Zombie Army Trilogy

Résumé :

Dans une version alternative de la Seconde Guerre Mondiale ou l’armée allemande renforce ses rangs avec des zombies.

Avis :

Surexploitée au cours des années 2000 dans le domaine du FPS, la Seconde Guerre Mondiale aura progressivement laissé la place à des conflits contemporains, voire futuristes. Il subsiste quelques exceptions plus ou moins bien avancées. Le virage bien négocié de la saga Wolfenstein en est un exemple frappant, tandis que Company of Heroes persistait dans le jeu de stratégie en temps réel. Autre résistant de la dernière heure, la franchise Sniper Elite dont le présent titre est, à la base, un DLC qui pourrait se rapprocher du mode zombie de Call of Duty. Une comparaison loin d’être anodine puisqu’il faut garder à l’esprit que Zombie Army Trilogy s’avance comme une compilation d’extensions et non en tant que spin-off à part entière.

En raison d’une place prépondérante de l’occultisme et de l’ésotérisme au sein du IIIe Reich, l’association zombies/nazis ne surprend guère. Certes, on s’éloigne considérablement d’une quelconque véracité historique, mais le surnaturel et l’horreur s’incorpore parfaitement à un contexte qu’on a pu parcourir en long, en large et en travers, notamment avec Medal of Honor et consorts. D’ailleurs, le cinéma a très tôt exploité le filon, procurant le pire (Le lac des morts-vivants) comme le meilleur (Outpost, The Bunker). Toujours est-il que les bases sont posées pour un potentiel évident. Malheureusement, ce dernier se montrera sous-développé. La faute à une approche trop timorée.

En cause ? Une histoire remisée aux oubliettes qui s’avancent comme un simple prétexte. À peine ébauchée, l’intrigue se contente de trois prologues pour introduire les épisodes et d’une tout aussi brève cut-scene pour conclure chaque niveau. En dehors de cela, il n’y a aucune narration, aucun fil conducteur pour justifier le carnage en devenir. Fuite de Berlin, recherche d’artefacts… Encore une fois, la maigreur des éléments avancés est flagrante au regard de ce que le jeu aurait pu évoquer en la matière. Cette apocalypse Z avant l’heure aurait même pu donner une uchronie assez intéressante. Autant se tourner vers les dernières frasques de Blazkowicz dans Wolfenstein pour s’en convaincre.

Mais ce dénuement ne s’arrête pas à ses seules considérations puisque le gameplay se montre minimaliste au possible. Qu’on ne s’y trompe pas, Zombie Army Trilogy est très maniable. On assimile immédiatement les possibilités qui nous sont offertes. Seulement, celles-ci sont redondantes et trop peu nombreuses pour alimenter de longues sessions de jeu. Le principe est simple : on vise, on tire. On a beau se mettre à genoux ou à plat ventre, la stabilité du viseur ne semble guère le prendre en compte, même si l’on a droit à un modeste zoom en mode concentration. Les hordes des morts-vivants surgissent de nulle part et s’alignent pour mieux les renvoyer ad patres.

En cela le titre de Rebellion est un parfait défouloir qui lorgne du côté des jeux old school et de l’arcade. D’ailleurs, le défi proposé va en ce sens avec un challenge relevé. En soi, ce n’est pas un mal, bien au contraire. Le problème réside dans le mauvais dosage de cette difficulté. Certains passages sont plus délicats que d’autres et pas forcément aux débuts des épisodes. Autre point essentiel qui confirme cette impression, le mode campagne ne fait pas la distinction entre une partie en solitaire ou à quatre. Là où un groupe peut bien s’organiser pour affronter les vagues successives de zombies, le joueur solo se voit contraint de mener une stratégie très différente.

Tirer et encore tirer jusqu’à ce que certains fauteurs de troubles vous rattrapent. Il faut donc user des coups de pieds pour les mettre KO et ensuite les décapiter ou se frayer un passage pour trouver une zone d’attaque moins exposée. Les ennemis ayant un quotient intellectuel proche de candidats de la télé-réalité, il n’est pas difficile de les flouer tant les mécanismes d’assaut sont similaires. Alors oui, il y a bien quelques variantes. Leur vitesse de déplacement, leurs mouvements parfois imprévisibles, la position et le dodelinement de leur tête… Tout cela entre en ligne de compte pour effectuer un head-shot. Pour autant, les terrains sont loin d’offrir un environnement propice au sniper. Quasiment aucun point de tir en hauteur et une exposition permanente face au danger.

Sans doute est-ce le but escompté, mais un sniper doit se préserver et se rendre invisible. Ici, on rentre dans le tas sans la moindre approche d’infiltration ou la mise en place d’une tactique. On parvient facilement à faire mouche au-delà des cinquante mètres de distance, tandis qu’un ennemi à moins de dix mètres se révélera une véritable gageure. À ce titre, nos amis zombies font preuve d’une étonnante souplesse quand il s’agit de bondir pour vous blesser. Concernant l’arsenal, il propose une variété mesurée avec armes à longue et courte portée, sans oublier grenades et mines. Dans un jeu tel que celui-ci, il est toutefois surprenant de veiller à bien gérer son stock de balles. Elles peuvent s’épuiser très rapidement et les munitions que l’on retrouve sur les cadavres sont bien souvent celles que vous avez au maximum. Frustrant.

Quant au level design, il tente un peu tout et n’importe quoi. Du village abandonné aux souterrains labyrinthiques d’une zone secrète dissimulée sous une cathédrale, on ressasse pêle-mêle des lieux pas forcément historiques. On aurait tendance à apprécier l’atmosphère qui s’en dégage s’il n’y avait pas une bande-son en total décalage avec les faits. À croire que les développeurs ont voulu insuffler l’esprit des films de Romero et des années 1970 à leur titre sans toutefois y parvenir. Il en découle un résultat anachronique et perfectible. Une bévue due à de trop nombreuses errances, à un manque flagrant d’interaction avec l’environnement et à des voix anglaises pour faire intervenir des personnages allemands. Sur ce dernier point, une faute de goût inexcusable qui altère considérablement l’immersion.

Du côté des qualités, la présence du X-Ray y est notable. Il se rapproche du bullet-time et permet de contempler les plus beaux shoots (les plus précis également). Les joueurs familiers de Sniper Elite évolueront en terrain connu, mais apprécier au ralenti la trajectoire du tir et voir impacter différentes zones du corps humain fait son petit effet. En s’y prenant bien, il est même possible de tuer deux ou trois zombies avec une seule balle. Une option est disponible pour augmenter ou réduire la fréquence de ce type de séquence. Au vu du caractère répétitif de l’action, ce choix permet de varier à minima les plaisirs sans pour autant casser le rythme.

Concernant la durée de vie, venir à bout des trois épisodes demandera une quinzaine d’heures, sans compter la découverte des secrets et quelques morts récurrentes qui obligent à refaire certains passages. Les niveaux sont longs, mais émaillés de quelques points de contrôle et de « safe zone ». Si ce n’est une difficulté déjà conséquente, le mode Sniper Elite, l’équivalent d’expert, tiendra en haleine les plus acharnés. Le mode survie est rebaptisé horde et se révèle très vite lassant. Quant au multijoueur, tout dépendra du support puisqu’il est bien plus facile de trouver des parties sur PC que sur consoles, l’abonnement payant n’y est sans doute pas étranger. De plus, la coopération exige un minimum de cohésion et de concertation pour passer un bon moment. Malheureusement, celle-ci en offline brille par son absence.

Au final, Zombie Army Trilogy s’adresse avant tout aux hardcore gamers avides de faire du scoring en fraguant à tout-va. Étant donné la redondance du gameplay et une histoire purement et simplement oubliée, le titre de Rebellion impose une approche old-school. Par la même, il confirme des ambitions minimalistes qui se contentent d’aller droit à l’essentiel en négligeant tout le reste. Sauf qu’entre temps, le jeu vidéo a évolué et les attentes des gamers également. Si l’on apprécie le contexte détourné (bien qu’édulcoré), la durée de vie et la difficulté générale, l’on reconnaîtra que Zombie Army Trilogy pèche par trop de répétitivité et une conception archaïque du TPS. Il ne faut rien escompter d’autre qu’un défouloir basique et sans grande conséquence dans le paysage vidéoludique.

N.B. La jaquette fait mention de 20 niveaux pour l’ensemble du jeu. En réalité, il y a en quinze, soit cinq par campagne (ou épisode).

Note : 08/20

Image de prévisualisation YouTube

Par Dante

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Facebook : Lavisqteam.fr – Contact: lavisqteam@laposte.net