Les Sept Tours du Diable – Eric Le Nabour

Auteur : Eric Le Nabour

Editeur : Presses de la Cité

Genre : Thriller, Historique

Résumé :

En 1923, l’Europe et une partie du monde entrent dans une période de turbulences… A l’invitation d’Ahmed Nahas, archéologue et conservateur au musée du Caire, Gabriel Langevin, fils d’un banquier français qui s’est mystérieusement donné la mort et fiancé de Nancy Carnarvon –, l’un des découvreurs de Toutankhamon –, se joint à une expédition dans le sud de l’Egypte. A leur côté : un prêtre, Angelo Beliali, et une romancière, Asmodée Timothy Bancroft. L’entreprise est couronnée de succès. La découverte de la tombe de Djouqed Anty, mage et astrologue, révèle des trésors archéologiques inestimables. Mais dès le lendemain, toute l’expédition a levé le camp. Gabriel, désemparé, se retrouve seul, en proie à de nombreuses interrogations : quelles étaient les réelles intentions de ses compagnons de fouilles ? Au-delà de l’aspect scientifique de l’expédition, Gabriel comprend bientôt que les liens qui unissent Ahmed Nahas, Beliali et Asmodée ne sont pas seulement la résultante d’intérêts communs à la Turquie de Mustapha Kemal, au Vatican et au parti nazi d’Adolf Hitler. Ne s’agit-il pas plutôt, selon de très anciennes prophéties, de réactiver les énergies diaboliques des sept tours du diable ? Sept tours censées distribuer sur terre les influences sataniques seules capables de déclencher la guerre et la terreur…

Avis :

S’il y a bien une période qui a marqué un tournant dans l’égyptologie, ce sont bien les années 1920 avec, en tête de gondole, la mythique découverte du tombeau de Toutankhamon. Mais il n’est nul besoin d’être féru d’archéologie pour s’y intéresser. Des sagas comme Indiana Jones, quelques romans d’Agatha Christie et autres récits synonymes d’aventures et d’exotisme ont suffi à démocratiser l’époque, sans oublier l’Égypte Antique. C’est presque naturellement qu’Éric le Nabour, écrivain et historien, se penche sur le sujet pour proposer un livre coincé entre le thriller ésotérique et l’aventure avec un grand A. En ressort on conquit par une approche audacieuse ?

Avec une entame propre à rappeler les ouvrages de Christian Jacq, l’intrigue tente de s’appuyer sur un fond historique pour étayer les événements qui s’ensuivent. Par la suite, cette brève incursion ne se réitérera pas. On se retrouve propulsé au Caire en 1923. Outre les découvertes archéologiques évoquées un peu plus haut, l’entre-deux-guerres est une période tumultueuse que l’auteur dépeint avec circonspection au fil des pages. Si le cadre se situe principalement en Égypte, on a droit à quelques intermèdes à Londres. D’un côté de la Méditerranée, comme de l’autre, on cite l’ascension du parti nazi (le NSDAP) avec, à sa tête, un certain Hitler.

Cette parenthèse est intéressante, mais n’a pas vraiment sa place au sein du livre. D’une part, cela n’a aucune incidence sur l’intrigue. D’autre part, on s’éloigne sensiblement du thème premier sans montrer l’implication des nazis dans la quête principale. On reconnaîtra qu’il s’agit d’un aspect prématuré au regard de l’influence montante du NSDAP. Pour autant, il ne suffit pas de faire quelques allusions au passé occultiste du IIIe Reich pour justifier sa présence en ces lignes. La seule explication plausible est de se rapprocher d’une ambiance à la « Indiana Jones ». En l’occurrence, les nazis étaient les antagonistes et démontraient un véritable intérêt narratif.

Malgré un roman assez court (à peine 300 pages), la progression demeure peu énergique. Les atermoiements sont de rigueur avec une surexposition des faits en début de parcours. On poursuit sur un rythme chaotique qui ne décollera jamais. La faute à des situations qui se suivent et se ressemblent, au risque de lasser le lecteur. Une expédition tardive, des motivations discutables et un panel de protagonistes cruellement transparents sont le lot à porter tout au long du récit. Et ce ne sont pas les timides virages vers le fantastique qui changeront la donne. On se rend bien compte que l’auteur s’aventure en terre inconnue pour lui.

De fait, il revient très vite à ce qu’il maîtrise mieux sans pour autant convaincre. Un constat surprenant qui se vérifie par la quasi-absence de faits historiques. On évoque une malédiction (digne de celle de Toutankhamon), des prophéties apocalyptiques, des sites oubliés et un rituel d’enterrement extrême. Tout cela, à des intervalles très irréguliers avec des explications trop prévisibles et succinctes lors du dénouement. Pour le reste, on se contente de développer à minima l’ambiance typique de l’époque et du lieu. Le souk, la chaleur, le Nil, le désert… Tout est présent, mais terriblement conventionnel ; sans doute la simplicité du style d’écriture n’est pas étrangère à cette impression mitigée.

Au final, Les sept tours du diable aime à multiplier les références. Tantôt versé dans l’aventure, tantôt dans le thriller ésotérique, le roman d’Éric le Nabour s’essaye même au fantastique sans être franc dans son initiative. Il en ressort un livre assez sommaire, moyennement intéressant tant les vérités historiques se perdent sous une succession de péripéties banales, voire attendues. L’auteur se contente d’aligner les mots sans leur offrir d’épaisseur, ce qui explique qu’on se détache rapidement des personnages et de ce qu’ils traversent. Les férus d’égyptologie resteront sur leur faim. À noter que l’intrigue est dépourvue de la moindre énigme à résoudre. Dans un style plus original et percutant, La troisième porte de Lincoln Child se révèle plus entraînant.

Note : 10/20

Par Dante

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