Du Plomb Pour l’Inspecteur

Titre Original : Pushover

De : Richard Quine

Avec Fred MacMurray, Phil Carey, Kim Novak, Dorothy Malone

Année: 1954

Pays: Etats-Unis

Genre: Polar

Résumé:

Soupçonnant McAllister et ses hommes d’avoir braqué une banque de la région, le lieutenant Carl Eckstrom décide de surveiller l’appartement de Lona McLane, la maîtresse du gangster. Désigné pour cette mission, Paul Sheridan ne tarde pas à tomber sous le charme de la belle Lona…

Avis:

Richard Quine est à la base un danseur de Broadway qui va très rapidement s’intéresser au cinéma. Il va alors faire figurants dans divers films avant de devenir un second couteau puis réalisateur. Avec Du Plomb pour l’Inspecteur, il s’attaque au polar de manière classique, tout en y apportant une touche de modernité pour l’époque, mettant en avant une relation ambiguë entre un policier et une femme fatale, révélation en 1954, Kim Novak. Cependant, quand on regarde des films qui ont plus de cinquante ans, il faut s’assurer d’une chose, savoir si le message est toujours d’actualité, si l’innovation pour l’époque est toujours valable aujourd’hui et surtout, si le film a posé des bases pour inspirer d’autres réalisateurs et donc d’autres films du même genre. Avec ce métrage, Richard Quine propose une vision assez intéressante de la femme dite fatale, mais il propose aussi d’étudier une relation toxique tout en y apportant des changements qui seront vraiment bénéfiques pour le métrage.

Car Du plomb pour l’Inspecteur a tous les atours d’un film noir classique. Personnages en trench coat et chapeau à larges bords, braquage de banque qui tourne mal, femme sublime, sans oublier la sempiternelle enquête autour des meurtriers. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour proposer un film policier de base sans grande surprise. Et c’est un peu ce qu’il va se passer dans le film, qui va donner directement la résolution du problème. En effet, son introduction donne l’identité du meurtrier et l’enquête va se concentrer uniquement sur l’observation de la maîtresse du tueur pour l’attraper. En un sens, le film coupe rapidement court à tout suspens en ce qui concerne le devenir du meurtrier. Et c’est là qu’il va se différencier des autres, et notamment par exemple de La Ronde du Crime qui se concentre sur les meurtriers, Du Plomb pour l’Inspecteur va se focaliser uniquement sur un policier qui va basculer du côté obscur pour de l’argent et une femme sublime.

Ainsi donc, le film de Richard Quine va centrer son intrigue sur la relation amoureuse qui lie la maîtresse du tueur et un policier en charge de la surveiller et de la suivre. Cette relation a tout du schéma classique entre la femme fatale et le pauvre hère qui tombe amoureux. Sauf que Richard Quine va changer cela pour placer cette demoiselle en victime. En effet, Kim Novak ne pousse jamais son amoureux à commettre l’irréparable, à savoir reprendre l’argent du braquage au tueur pour partir vivre dans une autre ville. Du coup, la position de ce personnage est assez ambiguë car elle recrée des codes de la femme que tout le monde aime et s’avère être une femme qui subit plus qu’elle ne pousse. D’ailleurs, la réflexion du policier à la fin, se faisant tirer dessus, résume parfaitement ce sentiment, en disant, on aurait pu vivre sans cet argent.

Et l’argent est bien le nerf de la guerre dans ce film. Présentant un inspecteur qui dit clairement son amour pour l’argent car il a toujours manqué et il aurait aimé trouver beaucoup d’argent, le film va montrer tous les abus que l’on peut faire pour une poignée de dollars. Meurtres, machinations, mensonges, tout est bon pour tromper tout le monde et essayer tant bien que mal de récupérer le magot. Du coup, on se retrouve face à un film qui prend à revers tous les codes du polar classique, en suivant un policier qui devient ripou par amour et qui se perd dans sa folie des grandeurs et son amour, pour une femme, mais aussi et surtout pour l’argent. Au niveau de la mise en scène, le film se révèle très classique, ne prenant pas de risque, diminuant au maximum les décors, mais prônant un certain dynamisme dans les séquences d’action, qui sont finalement assez nombreuses dans ce métrage. Bien entendu, les comédiens dégagent un charisme que l’on ne voit plus aujourd’hui, malheureusement, et l’ensemble respire la classe et une certaine sensualité.

Au final, Du Plomb pour l’Inspecteur est un agréable polar noir qui prend à revers tout ce que l’on connait déjà. Se focalisant sur les dérives d’un policier par amour et pour de l’argent, le film va occulter le côté des méchants braqueurs pour partir sur le chemin sinueux d’un flic qui tombe amoureux d’une femme d’une grande beauté. Il s’agit donc d‘un film intéressant à plus d’un titre et qu’il est toujours bon de découvrir en DVD grâce à Sidonis Calysta, remettant au gout du jour des films injustement méconnus.

Note : 14/20

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Par AqME

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