalculable de films d’horreur qui ont fait les beaux jours des amateurs de genre. Si certains réalisateurs sortent immédiatement du lot comme Mario Bava ou Lucio Fulci, d’autres, moins versés dans l’horreur, vont alors tenter leur chance, à l’image de Camillo Mastrocinque. Né en 1901 à Rome, il se penche très tôt sur le cinéma et devient réalisateur en 1936. Donnant plutôt dans la comédie, il va terminer sa carrière avec deux films d’horreur qui vont marquer leur époque. Le premier est La Crypte du Vampire, film d’épouvante gothique faisant immédiatement référence à la Hammer. Et le second est Un Ange Pour Satan, un film totalement différent qui va laisser de côté les vampires, les zombies et autres fantômes hantant des manoirs brumeux.

Tout commence sur une île où une statue réputé maléfique est repêchée. Appartenant au comte de l’île, il fait alors appel à un sculpteur pour rénover l’œuvre et la remettre à sa place. En même temps arrive Harriet, la nièce du comte et héritière du château qui ressemble comme deux gouttes d’eau à la statue. Rapidement, des évènements malheureux surviennent et la comtesse semble avoir un comportement troublant. Changeant complètement de registre au sein même du même genre, Camillo Mastrocinque propose un film d’épouvante ambitieux où le scénario joue une place prépondérante par rapport au visuel. Car si le film reste tout de même joli, c’est plus dans les interactions et les changements de comportement que le film se joue. Ainsi donc le film se calque sur un rythme montant crescendo avec des purs moments d’angoisse et d’autres passages carrément malsain. Sans jamais proposer quelque chose de déjà-vu, le réalisateur laisse libre cours à son imagination pour faire perpétrer les pires choses à son personnage principal.

Car Un Ange Pour Satan se déroule comme un film de possession. Et si le titre laisse peu de doutes sur les intentions premières du métrage, c’est dans les tous derniers instants et le twist final que le film délivre son suspens, offrant une belle surprise réellement innovante et rondement menée. Profitant d’une atmosphère délétère et d’une galerie de personnage relativement énigmatique, le film va montrer le pouvoir de la beauté et ce que la jalousie peut nous faire faire. Ainsi donc, avec le personnage de la sublime Barbara Steele, qui joue parfaitement l’ambiguïté avec son faciès atypique, le réalisateur sème la zizanie dans un village qui n’en demandait pas tant. Meurtres, viols, harcèlement, amour déchu, coups et blessures, incendies, tout y passe en offrant une manipulation machiavélique qui montre toute la force de la beauté et l’envoutement d’une femme. Et c’est certainement ce qu’il y a de plus intéressant dans ce métrage, c’est de mettre en avant une femme qui finalement dirige son monde tout en jouant sur deux tableaux. Barbara Steele est fabuleuse dans ce rôle qu’elle prend un malin plaisir à jouer, tout en nuance et double-jeu.

Le plus étonnant, c’est la violence qui se dégage de ce film. Si l’aspect un peu brumeux, éthéré est bien présent, ce sera surtout la violence des propos et des actes qui vont venir frapper le spectateur. En effet, on pourra y voir une manipulation poussant au suicide avec la découverte du corps par un enfant, un homme qui brûle sa baraque avec tous ses enfants à l’intérieur, ou encore un simple d’esprit qui va être poussé à violer et tuer des femmes. Mais ce n’est pas tout, les réactions des villageois seront aussi très violentes, poussant certains à la peine de mort, rappelant par moments le terrible Frankenstein de James Whale. Outre cette violence, il y a aussi une certaine sensualité qui se dégage du film. Si Barbara Steele est très belle, on notera aussi la présence timide de Marina Berti qui est absolument magnifique. La relation d’ailleurs entre la servante et la comtesse est très ambiguë là aussi.

Néanmoins, tout n’est pas parfait dans ce film qui, même s’il reste relativement efficace, manque parfois cruellement de rythme. Certes, si on le remet dans son époque, ce problème aurait tendance à s’effacer, mais certains passages semblent assez incongrus ou inutiles. De même que certains moments semblent trop courts pour établir une jolie relation. Le sculpteur tombe sous le charme de la comtesse en un regard, il apprécie une jeune fille au détour d’un dialogue, soupçonne quelqu’un sur un simple trou dans un mur. Bref, il y a certains moments qui auraient mérité plus d’appui afin de rendre tout cela plus crédible.

Au final, Un Ange Pour Satan est un très bon film d’épouvante qui fonctionne parfaitement, notamment dans son twist final que l’on ne voit absolument pas venir. Doté d’une mise en scène assez classique, le film joue surtout sur les personnages et la montée crescendo d’une violence exacerbée au sein d’une communauté relativement croyante et attachée aux superstitions. Il en ressort donc un film réussi qui, même s’il manque parfois de rythme, s’avère d’une efficacité redoutable.

Note : 15/20

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Par AqME

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